Crédit : Jerome Miron-USA TODAY Sports

MLS

Progression, régression, et vive la jeunesse!

Progression, régression, et vive la jeunesse!

Patrice Bernier

Publié 11 mars
Mis à jour 11 mars

La deuxième semaine de la saison 2019 en MLS est maintenant derrière nous. Souvent, la deuxième semaine permet aux amateurs et observateurs de déterminer si les surprises du premier jour se maintiennent, ou si elles n’étaient que des phénomènes éphémères.

Ces deux journées-là ne permettent pas d’identifier avec certitude le prochain champion, c’est certain. Mais elles peuvent nous donner une idée des clubs qui promettent et de ceux qui connaîtront peut-être des ennuis.

Vent de renouveau au Minnesota

Les Sounders de Seattle, le Los Angeles FC et le Crew de Columbus ont bien commencé la saison, mais dans leurs cas, ce n’est pas une immense surprise.

Le club qui m’étonne, jusqu’ici, c’est plutôt Minnesota United. Cette équipe n’a pas su se qualifier pour les éliminatoires depuis son arrivée en MLS lors de la saison 2017. Mais cette année, ils en sont à deux victoires, obtenues à l’étranger de surcroit.

L’an dernier, les «Loons» n’avaient remporté qu’une petite victoire sur la route.

Et ce ne sont pas de courtes victoires : Minnesota a offert deux performances convaincantes. Au total, la troupe de l’entraîneur Adrian Heath a marqué six buts et n’en a donné que deux à l’adversaire. Pour un club dont la principale faiblesse, l’an dernier, était sa défense, c’est très bon signe.

Que se passe-t-il là-bas? Un peu voir poindre un changement de mentalité. Il y a leur nouveau Alliaz Field, qui ouvrira bientôt ses portes. Mais surtout, on a renforcé les assises défensives de ce club. Les arrivées du défenseur Ike Opara et du milieu défensif Ozzie Alonso, deux joueurs bien établis depuis plusieurs années en MLS, ont certainement un impact sur la trajectoire que l’équipe prend en 2019. Opara est un solide arrière qui peut être la pierre d’assise de la défense. Alonso, lui, est carrément l’un des meilleurs milieux défensifs de l’histoire de la ligue. C’est la pièce maîtresse dans une équipe, ce «numéro six» qui peut détruire le jeu de l’adversaire et relancer rapidement vers l’avant et permettre à des talents comme Darwin Quintero de faire leur magie.

N'oublions pas Jan Gregus, un autre nouveau venu qui arrive du FC Copenhague. Avant, le milieu du MUFC n'était pas capable de dominer, de contrôler, de gérer un match. En ajoutant Alonso et Gregus, à qui on permet de jouer à son poste naturel, ça donne le ballon plus souvent à Quintero, qui peut ensuite être un électron libre devant.

D'équipe douteuse, elle devient conquérante de son sujet jusqu'à maintenant.

Le blues de la Ligue des champions pour Atlanta?

Les partisans d’Atlanta United sont sur les dents, ces jours-ci. C’est que le club, qui les a habitués à des départs canon, semble se chercher depuis le début de la saison. Est-ce que c’est le fameux «syndrome» de la Ligue des champions de la CONCACAF qui a contribué à plomber la saison 2018 du Toronto FC?

Verra-t-on Atlanta, champion en titre comme l’était le TFC il y a un an, éprouver les mêmes problèmes que la formation ontarienne? En même temps, il est bon de rappeler que les Red Bulls de New York et le Sporting de Kansas City évoluent en Ligue des champions et ils ne semblent pas avoir ce genre d’ennuis.

Pour l’instant, l’équipe n’a marqué qu’un but et n’a collecté qu’un point au classement. Mais ce n’est pas encore le temps d’appuyer sur le bouton panique. Cette équipe a de la profondeur.

Oui, ils ont laissé partir Miguel Almiron, mais ils se sont repris en embauchant le joueur de l’année en Amérique du Sud en «Pity» Martinez. On attend encore que le jeune Ezequiel Barco sorte des blocs.

Est-ce que l’équipe a du mal à s’adapter à son nouvel entraîneur, Frank De Boer? Il faudra sans doute lui donner un peu de temps, parce que son style est très différent de celui de son prédécesseur, «Tata» Martino. Ce dernier préconisait un style plus vertical et entreprenant avec une plus grande prise de risque. De Boer est beaucoup plus méthodique. Il veut davantage la possession, être plus patient. Est-ce que cela conviendra au groupe? Ça reste à voir. Les champions méritent cependant notre patience, parce qu'on sait qu'ils ont les atouts pour renverser la situation.

