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Bute a des projets en tête

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Lucian Bute se souviendra toujours de son arrivée en sol montréalais en 2003. C’était en octobre au beau milieu d’une tempête de neige.

«C’est comme si c’était hier. Je ne parlais pas un mot de français ou d’anglais, a raconté Bute. Je connaissais seulement Leonard Dorin, qui était déjà chez InterBox, et celui qui allait devenir mon gérant, Chris Ganescu. Ils étaient les seuls Roumains que je connaissais à Montréal.»

Cependant, il se souvient de son état d’esprit lorsqu’il a mis les pieds au Québec.

«Lorsque j’ai signé mon contrat, je voulais devenir champion du monde. Quatre ans plus tard, ma victoire contre Sakio Bika m’avait permis d’obtenir mon duel de championnat du monde contre Alejandro Berrio.

Ce dont je vais me souvenir toute ma vie, c’est l’appui du peuple québécois dès le début de ma carrière. Quel bonheur !»

Par contre, il n’était pas capable de donner des entrevues aux journalistes. Une situation qui le frustrait au plus haut point. La solution ? Il a appris le français et c’était naturel pour Bute de le faire.

D’ailleurs, il souhaite que ses deux enfants fassent de même lorsqu’ils iront à l’école.

Foules diversifiées

En plus d’être champion du monde, Lucian Bute était capable d’attirer des foules entre 10 000 et 15 000 spectateurs à chaque combat. Un phénomène qu’on n’a pas revu depuis son choc contre Jean Pascal en 2014.

«Quand j’ai commencé chez les pros, il y avait seulement des hommes dans les estrades, a souligné Bute. Au fil de mes combats, j’ai vu de plus en plus de femmes. C’était moitié-moitié à la fin et j’en suis bien fier.

Plusieurs amateurs ne connaissaient rien à la boxe. Je suis content d’avoir pu changer un peu la perception du grand public par rapport à la boxe.»

Le public québécois l’a appuyé même dans les moments moins glorieux. Après sa défaite contre Carl Froch en 2012, près de 10 000 personnes avaient assisté à son retour sur le ring.

«Ça m’avait donné la motivation pour continuer de m’entraîner. C’était incroyable. Je suis déçu de voir ce qui arrive à ce niveau au Québec. Les promoteurs ont de la misère à vendre des billets et les amateurs ne s’attachent plus aux boxeurs comme avant.»

Des projets en tête

Maintenant que sa carrière sportive est terminée, Bute a quelques projets en tête pour son après-carrière. Une chose est sûre, il aimerait garder un lien avec la boxe.

L’homme de 39 ans est prêt à recevoir des offres.

«Je ne détesterais pas avoir un poste d’analyste à la télévision ou à la radio, a indiqué Bute. Je souhaite également poursuivre mon boulot de gérant avec les deux frères Bruno et Dario Bredicean.

Étant donné que j’aurai plus de temps, j’aimerais dénicher de nouveaux talents en Roumanie ou dans d’autres pays. Qui sait, je pourrais peut-être trouver le prochain Lucian Bute !»

L’ex-champion du monde compte bien se rendre à des compétitions internationales pour faire son recrutement. Les Jeux olympiques de Tokyo de 2020 sont en haut de sa liste.

Bute a toujours eu le sens des affaires et il est bien entouré. Est-ce qu’on pourrait le voir dans le rôle de promoteur ?

«Je ne rejette pas cette idée, mais pas pour le moment, a-t-il précisé. Ça va dépendre des opportunités et des personnes avec qui je peux m’associer.»

Pas comme entraîneur

L’ancien boxeur sait déjà que le métier d’entraîneur ne l’intéresse pas.

«Je ne me vois pas dans ce rôle. Je connais le type de vie qui accompagne ce boulot. Celle de boxeur était exigeante et c’est la même chose pour les entraîneurs. Parfois, tu peux être parti pendant deux mois pour un camp d’entraînement.

Pour mon après-carrière, je veux lever le pied pour passer le plus de temps possible avec ma famille.»

Puis, il pourrait aussi retourner sur les bancs d’école. Après avoir appris le français à son arrivée, il aimerait bien apprendre l’anglais afin de pouvoir communiquer avec la communauté de la boxe internationale.