Ski et planche

Laurie Blouin et Alex Beaulieu-Marchand en vedette au Jamboree

Alain Bergeron

Publié | Mis à jour

L’espace aérien de Québec autorise de drôles d’intrus à venir circuler avec des planches à neige et des skis aux pieds jusqu’à samedi soir. Parmi eux, Laurie Blouin et Alex Beaulieu-Marchand prendront un malin plaisir à s’amuser dans leur propre ciel.

Sous l’autoroute Dufferin et dans les décors en graffitis de l’îlot Fleurie, la Coupe du monde de snowboard et de ski freestyle présente les finales du Big Air, cette épreuve qui amène les riders à effectuer des mouvements après s’être envolés depuis un échafaudage d’une hauteur de 40 mètres.

«Quand tu as effectué ta première descente, il faut attendre son tour, alors c’est à ce moment que j’ai le temps de regarder et d’apprécier. C’est vraiment hot ici parce que tu es au haut de la ville et tu vois les montagnes au loin. C’est rare aussi qu’il y a autant de monde. J’ai vécu l’ambiance qu’on trouve à Québec peut-être à un seul autre endroit et c’était à Milan», décrit Laurie Blouin, la tête d’affiche numéro un du programme de snowboard.

«ABM» : comme à l’habitude

Ces «montagnes au loin», auxquelles la médaillée olympique et ex-championne du monde fait allusion, sont les siennes de Stoneham, où elle habite. Rarement des athlètes québécois de la neige ont l’occasion de participer à une Coupe du monde chez soi. Laurie Blouin, championne surprise du Big Air aux prestigieux X Games à Aspen, en janvier dernier, pourra enfin dormir à la maison la veille de sa compétition, sous le même toit que son chien Fidji.

«Je me prépare toujours de la même manière [que pour toute autre compétition]. Finalement, c’est pour vous [les médias] que c’est un peu différent. Il y a plein de caméras sur moi, alors qu’il n’y en a pas habituellement», a plus tard exprimé Alex Beaulieu-Marchand, médaillé de bronze du Big Air aux récents championnats mondiaux.

«ABM» a répété lui aussi qu’il adorait présenter son art devant sa famille, ses amis et le public de Québec. Adepte de la perfection, on a toutefois perçu en lui un inconfort sur ce terrain de jeu artificiel après qu’il eut écourté volontairement sa séance d’entraînement avec l’équipe canadienne.

«La seule chose que j’aimerais, c’est que le saut soit encore plus gros. Ça, c’est pour moi. Mais le saut est super beau, donc je suis bien content avec ça», a habilement commenté l’athlète de Saint-Augustin.

D’autres Québécois

Neuf autres Québécois profiteront de ce concept des épreuves urbaines de plus en plus chères à la Fédération internationale de ski (FIS) : Philippe Langevin, Alex Bellemare et Édouard Therriault en ski, ainsi que Francis Jobin, Nicolas Laframboise, Julien Canniccioni, Jacob Legault, Marguerite Sweeney et Océane Fillion, tous en snowboard.

«Je viens toujours pour faire ma meilleure performance. Si j’atterris mes descentes comme je le veux, je veux être content. C’est toujours mon objectif. Si ça va bien et que les juges aiment ça, tant mieux si je monte sur le podium. Sinon, ce sera tant pis», annonce déjà «ABM».

La pluie bouscule le programme

La pluie annoncée pour vendredi bouscule le Jamboree et abaisse le programme de trois jours de compétitions à deux.

Les qualifications en snowboard, qui devaient avoir lieu vendredi, sont donc devancées à jeudi et cohabiteront avec celles du ski.

Le tremplin géant aménagé à l'îlot Fleurie deviendra orphelin d'athlètes durant la journée de vendredi, mais les heures des finales demeurent inchangées pour samedi avec celles du ski, de 16 h à 17 h 22, suivies de celles du snowboard, de 20 h à 21 h 22.

Des champions et des absents

Ces finales de la Coupe du monde à Québec offriront pour les yeux certains des meilleurs spécialistes du Big Air, mais il y aura aussi plusieurs absences notables.

La Suisse Mathilde Gremaud et le Norvégien Birk Ruud, tous deux médaillés d'or de cette épreuve aux X Games à Aspen, en janvier dernier, figurent parmi les concurrents en «freeski» au rendez-vous québécois. Le Suisse Fabian Boesch, nouveau champion du monde, y est aussi.

La compétition féminine en snowboard sera toutefois privée de six des 10 meilleures au cumulatif de la Coupe du monde, dont les trois premières que sont les Japonaises Reira Iwabuchi et Miyabi Onitsuka, et l'Autrichienne Anna Grasser.

«C'est dur d'avoir beaucoup d'athlètes parce qu'il y a maintenant juste du Big Air (à Québec), alors qu'avant, il y avait aussi du slopestyle. Pour ceux qui habitent en Europe, ça fait loin venir ici juste pour un événement», observe Laurie Blouin, neuvième au classement du Big Air.

Voyez le reportage de Stéphane Turcot dans la vidéo ci-dessus.