Boxe

En larmes, Lucian Bute annonce sa retraite

Agence QMI / Mathieu Boulay 

Publié | Mis à jour

C’est un Lucian Bute très émotif qui a annoncé sa retraite, mercredi, à la Cage aux Sports du Centre Bell.

Le boxeur gaucher (32-5, 25 K.-O.) a essuyé plusieurs larmes durant son allocution devant sa famille, ses amis et ses nombreux collaborateurs du monde de la boxe durant sa carrière.

«C’est fini pour moi, a souligné Lucian Bute, qui amorcé sa réflexion après sa défaite contre Eleider Alvarez, le 24 février 2017. À 39 ans, c’est le moment de tourner la page. C’est la vie. C’est très dur, mais c’est la bonne décision.»

«Je n’ai plus rien à prouver. Ce n’est pas deux ou trois combats pour quelques dollars qui auraient changé quelque chose. Je suis en santé et je veux m’occuper de ma famille. Mes enfants, c'est mon plus beau cadeau.»

Bute est comblé au quotidien avec sa femme Elena et ses deux jeunes enfants Ema Anabella et Eric Stephan. Il ne peut pas être plus heureux.

Le Québécois d’origine roumaine est bien conscient que les retours sont monnaie courante à la boxe. Pour lui, ce n’est pas une option.

«Même si je reçois des offres, je vais les décliner, a-t-il précisé. Pour moi, quand je prends une décision, c’est pour toujours. Je ne reviens pas en arrière.»

Limites atteintes

Comme plusieurs autres boxeurs, Bute a tenté de redevenir champion du monde après avoir perdu son titre contre Carl Froch en Angleterre. Ses tentatives contre James DeGale et Badou Jack ont été infructueuses.

Au cours de cette période, il a perdu la fraction de seconde qui lui permettait d’éviter les coups dans le passé.

«Mes réflexes, mon goût de l’entraînement et mon équilibre n’étaient plus pareils, a-t-il indiqué. Ce sont des signes que tu as ralentis. La boxe est un sport de réaction et ça ne pardonne pas. Pourquoi mettre ma santé en péril? Ce qui est difficile pour un boxeur, c’est d’admettre que tu as atteint ta limite.»

Au cours de sa carrière, Bute a vécu de très beaux moments. La conquête de son titre mondial IBF des 168 lb contre Alejandro Berrio en 2007 vient en tête de liste.

«Ce n’était pas seulement le fait de devenir champion qui était important, mais la façon que j’avais gagné mon combat, a souligné le gaucher. Je me souviens de la réaction de la foule. Ce sont des moments inoubliables pour moi.»

«J’ai aussi vécu un moment très spécial lors du deuxième duel contre Librado Andrade à Québec. À mes yeux, c’est ma plus belle victoire.»

Affaire d’équipe

Selon Bute, il n’aurait pas eu cette carrière sans une équipe solide derrière lui. Les premiers noms qui viennent en tête sont ceux de Jean Bédard, Yvon Michel, Chris Ganescu, Stéphan Larouche, Mélanie Olivier et Alain Delorme.

Il y a aussi eu les frères Otis et Howard Grant dans les derniers miles de son parcours.

«Même si la boxe est un sport individuel, tu dois avoir une équipe derrière toi pour réussir, a expliqué Bute. Si je n’avais pas eu cette équipe, je ne serais pas où je suis aujourd’hui.»

En mars 2014, Bute a décidé de changer d’entraîneur. Larouche et lui n’avaient plus la même vision pour la carrière du boxeur. Les deux hommes sont demeurés en contact par la suite.

«J’ai continué de lui demander son opinion pour certains combats. Par contre, il n’était pas question de technique ou de stratégie avec lui, a souligné Bute. À ce moment-là, la routine s'était installée entre nous et j’avais besoin d’un nouveau souffle dans ma carrière. Celui pour essayer de redevenir champion. Je ne regrette pas ma décision.»