Une identité forte à Dallas

Je dois dire que je suis surpris par le FC Dallas. Après tout, cette équipe est vraiment jeune, spécialement cette année alors que sa moyenne d’âge est de 24,12 ans. Le groupe doit aussi composer avec un nouvel entraîneur en Luchi Gonzalez, quoiqu’il est connu là-bas, puisqu’il était précédemment responsable de la précieuse académie l’organisation.

Mais l’identité de ce club, qui est spécifiquement de faire jouer et progresser ses jeunes, est bien ancrée et résiste, dans l’ensemble, aux changements de personnel. Le tout dans ce nouveau contexte où la MLS est désormais beaucoup plus «vendeuse» de ses jeunes talents. Comme je l’indiquais dans une précédente chronique, le circuit Garber est désormais entré dans le marché global des transferts dans le monde du soccer.

Le mouvement jeunesse, à Dallas, est enclenché depuis longtemps. On parie sur les Paxton Pomykal et Reggie Cannon, pour ne nommer qu’eux, et on a eu un bon début de saison.

Le FC Dallas a bien joué avec le ballon, samedi. Il vaut la peine de revoir cette séquence où les joueurs du club texan ont effectué 60 passes sans que le Galaxy ne puisse même toucher au ballon.

Le style de Gonzalez permet peut-être à l'équipe d'avoir le contrôle sur son sujet plutôt que d'être axé sur la contre-attaque comme dans le passé.

On ne sait pas si le FC Dallas sera l'une des forces du championnat, mais ils démontrent qu'ils ont beaucoup de talent avec leurs jeunes.

La semaine des gardiens

Les gardiens se sont mis en évidence au cours des derniers jours. Il fallait voir le duel entre Bill Hamid, de D.C. United, et Sean Johnson, de New York City, dimanche, dans un match qui s’est justement terminé 0-0. On a même donné le titre d'«homme du match» aux deux, on ne pouvait pas en choisir qu'un seul.

Il y a aussi eu deux autres tirs de pénalité stoppés (par Zach Steffen et Tim Melia) ce weekend, ça en fait quatre, déjà, cette année. Est-ce l’année des gardiens de but?

Ce sont des joueurs à part. Ce sont souvent des excentriques, des individuels, qui travaillent de leur côté même s'ils font partie du groupe. C'est le poste qui a probablement le plus évolué dans les dernières années. Ils passent des heures à s'améliorer individuellement. On le voit sur les tirs de pénalité, sur le jeu de pieds de certains gardiens, on le voit dans la distribution.

Les attaquants ont souvent la gloire, mais les gardiens de but, comme le démontre le match de dimanche entre le NYC FC et D.C. United, peuvent permettre à leur équipe d'engranger un point... ou trois.

Mention à Tim Melia, du Sporting: il en est à huit arrêts sur 21 tirs. C'est un meilleur rendement que Nick Rimando, légende absolue de la MLS en général et des tirs de pénalité en particulier. Melia semble être le stoppeur de penaltys par excellence dans la ligue.

Ça m'amène, en tant qu'ancien spécialiste des tirs de pénalité, à me poser la question suivante: est-ce que ce sont les tireurs qui tirent mal, ou est-ce que ce sont plutôt les gardiens qui sont plus rapides et qui, à l'ère des vidéos, arrivent à déceler où les joueurs vont tirer avant même que le match ne soit commencé?

Les joueurs en forme du moment

Mention spéciale à Darwin Quintero. On parle beaucoup de Carlos Vela et avec raison, mais Quintero en est à deux buts et trois passes décisives. On sent qu'il est de tous les coups du MUFC. Il me fait penser à «Nacho» Piatti. C'est clairement un joueur à surveiller et il est présentement en pôle dans la course au titre de joueur le plus utile de la saison.

Autre mention spéciale : Saphir Taïder, de l’Impact, excellent depuis le début de la saison avec deux buts et une passe décisive en deux rencontres.

Un «fail» à la reprise vidéo?

Le match de samedi entre les Whitecaps et le Real Salt Lake s’est décidé sur un tir de pénalité... qui n’aurait peut-être pas dû être accordé.

Si on regarde bien le visuel, le défenseur des Whitecaps ne touche pas à son adversaire et tout le monde, même du côté de la reprise vidéo, s'est fait avoir. Je ne vois pas qu'il y a penalty.

On s'est fait avoir par le joueur qui a bien feint d'être touché. Oui, être arbitre, c'est difficile, mais le «VAR» est là pour aider l'arbitre à rectifier un appel difficile.

C'est à vous de débattre s'il y a penalty ou pas!

Le «VAR» devrait être là pour éradiquer ce genre d'erreur. Comment fait-on pour ne pas voir que le joueur de RSL se jette par terre bien avant que le défenseur n'entre en contact avec lui? Il aurait même pu avoir un carton pour simulation.

En fin de compte, c'est ce penalty-là qui aura fait la différence.