Laurie Blouin

Photo : Laurie Blouin Crédit : DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QU

Ski et planche

Laurie Blouin sur le podium devant un public conquis d'avance à Québec

Publié | Mis à jour

Le vent glacial qui soufflait sur Québec, il n’y a que Laurie Blouin qui ne l’a pas ressenti, samedi soir, avec cette chaleur de la foule venue saluer son deuxième rang à la Coupe du monde de Big Air. Les milliers de spectateurs ont même réussi à repousser de ses souvenirs récents sa victoire d’il y a deux mois aux prestigieux X Games.

«Oui, c’est sûr. Ce sont des Québécois de Québec, des gens qui me connaissent. C’est ma plus belle compétition de l’année. Il y avait une belle “vibe”, c’était vraiment chaleureux», a exprimé la vice championne olympique aux Jeux de 2018.

En quête d’une première victoire en Coupe du monde malgré cinq podiums, l’athlète de Stoneham a vu l’Américaine Julia Marino lui refaire le même coup au même endroit que l’an dernier. Les deux grandes amies, qui partagent les services du même entraîneur, Maxime Hénault, se sont livré le seul véritable match de la soirée, encore une fois à l’avantage de l’Américaine.

L’issue s’est pratiquement jouée dès la première des trois rondes lorsque Marino, dernière des six concurrentes à s’élancer, a surpassé avec sa note de 87,50 points celle de 85,25 que venait d’obtenir Blouin. Même pour un œil avisé, la sanction des juges a soulevé un doute.

«On ne peut pas le crier sur les toits, mais dans ma perspective, même si on ne voit pas tout d’en haut [où il était situé], j’ai l’impression que Laurie aurait dû scorer plus haut sur ce premier saut. Au total, Julia mérite sa première place, mais au premier saut, Laurie aurait dû obtenir un meilleur score», a partagé leur entraîneur.

«Je suis contente, mais je suis un peu surprise de mes scores, honnêtement. Je suis quand même contente de faire un podium à la maison. C’est un sport jugé et on ne peut rien y faire. Je suis contente d’être sur le podium avec Julia», a poliment commenté la planchiste de 22 ans, qui compte deux podiums en Coupe du monde à cette épreuve de Big Air.

Lien affectif

Un lien affectif unit la médaillée olympique à cette tour temporaire de l’îlot Fleurie. En 2015, la Fédération internationale de ski (FIS) avait demandé aux organisateurs québécois si elle pouvait profiter de la Coupe du monde pour ajouter une épreuve féminine à l’épreuve masculine déjà prévue. Le Big Air allait devenir une discipline officielle aux Jeux olympiques de 2018 et l’occasion était belle, trois ans à l’avance, d’exposer ce sport-spectacle unisexe.

Une jeune planchiste prometteuse âgée alors de 18 ans avait sauté sur l’offre de participer au concours. On connaît la suite. Laurie Blouin s’est hissée dans l’élite internationale du snowboard en remportant notamment le titre mondial en sloplestyle en 2017. Lorsqu’il sera question de Big Air durant sa carrière, par contre, elle se souviendra de la foule de samedi évaluée à plus de 15 000 personnes.

«C’était malade. J’étais en haut, j’avais ma musique, j’entendais tout le monde crier "Laurie, Laurie". C’est fou. J’ai senti tout le monde derrière moi», a commenté la vice championne de l’épreuve de slopestyle aux Jeux de Pyeongchang.

La Fédération internationale de ski (FIS) trouve à Québec le terrain de jeu qu’elle recherche dorénavant dans les milieux urbains, là où elle peut mettre en vitrine ses disciplines devant des foules et, du coup, exploiter son effet télévisuel. Cette épreuve du Big Air a animé le centre-ville pour une 11e fois au cours des 20 années que la région accueille une Coupe du monde de freeski et de snowboard.

Là où la FIS ne contrôle pas tout, c’est dans notre département météo. Surtout le vent mordant !