Crédit : AFP

Ski et planche

Alex Harvey: pour une dernière fois

Publié | Mis à jour

François Legault et les députés devront composer avec une diversion, cette semaine, durant la reprise des travaux parlementaires à l’Assemblée nationale. Un homme à lui seul, nommé Alex Harvey, risque de faire dévier l’intérêt vers les plaines d’Abraham dans ce qui deviendra ses adieux à la compétition internationale en ski de fond.

Même sans ses skis aux pieds, sa semaine a débuté avec un sprint, lundi soir. En raison d’un vol retardé depuis Munich, l’athlète québécois a raté sa correspondance qui lui aurait permis d’entrer à l’aéroport Jean-Lesage, en début de soirée, en vue des finales de la Coupe du monde qui se joueront de vendredi à dimanche dans le vaste «Central Park» de Québec.

Harvey devait plutôt atterri autour de minuit, une entorse au scénario qui ne semblait pas l’embêter. Le portrait demeure le même pour lui. Depuis qu’il nous a confirmé que sa carrière se terminera avec ce rendez-vous à Québec, on y est donc arrivé. C’est ici que ça se termine.

«J’ai hâte. À Falun, je commençais encore plus à le ressentir. Ça va être cool. Il va y avoir du monde et une belle atmosphère. J’ai essayé d’y penser un peu plus durant les derniers jours, mais je ne sais pas à quel point que tu peux vraiment te préparer à ça. Il suffit beaucoup plus de vivre le moment, tout simplement», a exprimé l’athlète de 30 ans, joint durant son attente à l’aéroport Pearson de Toronto.

Garder la tête au ski

Avec la nostalgie en bruit de fond, les distractions ne manqueront pas durant les prochains jours. Il y aura pourtant bel et bien trois courses au programme et, même si aucun enjeu n’existe pour Harvey compte tenu de son 21e rang au classement général de la Coupe du monde, on le connaît pour n’avoir jamais enfilé un dossard dans l’unique but de se balader.

Comment faire pour garder la tête au ski?

«En 2017, il y avait eu aussi beaucoup de distractions», se souvient Harvey, qui avait alors remporté le sprint individuel en ouverture des finales de la Coupe du monde à Québec.

«Je venais de gagner le Championnat du monde [au 50 km] et, en plus, je me battais pour le classement général de la Coupe du monde. J’étais quatrième ou cinquième à mon arrivée à Québec et j’avais quand même réussi à faire une bonne job malgré que j’avais eu plein d’engagements.»

«La forme est là»

Le skieur de Saint-Ferréol débarque sur son territoire avec comme meilleur résultat de l’hiver son cinquième rang au 50 km de la mythique épreuve Holmenkollen d’Oslo, le 9 mars. Deux semaines plus tôt aux championnats mondiaux en Autriche, il avait terminé sixième au skiathlon de 30 km. De bonnes sensations l’accompagnent.

«Je viens à Québec pour faire les meilleurs résultats possible. La forme est là et je ne suis pas loin du podium pour y croire. Je vais tout donner pour l’atteindre à au moins une des trois journées à Québec.»

La gouverneure générale le réclame

Tout le monde souhaite obtenir son moment auprès d’Alex Harvey durant la prochaine semaine. La liste des demandes n’en finit plus, de la simple photo jusqu’à une visite chez la gouverneure générale Julie Payette au surlendemain de la dernière course.

Réclamé à gauche et à droite, les sollicitations culmineront avec une cérémonie de remise de distinctions honorifiques canadiennes à Ottawa, le mardi 26 mars. Cette journée avait initialement été prévue pour que le skieur procède à la confirmation de sa retraite, mais comme la nouvelle a été ébruitée à la veille des récents championnats mondiaux en Autriche, l’invitation de Rideau Hall a depuis été ajoutée au sommet des priorités.

Plus de 80 demandes

Son conseiller d’affaires, Denis Villeneuve, dit avoir reçu plus de 80 demandes diverses pour la prochaine semaine : entrevues individuelles avec des médias, séances d’autographes, rencontres avec des partenaires financiers, tournage d’un documentaire, visites dans des écoles et des clubs de ski de fond, etc.

«Ça n’arrête pas. C’est fou. Ce sera impossible de satisfaire toutes les demandes, son horaire est planifié aux cinq minutes près», affirme l’agent.

Harvey: «Bien planifié»

Un seul exemple permet d’illustrer la semaine mouvementée qui s’annonce. Suivant l’épreuve de sprint de vendredi, Harvey se prêtera à des séances de photos avec trois groupes différents en plus d’une rencontre avec un commanditaire. Quelques minutes seulement après avoir terminé sa séance de récupération d’après-course!

«Il s’agit seulement de planifier les engagements à l’avance. Je sais ce que je vais faire à telle heure. Par exemple, pour un soir, une quinzaine de minutes avant de partir faire un petit jogging, je vais en profiter pour rencontrer des gens dans le lobby de l’hôtel pour des photos. La semaine est quand même bien planifiée. Ça devrait être correct», projette le skieur.