SPO-HOCKEY-ISLANDERS-CANADIEN

Crédit : Ben Pelosse / JdeM

LNH

Quand le deuxième gardien va, tout va

Publié | Mis à jour

NEW YORK – Pendant qu’à Montréal, on se croise les doigts pour que Carey Price ne tombe pas au combat dans les 13 derniers matchs de la saison, chez les Islanders, la situation des gardiens est le moindre de leurs soucis.

Et pour cause. Mis sur la touche en raison d’une collision avec Brady Tkachuk, des Sénateurs, Robin Lehner a raté les trois derniers matchs de l’équipe. Ce qui n’a pas empêché les Islanders de remporter deux de ceux-ci. À Long Island, Thomas Greiss est autant capable de faire le travail que Lehner.

D’ailleurs, le Suédois ne tarde pas à remettre son interlocuteur à l’ordre lorsqu’on lui demande de commenter le travail effectué par son substitut durant son absence.

«Substitut ? Il n’y a pas de substitut ici. Nous sommes deux gardiens qui partageons le travail depuis le début de la saison», a-t-il martelé.

L’athlète de 27 ans, qui pourrait effectuer un retour au jeu jeudi soir, fait bien de préciser. En regardant les statistiques des deux gardiens d’un peu plus près, on constate qu’elles sont pratiquement identiques. Chacun a remporté 20 victoires et subi 11 revers en temps réglementaire.

Ils affichent tous les deux un taux d’efficacité de ,927. Lehner présente une moyenne de buts alloués de 2,19 contre 2,26 pour Greiss. Dans chacune de ces deux colonnes, les deux coéquipiers apparaissent dans le top 5 de la LNH.

«C’est un gros avantage de savoir que tu peux te fier à tes deux gardiens. On ne se pose même pas de question. Peu importe qui se trouve devant le filet, on sait que notre gardien fera les gros arrêts. Je peux compter sur les doigts d’une main les buts faibles qu’ils ont accordés cette saison», a indiqué Anthony Beauvillier.

Pas cher payé

On comprend que Lehner dispute la seule saison d’un contrat de 1,5 M$, qu’il a dû revoir son salaire à la baisse par rapport aux 4 M$ qu’il gagnait l’an dernier. N’empêche que, ajouté au salaire de 3,33 M$ de Greiss, ce 1,5 M$ fait en sorte que les Islanders ont déboursé seulement 4,83 M$ pour un tandem efficace.

Seulement sept équipes ont dépensé moins pour leurs gardiens cet hiver. Mais, à part Tampa Bay (4,65 M$) et Pittsburgh (4,425 M$), on ne peut pas vraiment parler de tandem efficace...

Ce qui nous amène à la question suivante : avec le niveau de jeu du hockey d’aujourd’hui et la complexité du calendrier, la recette des Islanders pourrait-elle être adoptée de plus en plus ?

«Non. Je ne crois pas que ça devrait être comme ça. C’est simplement que ce fut notre réalité cette saison, a déclaré Lehner. Ça dépend d’un paquet de facteurs. Pour nous, ça s’est bien passé. Nous sommes de bons amis, nous donnons notre maximum et nous avons l’objectif de permettre à cette équipe de participer aux séries éliminatoires. Ici, c’est le bien de l’équipe qui prime.»

Une certaine surprise

D’ailleurs, personne n’aurait pu prédire un tel dénouement avec ces deux vétérans devant le filet. Greiss, 33 ans, n’avait franchi le plateau des 40 rencontres que deux fois au cours de sa carrière, alors que Lehner n’avait jamais connu une saison gagnante.

«Je n’avais aucune idée à quoi m’attendre en arrivant ici cette année, a indiqué Barry Trotz qui a longtemps eu Braden Holtby sous ses ordres. Les deux ont fait un travail colossal en collaboration avec notre entraîneur des gardiens, que ce soit sur la patinoire ou à l’extérieur, pour redéfinir leur jeu et retrouver leur touche et leur confiance.»

Il faut croire que Trotz a su bien analyser les forces et les faiblesses de sa nouvelle équipe, ce qui lui a permis de mettre sur pied un plan de match et stratégie efficace. Car, c’est toute l’équipe qui a été relancée. Pas seulement les gardiens.