Ski et planche

La médaille de «papi» exerce ses pouvoirs

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Fiévreux et affaibli la veille, Philippe Langevin se demandait encore où il avait puisé l’énergie pour se qualifier pour la finale du Big Air de samedi à Québec. On a trouvé l’explication dans la poche intérieure de son manteau : la médaille miraculeuse offerte pas son grand-père.

On attendait Alex Beaulieu-Marchand, mais on aura plutôt le skieur de 17 ans de Mont-Tremblant comme seul Québécois parmi les dix finalistes du concours de freeski des finales de la Coupe du monde. Son score de 88,75 obtenu à la première de ses deux descentes de jeudi lui a suffi pour accéder au spectacle ultime de samedi à 16 h.

L’exécution a ravi les juges, peut-être aussi grâce aux propriétés de sa mystérieuse pièce de métal, qu’il avait sur lui. «Je la porte toujours en compétition et à l’entraînement. Finalement, j’y tiens et je la porte chaque fois que je skie», nous dit le jeune homme déluré.

Merci à «papi» Gilles

Croyant, Gilles Bourassa a offert une médaille à son petit-fils quand il avait 14 ans. Gymnaste durant son enfance, le grand-père sait mesurer les risques auxquels s’expose son Philippe dans ce sport extrême.

«Il se voit en moi. Il m’a donné une médaille que je conserve toujours dans mon manteau, du côté du cœur», explique la recrue de l’équipe canadienne, qui attribue des pouvoirs plus protecteurs que sportifs à son précieux objet.

«Parfois quand je saute, je risque de tomber et de me faire mal. Finalement, je ne me fais pas mal, alors je me dis chaque fois : oups ! ça doit être encore grâce à ma médaille qu’il ne m’est rien arrivé.»

En ascension

Il n’y a pas que de la chance dans ce sport de haute voltige. L’ascension fulgurante de Langevin sur la Coupe du monde nous en livre la preuve. Le 12 janvier dernier à Font-Romeu, il a obtenu son premier podium en terminant deuxième à l’épreuve de slopestyle. Ce coup d’éclat avait été annoncé avec ses trois victoires en Coupe Nor-Am, durant les deux saisons précédentes, signe de la puissante relève qu’il représente.

«Il faut commencer de plus en plus jeune. Maintenant, il y a des jeunes de 14 ans et même de 12 ans qui sont capables de faire des trucs énormes. Le sport évolue vite, alors il faut se pousser à chaque compétition et à chaque entraînement», observe le phénomène qui fêtera ses 18 ans le 9 mai.

«ABM» éliminé

Alex Beaulieu-Marchand est avisé de cette jeunesse émergente. Le médaillé de bronze à cette épreuve du Big Air aux récents championnats du monde n’a encore jamais réussi à se qualifier pour la finale chez lui à Québec. Son meilleur pointage de 84,50 l’a relégué au 14e rang de jeudi.

Après qu’il eut foiré avec son score de 49,25 à son deuxième essai, il a sauté par-dessus une clôture de sécurité et filé sans se retourner. On a semblé voir de la fumée s’échapper de son casque.

«Je suis content, je ne suis pas blessé et c’est ça l’important. C’est toujours une déception de ne pas faire la finale à la maison, mais je n’ai jamais été à un résultat près d’être heureux. Je vais continuer d’être heureux et je vais continuer à skier», s’est défendu « ABM», qu’on verra au milieu de la foule de samedi à défaut de le voir s’élancer depuis l’échafaudage monstre.

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Laurie Blouin se voit sur le podium 

Ce n’est pas pour jouer à la fanfaronne, c’est plutôt de la confiance en soi qui amène Laurie Blouin à s’imaginer sur le podium, samedi soir, à la finale du Big Air en snowboard.

Son pointage de 92,50, à son premier saut des qualifications de jeudi, l’a non seulement assurée de participer au concours des six finalistes de samedi, à 20 h, mais il l’a aussi rassurée sur son niveau de forme. Sa marque de 89,50, lors de sa deuxième exécution, a validé son assurance.

«Si j’atterris tout ce que je fais, je pense pouvoir gagner. J’ai un frontside double cork 1080 qu’aucune autre fille ne fait. Si j’atterris ça, je pense que la première place est accessible, mais on ne sait jamais ce que les autres peuvent faire. Chose certaine, ça mériterait un podium», a projeté l’athlète de Stoneham, médaillée d’or des récents X Games à cette épreuve.

Dans le programme ultime de samedi, Blouin n’aura qu’une seule concurrente ayant mieux fait qu’elle à cette épreuve du Big Air aux Jeux olympiques de Pyeongchang. L’Américaine Julia Marino (10e aux Jeux) a cependant quelque chose à lui proposer en retour : c’est elle qui avait remporté l’épreuve de Québec l’an dernier.

«Je sais pas mal qui fait quoi (parmi les finalistes). Et moi, je connais mon plan», a répété la Québécoise.

Marguerite Sweeney, de Saint-Basile, a terminé au neuvième rang de la qualification. Océanie Filion, de Saguenay, n’a pas participé à l’épreuve pour des raisons médicales.

Aucun Québécois

Chez les hommes, en snowboard, aucun Québécois ne participera à la finale de samedi.

Francis Jobin a terminé 11e des qualifications, suivi de Nicolas Laframboise (12e) et Jacob Legault (24e).

Voyez le reportage de Stéphane Turcot dans la vidéo ci-dessus.