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F1

«Un nouveau chapitre» - Lance Stroll

Publié | Mis à jour

Que six points alors qu’il en avait récolté 40 à sa première année en F1. Lance Stroll a tôt fait d’oublier une saison 2018 désastreuse à bord d’une Williams mal-née.

Le jeune pilote montréalais et les 19 autres engagés se préparent à disputer la toute première épreuve de la saison ce dimanche à Melbourne, en Australie.

Le rachat de l’écurie Force India par un groupe de gens d’affaires mené par son père Lawrence aura été pour Stroll, âgé de 20 ans, un véritable cadeau du ciel. L’organisation a maintenant pour nom Racing Point.

À constater le parcours de misère de son ancien employeur, qui a entrepris les essais hivernaux avec près de trois jours de retard le mois dernier à Barcelone, Stroll n’est certes pas déçu d’avoir été recruté par le paternel dans cette nouvelle aventure.

«Je ne vous cacherai pas que je suis très heureux de mon sort, a souligné Stroll dans une entrevue accordée récemment au "Journal de Montréal" en Espagne. Je ne souhaite de malheur à personne, mais, contrairement à l’an passé, je vis d’espoir.»

«Ça ne peut être pire en 2019. Au contraire, notre équipe a de grandes ambitions, tout autant que moi.»

«C’est un nouveau chapitre dans ma carrière qui va s’écrire cette année, a-t-il renchéri. Je veux contribuer au succès de notre nouvelle équipe. L’ambiance y est fantastique.»

Un retard à combler

N’empêche qu’à l’opposé de la plupart des autres écuries du plateau, Racing Point n’a pas été en mesure d’exploiter à fond le potentiel de la nouvelle RP19.

À part la pauvre Williams, l’écurie Racing Point est celle qui a le moins fait rouler ses pilotes sur le circuit de Barcelone-Catalogne lors des essais préparatoires.

Stroll a bouclé 336 tours du tracé alors que son coéquipier, le Mexicain Sergio Pérez, a été limité à 289 tours.

En comparaison, Ferrari, qui s’est démarquée lors de ces huit journées d’essais, a vu Sebastian Vettel et son nouveau partenaire, le Monégasque Charles Leclerc, parcourir au total 1189 tours, soit l’équivalent de 5535 kilomètres et 18 Grands Prix d’Espagne!

«Tous les ingrédients sont réunis»

Au tableau final, Stroll a dû se contenter du 14e temps le plus rapide et Pérez, lui, ne s’est classé qu’au 18e rang, à peine devant les deux pilotes de l’écurie Williams (George Russell et Robert Kubica).

Stroll a fait stopper le chrono à 1 min 17,556 s, ce qui le place à 1,3 s du meneur Vettel qui a inscrit, lors du dernier jour des essais, le temps de référence que personne n’a réussi à battre. Ni même Hamilton dont l’ultime manœuvre de déloger son grand rival aura échoué de trois... millièmes de seconde.

Tous les pilotes, à part Max Verstappen (Red Bull), ont obtenu leur meilleur résultat quand leur monoplace a été chaussée des pneus les plus tendres (C5) de la gamme Pirelli.

«C’est certain qu’on aurait souhaité faire plus de tours à Barcelone, a indiqué Stroll. Mais il n’y a aucune inquiétude à avoir. Pas pour l’instant du moins.»

«Je peux toutefois vous dire que tous les ingrédients sont réunis pour réussir, dit-il. Nous aurons une meilleure idée des capacités de notre voiture à Melbourne et celle des autres. C’est à ce moment qu’on va réellement passer aux choses sérieuses. J’ai hâte de participer aux premiers essais libres [jeudi soir, heure du Québec].»

«Ce qui est sûr, c’est que la compétition sera très forte et nous en sommes conscients.»

La meilleure des autres

La plupart des observateurs s’entendent pour dire que les trois puissances du plateau, Mercedes, Ferrari et Red Bull, vont à nouveau animer le peloton de tête en 2019.

Ces équipes sont les seules l’an dernier à avoir remporté des victoires en F1.

Une seule autre équipe est d’ailleurs parvenue à accéder au podium en 2018. C’est arrivé une fois: Pérez au volant de la Force India, en Azerbaïdjan.

«Notre but, c’est de terminer au quatrième rang des constructeurs, raconte Stroll. Ça doit commencer du bon pied en Australie.»

Le problème, c’est que les autres équipes, à part Mercedes et Ferrari et Red Bull, ont toutes les mêmes ambitions. Celle de devenir la meilleure des... autres.

Une formation comme Renault, qui a embauché l’Australien Daniel Ricciardo, est en pleine progression. Des coups d’éclat sont à prévoir, tout autant du côté de Haas que d’Alfa Romeo, notamment.

Ce qu’il pense de...

De la nouvelle réglementation en F1?

«Les autorités de la F1 ont pris la bonne décision pour favoriser les dépassements et le spectacle sur la piste. Le nouvel aileron avant nécessite toutefois une adaptation qui va prendre un certain temps. On aura une meilleure idée après les trois ou quatre premières courses de la saison. À Barcelone, lors des essais hivernaux, nous nous sommes concentrés à découvrir notre nouvelle voiture. Nous n’avons pas eu de réelles occasions pour tenter de doubler un adversaire. Je suis néanmoins persuadé que cette nouvelle mesure va porter fruit et que les amateurs vont apprécier.»

De sa relation avec Sergio Pérez?

«En F1, vous souhaitez toujours battre votre coéquipier qui est le seul pilote à avoir le même équipement que vous. C’est, en fait, votre plus grand rival. Mais, pour faire progresser une équipe, il faut une bonne relation entre les deux même si je sais que l’an dernier avec Esteban [Ocon], il y a eu quelques étincelles qui ont failli mal tourner...»

De travailler avec son père?

«C’est un immense privilège. Il est exigeant, mais je le suis autant avec moi-même. Il a réussi partout où il est passé et il veut obtenir du succès en F1. C’est un gagnant et il s’attend à ce que tous les membres de l’équipe se donnent à fond, moi le premier.»

Du Grand Prix du Canada?

«J’ai hâte de retourner à Montréal, c’est mon Grand Prix national et la seule chance de courir devant mon public. C’est à cet endroit que j’ai récolté mes premiers points en F1 en 2017. C’est un souvenir qui reste gravé à jamais dans ma mémoire. L’an dernier, ça s’est très mal déroulé et je veux me racheter...» [Un accident l’impliquant avec Brendon Hartley l’a éliminé de la course dès le premier tour.]

De ses chances de podium cette année?

«J’ai célébré mon premier [et seul] podium en 2017 à Bakou. Ce fut une expérience exaltante qui m’a manqué l’an dernier, mais que je compte bien renouveler cette saison. Nous avons les ressources pour y parvenir.»