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Crédit : Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

LHJMQ

Et l’entraîneur de l’année est...?

Publié | Mis à jour

Le début des séries éliminatoires qui approchent à grands pas est synonyme de récompenses saisonnières dans la LHJMQ.

Pour la deuxième fois en trois ans, le gratin du hockey junior québécois se réunira à Québec au célèbre Capitole pour la présentation du Gala des Rondelles d’or le 3 avril prochain. À l’approche de cette soirée annuelle de remise des honneurs individuels, «Le Journal de Québec» y va de ses choix pour les candidats potentiels au titre d’entraîneur de l’année.

Mario Pouliot part assurément avec une bonne longueur d’avance pour l’ensemble de son œuvre cette saison derrière le banc des Huskies de Rouyn-Noranda. Même si personne ne doutait des chances de la formation abitibienne de se hisser parmi la crème du circuit Courteau cette saison, il lui fallait un commandant sur mesure pour mener le navire à bon port et c’est exactement ce que Pouliot a accompli. Comment passer sous silence la séquence record actuelle de 25 victoires qui a égalé celle des Éperviers de Sorel vieille de 45 ans ?

En date de jeudi, les Huskies se dirigeaient vers l’une des meilleures campagnes de l’histoire alors qu’ils pourraient terminer le calendrier régulier avec une récolte de 121 points. Ils sont déjà assurés de mettre la main sur le trophée Jean-Rougeau, remis aux champions de la saison. Les Huskies n’auront donc pas déçu leurs partisans et auront répondu aux attentes élevées placées en eux.

Il ne faut pas non plus oublier le travail de Pouliot comme directeur général pendant la dernière période des échanges. Même si cet aspect ne figure pas parmi les critères de sélection, Pouliot a obtenu quelques-uns des éléments les plus convoités sur le marché en Noah Dobson et Joël Teasdale. La cohésion à l’intérieur du groupe n’en a pas été pour autant affectée, ce qui est tout à l’honneur de l’entraîneur-chef qui a réussi à convaincre l’ensemble des soldats de suivre son plan. Après tout, qui n’écouterait pas un homme qui arbore ses bagues de la Coupe du Président et de la Coupe Memorial remportées pas plus tard que l’an dernier à la barre du Titan d’Acadie-Bathurst ?

Hulton le sous-estimé

En discutant avec quelques hommes de hockey gravitant autour de la LHJMQ, il est clair pour eux que le nom de Jim Hulton (Islanders de Charlottetown) doit figurer sur le bulletin de vote. Avec raison. Cet entraîneur ne reçoit tout simplement pas assez de mérite pour toute la besogne qu’il accomplit derrière le banc des Insulaires.

Les Islanders ont atteint le carré d’as lors des deux derniers printemps et cette séquence n’est pas le fruit du hasard. Hulton est un coach rusé. Et les décideurs de Hockey Canada l’ont bien récompensé en l’invitant parmi le personnel d’entraîneurs de la formation nationale des moins de 20 ans au plus récent Championnat mondial junior en Colombie-Britannique.

Malgré le départ de joueurs clés comme Pierre-Olivier Joseph et Derek Gentile durant la période des Fêtes par le biais de transactions, les Islanders se sont maintenus parmi les clubs les plus compétitifs de la Conférence de l’Est. Les vétérans Daniel Hardie, Jordan Maher et Hunter Drew ont livré la marchandise.

Surprise à Victoriaville

Au moment d’envoyer ces lignes, les Islanders comptaient 79 points (5e rang), livrant une chaude lutte à trois autres équipes pour obtenir l’avantage de la patinoire au tour initial du grand bal. Soyez-en sûrs, les troupes de cet ancien instructeur de la LNH seront fin prêtes lorsque les séries se mettront en marche et il faudra du cran pour les considérer comme battues d’avance.

L’autre entraîneur qui devrait jouer du coude pour l’obtention du titre est sans aucun doute Louis Robitaille chez les Tigres de Victoriaville. Contre toute attente, la formation des Bois-Francs entamera le tournoi printanier devant ses partisans grâce à son quatrième rang dans la Conférence de l’Ouest chèrement acquis, et ce, à la suite d’une fin hâtive en demi-finale l’an passé. Les performances étincelantes du gardien Tristan Côté-Cazenave (40 PJ : 2,44 - ,921) ont grandement aidé leur cause.

Certains avanceront que le nouveau format éliminatoire avantage les Tigres, qui, en date de jeudi, ne jouaient pas pour ,500 (29-30-4-1). Certes, mais ils ont dû se débrouiller sans les services du vétéran Mathieu Sévigny pendant des mois en plus de se passer des services de leur capitaine Simon Lafrance pendant trois semaines en février. Ils ont également réussi à passer à travers la tourmente dans laquelle ils ont été plongés après que l’arrestation d’un de leurs joueurs pour conduite avec les facultés affaiblies eut été rendue publique. Pour ces raisons, Robitaille doit être considéré.

