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Ça sent la fin pour Antti Niemi

Ça sent la fin pour Antti Niemi

Michel Bergeron

Publié 09 mars
Mis à jour 09 mars

La prestation d’Antti Niemi, jeudi soir à San Jose, a sonné le glas de son passage à Montréal. S’il est évident qu’il ne sera pas de retour l’an prochain, je ne serais même pas surpris qu’on ne le revoie pas du tout cette saison.

En tant qu’ancien entraîneur-chef dans la LNH, je me sens toujours un peu mal à l’aise quand vient le temps de critiquer les décisions de Claude Julien. Par contre, je dois avouer que d’envoyer le second violon face aux Sharks m’a laissé pantois.

Niemi avait connu beaucoup de difficultés lors de ses derniers départs, et les Sharks, avec l’absence d’Evander Kane et Erik Karlsson, en plus des nombreux joueurs actifs aux prises avec un virus, étaient une équipe à la portée du Tricolore.

La fin?

Pourtant, cette rencontre a rapidement tourné au cauchemar en raison des largesses du gardien des Canadiens. D’un côté, je trouve ça triste puisque le gardien auxiliaire est souvent l’un des joueurs les plus appréciés dans un vestiaire. Par contre, en ce moment, ça va au-delà de ça. C’est évident que ses coéquipiers ont tenté de le réconforter après le match, mais en fin de compte, c’est à cause de Niemi si le Tricolore n’est pas ressorti de San Jose avec les deux points. Point à la ligne.

Claude Julien a pris un risque jeudi soir. Il a joué avec le feu et s’est brûlé. Maintenant, il ne peut plus répéter la même erreur puisque les matchs sont trop importants à l’heure actuelle.

Le grand point d’interrogation demeure maintenant de savoir si l’entraîneur du Tricolore osera de nouveau envoyer Niemi dans la mêlée en pleine course aux séries éliminatoires. Honnêtement, je ne vois aucun scénario autre que celui où le Bleu-Blanc-Rouge s’assurerait d’une place en séries avec quelques matchs à faire. Là, on pourrait faire se reposer Carey Price et envoyer le second violon. Je ne pense même pas que le CH peut se permettre de faire jouer le Finlandais dans une séquence de deux matchs en deux soirs. Il y a trop en jeu.

À Price de jouer

Je ne pense pas non plus que Charlie Lindgren soit la solution à court terme. Il connaît une saison difficile à Laval selon ce que j’entends et le Rocket ratera vraisemblablement les séries, notamment en raison de ses ratés.

Une chose devient donc évidente : Carey Price va voir de l’action d’ici la fin de la saison.

D’ailleurs, j’aimerais vraiment savoir ce qu’il a pensé de la décision de son entraîneur jeudi. On n’est pas dans le bureau de Julien et on ne sait pas tout ce qui se dit. Mais si le no 31 du Canadien est un athlète fier, ça lui a fait quelque chose de ne pas affronter les Sharks.

Kotkaniemi

Demeurons dans les décisions douteuses. Comme plusieurs, j’ai trouvé curieux que le pilote du CH laisse le jeune Jesperi Kotkaniemi dans les gradins lors des deux premiers matchs du voyage en Californie. Chez le Tricolore, on a expliqué cette décision en prétextant la fatigue. Je n’achète pas ça. Il y a d’autres façons de permettre à un joueur de se reposer que de le laisser regarder deux matchs consécutifs sur la passerelle.

Évidemment, un entraîneur dans la LNH essaie toujours d’envoyer le meilleur alignement possible sur la patinoire et c’est évident que c’est ce que Claude essaie de faire. Si vraiment le CH était meilleur sans « KK », j’aurais compris. Par contre, là, on a cherché un paquet d’excuses, et c’est ce qui m’agace.

D’un autre côté, je ne crois pas que cette décision ait un quelconque effet sur sa carrière à long terme. Reste à savoir maintenant si au moins elle aura un impact positif dans l’immédiat.

Chapeau, Huskies!

Au moment d’écrire ces lignes, le match d’hier soir entre les Huskies de Rouyn-Noranda et les Voltigeurs de Drummondville n’était toujours pas terminé. Donc, on ne savait toujours pas si les Huskies avaient récolté une 26e victoire consécutive. Peu importe, en fait, puisque ce que l’équipe de l’Abitibi accomplit cette saison est tout à fait remarquable. Je tiens à féliciter le principal actionnaire et président de l’équipe, Jacques Blais, un gars de la place qui parle de son équipe avec les dents serrées. On voit dès le départ à quel point c’est un passionné qui parle avec ses tripes et n’a pas peur de dire les choses comme elles sont. J’adore ça. Encore une fois, bravo ! à toute l’organisation des Huskies, une équipe qui restera à tout jamais dans le livre d’histoire de la LHJMQ.

Un désastre

Ce qui se passe en ce moment à Columbus est épouvantable. Après tout ce qu’elle a fait durant la date limite des transactions, c’est inacceptable de voir la façon dont se comporte cette équipe. Je n’aime pas du tout la manière d’agir de John Tortorella derrière le banc de son équipe. Il a réduit de façon dramatique le temps de glace du jeune Pierre-Luc Dubois qui, pourtant, était clairement son premier joueur de centre avant l’arrivée de Matt Duchene. Ça sent l’improvisation à plein nez à Columbus. Imaginez s’il fallait que les Jackets ratent les séries éliminatoires ! Pas de doute que plusieurs têtes tomberont, si c’est le cas, à commencer par celles de Tortorella et du directeur général Jarmo Kekalainen.

Tkachuk: wow !

Les Sénateurs d’Ottawa ne gagnent pas plus, mais je dois admettre que je suis impressionné par la façon dont leurs jeunes joueurs continuent à se battre comme des chiens malgré la cause perdue. J’adore le travail de Brady Tkachuk, entre autres. Il semble toujours au cœur des altercations : il dérange ses adversaires et est toujours devant le filet à embêter le gardien. Il a clairement du «Tkachuk» dans le nez et va faire tout un joueur de hockey. Donnez-lui quelques années encore et il sera l’attaquant de puissance par excellence dans la LNH. Il n’a peur de rien et il aime quand ça brasse. Comme son père et son frère!