Crédit : Troy Taormina-USA TODAY Sports

Impact

Houston-Montréal en 3 vidéos, 2 stats et 1 leçon

Houston-Montréal en 3 vidéos, 2 stats et 1 leçon

Vincent Destouches

Publié 12 mars
Mis à jour 12 mars

L’Impact de Montréal est redescendu sur terre de manière assez abrupte. Non pas que l’équipe se soit fait déclasser par le Dynamo de Houston, bien au contraire! Elle a plutôt rendu une partition terne, comme c’est souvent le cas lorsqu’elle est en visite au Texas.

À cause d’une défense endormie dans le « money time » et d’un secteur offensif complètement amorphe, Montréal a laissé filer le point du match nul qui lui aurait permis de réaliser, malgré sa partition médiocre, une bonne opération.

Analysons ce match plus en profondeur avec le format « 3, 2, 1... » que je vous ai présenté la semaine passée.

3 vidéos

Que l’Impact s’est montré impatient... En phase défensive, le Dynamo se positionnait souvent en 4-4-2, avec donc deux attaquants formant le premier rideau défensif. Sur cette séquence, Samuel Piette redescend s’intercaler entre les défenseurs centraux, donnant un avantage numérique qui aurait dû permettre aux Montréalais de passer la première ligne de pression et ouvrir des brèches. Mais, au lieu de construire son action, l’Impact a joué sur les forces d’un Dynamo particulièrement bien en place, avec deux joueurs couvrant constamment les Montréalais dans l’entrejeu.

Comment se compliquer la tâche 101! Sur cette séquence, le Bleu-Blanc-Noir manque cruellement de mouvement et se retrouve coupé en deux, laissant entièrement le milieu de terrain au Dynamo. Saphir Taïder est le seul à décrocher, et Zakaria Diallo tombe dans le piège de Houston en voulant lui glisser le ballon, au lieu de décaler pour Daniel Lovitz sur l’aile gauche, où l’Impact semblait en mesure de pouvoir combiner. De manière générale, les hommes de Rémi Garde n’ont pas assez maintenu la largeur dans le domaine offensif, devenant ainsi prévisibles dans leurs intentions.

Au cours d’un match qui s’est déroulé sur un faux rythme de la première à la dernière minute, l’Impact n’a que très peu accéléré. En proie à un déchet technique important, le club a rarement semblé en mesure de déstabiliser Houston en phase de possession. Et il n’a pas su trouver son salut sur les phases de transition, sur lesquelles ils ont pourtant causé tant de dommages par le passé. Ci-dessous, une action qu’il aurait fallu répéter, avec une supériorité bien gérée dans le cœur du jeu, une circulation de balle rapide, des joueurs qui se projettent en nombre, l’utilisation de la profondeur, un dédoublement, et une bonne présence dans la surface. Il y avait de la place pour les trois points à Houston...

2 statistiques

0,3 : selon InStat, c’est le ratio de buts attendus (expected goals) de l’Impact à Houston, soit le nombre de buts que l’équipe aurait normalement dû inscrire si l’on évalue objectivement la qualité des occasions montréalaises. C’est pour le moins... faible, d’autant que le ratio était de 1,3 pour Houston. Une statistique qui illustre bien la diète à laquelle s’est astreinte l’attaque de l’Impact au Texas. Il faudra se montrer plus inspiré à Orlando, face à un club dont la défense est historiquement le talon d’Achille.

7 : c’est le nombre de ballons perdus par Taïder à Houston. Une nette amélioration par rapport au déchet technique qu’il avait connu à San Jose (19 pertes de balle). Même chose au niveau de la distribution, puisqu’il a affiché un taux de 92,2% de passes réussies (même 97,5% dans le camp adverse) bien supérieur à son 78,1% de la semaine précédente. Avec deux buts et une passe à son actif, il est quoi qu’il en soit l’homme providentiel de ce début de saison.

1 leçon

Sur son banc, Rémi Garde dispose maintenant d’atouts qu’il valorise. Si la controverse sur sa propension ou non à faire des changements m’a toujours paru étrange, il reste que cela a permis à l’entraîneur-chef de bien établir qu’il n’aime pas changer pour changer. De ce point de vue, il est intéressant de noter l’identité des joueurs qu’il a fait sortir en cours de rencontre jusqu’ici : Piatti, Taïder, Urruti et Okwonkwo (à deux reprises). Ce n’est pas rien! Et c’est donc d’autant plus réjouissant de constater que tous les joueurs ayant pris leur place sont de jeunes joueurs canadiens (Brault-Guillard, Jackson, Shome et M. Choinière par deux fois), et qu’ils sont aux portes de l’équipe première, formant un effectif 2019 plus jeune, mais aussi plus homogène.