Jon Rahm

Photo : Jon Rahm Crédit : AFP

Golf

PGA: congestion européenne au sommet

Publié | Mis à jour

Jon Rahm a profité d’un faux départ de Tommy Fleetwood et Rory McIlroy pour prendre les commandes du Championnat des joueurs du circuit de la PGA à -15, samedi. Un podium temporaire tout européen.

Pour la première fois en 45 ans d’une riche histoire, le sommet du classement du Players après trois rondes est occupé par des golfeurs du vieux continent.

Le jeune espagnol de 24 ans a signé la meilleure carte de sa carrière sur le Stadium Course du TPC Sawgrass. Son 64 (-8) détonne aux côtés d’une troisième ronde de 82 (+10) qu’il avait jouée à sa première présence au tournoi il y a tout juste deux ans. Il avait d’ailleurs la chance d’égaler le record du parcours au bout de son fer droit sur le vert du 18e, un roulé de 15 pieds qu’il n’a pu drainer au fond de la coupe.

«Je n’aurais jamais pensé pouvoir gagner ce tournoi en quelques années. C’est un parcours qu’il faut apprivoiser et où il faut toujours très bien jouer. Le changement de case horaire de mai à mars me permet d’y être plus confortable depuis les tertres et sur certains coups de fer.»

S’il devait soulever le trophée cet après-midi, le gagnant de deux tournois du circuit de la PGA et vainqueur de championnats internationaux malgré son jeune âge placerait cette conquête au sommet de sa liste.

«Un titre au Players permet de définir une carrière. Il y a très peu de golfeurs qui peuvent se vanter de l’avoir gagné, encore moins ceux qui l’ont emporté plus d’une fois. Ce serait incroyable d’y parvenir demain (dimanche).»

Selon les statistiques, 20 des 44 meneurs à l’issue de 54 trous ont savouré une conquête le lendemain.

Samedi, Rahm s’est hissé au sommet grâce à sa confiance et ses coups de fer réussis. Il s’est aussi démarqué sur les verts. «Chaque fois que je m’installais, je croyais que j’étais capable de frapper le meilleur coup. Avec mon cadet, nous prenions les bonnes décisions, a-t-il raconté. Nous savions que le vent tourbillonnait, mais nous prenions une direction. Il fallait choisir un coup et le garder. Il faut s’engager sur chaque coup, a-t-il enchaîné. On a vu que les décisions ont fonctionné.»

En effet, l’Espagnol a amassé sept moineaux sur le parcours où le vent a soufflé à plus de 30 km/h en milieu de journée. Il a aussi réalisé l’un des cinq aigles au fanion du 11e, une normale cinq de 546 verges, en calant un court roulé de trois pieds.

Mauvaise sortie

Jumelé sur le dernier duo, on croyait que Fleetwood et McIlroy auraient livré tout un spectacle. Les deux grands amis ont chacun joué 70 (-2). Ils partagent le second rang à -14, un coup derrière le meneur. Ils sont suivis par Jason Day (-12) et Abraham Ancer (-11). Six autres golfeurs partagent le sixième rang à -10, dont le vétéran Jim Furyk.

Preuve que d’amorcer une ronde avec un boguey ou double boguey n’est pas la fin du monde, Fleetwood et McIlroy ont limité les dommages. Ils ont bataillé fermement. Le premier a par contre cumulé deux autres bogueys à l’aller. Il s’est ensuite empressé de les oublier avec cinq oiselets.

«C’était beaucoup plus difficile aujourd’hui (samedi). Ce n’était pas nécessairement les conditions, même si les verts étaient beaucoup plus fermes, mais mon élan n’était pas à point comme lors des deux premières rondes. Il m’a compliqué la tâche très tôt.»

«Mais la bonne chose, c’est que j’ai démontré du caractère, a-t-il ajouté. J’étais pris sur l’un des plus difficiles parcours et j’ai trouvé une manière de briser la normale même si je n’étais pas confortable.»

Son compagnon de jeu a également salué sa combativité, lui qui a retranché quatre coups à la normale après avoir débuté sa ronde avec deux bogueys de suite.

«Ça ne me dérange pas de faire un boguey au premier trou, mais un autre au deuxième, c’est décevant, a souligné Rory. J’ai travaillé fort pour revenir. Je reste dans la course en prévision de la ronde finale»

Tiger Woods s’est contenté de la normale avec une ronde de 72. Il figure au 43e rang à -3.