Yanick Jean (Saguenéens) et Stéphane Julien (Phoenix) feront sans doute aussi partie des discussions.

Dans le calepin

Les Huskies pourront rééditer une portion du livre des records de la LHJMQ vendredi soir à l’occasion de leur visite au Centre Marcel-Dionne de Drummondville. Avec une victoire contre les Voltigeurs, la troupe de Mario Pouliot deviendrait la première équipe de l’histoire à remporter 26 matchs de suite, éclipsant le record de 25 victoires consécutives des Éperviers de Sorel réalisé lors de la saison 1973-1974. En fait, aucune équipe en 101 ans d’histoire au Canada n’a remporté 26 matchs de suite. Les hommes de Steve Hartley voudront tout faire pour freiner cette séquence.

Les Remparts de Québec conserveront-ils la meilleure moyenne d’affluence dans toute la Ligue canadienne de hockey pour une 12e fois en 13 saisons ? Avec deux matchs à jouer au Centre Vidéotron, les Remparts ont attiré jusqu’ici 9065 partisans (32 matchs) en moyenne à chacune de leurs rencontres locales, un chiffre à peine supérieur aux 8994 fidèles (32 matchs) qui assistent aux matchs des Knights de London au Budweiser Gardens. Depuis la saison 2006-2007, seule celle de 2016-2017 n’a pas permis à la franchise québécoise de terminer au sommet de ce palmarès puisque les Oil Kings d’Edmonton avaient profité de l’ouverture du Rogers Place pour enregistrer une moyenne de 9461 spectateurs.

Le défenseur slovaque des Voltigeurs, Michal Ivan, sera absent jusqu’au 14 mars parce qu’il a dû retourner dans son pays pour passer des examens scolaires. Selon les propos du directeur général Stéphane Desroches rapportés par L’Express, celui qui a gagné la Coupe Memorial avec le Titan d’Acadie-Bathurst l’an passé n’avait pas le choix de se déplacer pour accomplir cette tâche. «Ça représente une lourde perte, mais aussitôt que Michal et son agent nous ont parlé de ça, on a accepté. L’école doit passer avant tout. On comprend donc la situation», a-t-il expliqué. Il ne saurait mieux dire.

Au terme de la présente campagne, les hockeyeurs de 20 ans Julien Tessier et Félix Boivin, des Foreurs de Val-d’Or, ainsi qu’Olivier Garneau de l’Océanic de Rimouski, poursuivront leur carrière avec les Patriotes de l’UQTR.

Un dernier adieu à Alec Reid

L’Armada de Blainville-Boisbriand rendra un vibrant hommage vendredi soir à son joueur Alec Reid, décédé subitement dimanche dernier en raison de complications liées à l’épilepsie dont il souffrait depuis plusieurs années, avant la rencontre contre les Tigres de Victoriaville au Centre d’excellence Sports Rousseau.

Les plaies sont toujours vives à la suite de ce départ inattendu. La cérémonie s’annonce empreinte d’émotions à la mémoire du jeune de 18 ans. Une vidéo en souvenirs sera retransmise à la foule alors que les deux équipes seront invitées à s’unir au centre de la glace pour saluer le disparu une dernière fois. L’organisation tenait également à ce que l’esprit d’Alec Reid fasse partie à jamais de l’endroit où il aura disputé ses derniers matchs de hockey en inscrivant son nom dans le hall d’entrée du Centre d’excellence Sports Rousseau.

«La famille est hyper importante pour nous. C’est un jeune qui s’est donné corps et âme jour après jour pour notre équipe et on ne pouvait pas faire autrement que ça. On voulait faire quelque chose de respectueux parce que c’est évidemment un événement tragique. Il restera un membre de l’Armada à tout jamais», a dévoilé le président du club de hockey, Mario Marois.

Ses proches ainsi que des membres de sa famille assisteront également à l’hommage.

Une semaine émotive

La commotion qui a suivi l’annonce de la triste nouvelle s’est fait ressentir tout au long de la semaine dans l’entourage de l’équipe des Laurentides.

«À tous les jours on m’en parle. Que ce soit les partisans, monsieur et madame Tout-le-Monde, les commanditaires, ils nous offrent tous leurs condoléances. Pour les gars [joueurs], c’est encore très frais, mais ils sont forts. Ils l’appréciaient tellement qu’ils voudront le lui remettre. Alec demeure dans le cœur de tout le monde», a renchéri M. Marois.

Vendredi, le hockey sera bien secondaire à Boisbriand.