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Crédit : AFP

Ski et planche

La fin approche pour Alex Harvey

Publié | Mis à jour

Tous les signes entourant sa 12e place au 50 km en style libre des championnats mondiaux de ski de fond, dimanche, en Autriche, nous rappellent qu’Alex Harvey se rapproche bel et bien de sa retraite annoncée..

«C’est le “fun” de voir de nouveaux visages», a avoué le Québécois après avoir transmis au Norvégien Hans Christer Holund, gagnant en 1 h 49 m 59 s, les pouvoirs de champion de cette épreuve mythique qu’il détenait depuis deux ans.

Ce salut à sa succession était l’un des signes. Son aveu d’avoir été à court physiquement dans les derniers instants de ce grand rendez-vous en fut un autre.

Dans une course aux conditions difficiles en raison du soleil de printemps qui réchauffait Seefeld, Harvey a admis n’avoir pu sauter sur l’occasion qui s’est présentée, avec moins de cinq minutes à jouer à ce marathon, afin de toucher à la dernière marche disponible sur le podium.

«Je n’étais pas assez fort»

Après la fuite de Holund au 22e kilomètre et la chasse du Russe Alexander Bolchunov, lancée 15 km plus tard lorsque lui et ses trois coéquipiers ont pris le groupe par surprise en ignorant le dernier changement de skis, on savait qu’il ne restait plus qu’une médaille de bronze à l’enjeu. Cette breloque, qui aurait pu devenir la sixième de Harvey à des mondiaux, lui a glissé des mains dans la dernière montée casse-pattes, à un kilomètre de la banque.

«Je vous avais dit qu’il fallait que j’arrive le premier en bas de cette bosse, mais je n’étais juste pas assez fort pour suivre. Je me suis fait battre par du monde plus fort que moi. La tactique et l’équipement étaient bien, mais je n’étais pas assez fort», a concédé l’athlète de 30 ans, qui s’est prêté généreusement à de longues entrevues avec les médias européens dans l’aire d’arrivée.

Un autre Norvégien, Sjur Roethe, a réglé au sprint le débat avec son compatriote Martin Johnsrud Sundby pour terminer troisième, à 58 secondes du gagnant.

Moins émotif qu’aux Jeux

Le gros spectacle de dimanche, dans ce qui devient maintenant sa tournée d’adieu à la compétition, n’a pas suscité de débordement d’émotions. Rien à voir avec celles qu’avait déclenchées sa quatrième place crève-cœur sur cette distance aux Jeux olympiques, il y a un an.

«Aux Jeux, j’avais passé vraiment proche. Ici, j’étais proche jusqu’à la fin, mais, quand ça a donné un coup, je n’étais pas là. La quatrième place des Jeux a fait plus mal que la 12e place d’aujourd’hui», a-t-il exprimé, avant d’ajouter plus tard qu’il y avait quand même un petit quelque chose de penser qu’on ne le reverra plus à des mondiaux.

«J’y pense un peu plus. C’est un peu différent qu’après les autres 50 km des autres championnats du monde parce que, là, c’était mon dernier, c’est sûr. Mais ce n’est pas encore trop émotionnel.»

Harvey et l’équipe canadienne ont vite chargé les équipements, 90 minutes après la fin de la course, direction Munich. Un vol les transportera lundi vers Oslo en prévision de l’épreuve légendaire de 50 km de samedi prochain. Dans son bagage, le champion déchu a pris soin d’y glisser le dossard jaune de tenant du titre qui l’avait identifié durant la journée.

«C’est sûr que je vais le garder», a-t-il assuré.

Une générale avant les plaines à Québec

La dernière grande course en carrière de dimanche pourrait avoir servi de générale à Alex Harvey quand tout se terminera réellement pour lui dans trois semaines, à Québec.

Les finales de la Coupe du monde de ski de fond sur les plaines d’Abraham, du 22 au 24 mars, dégageront une ambiance émotive loin de celle qu’a vécue le Québécois dans le Tyrol autrichien à sa dernière présence à des championnats du monde.

«Finir à la maison, c’est sûr que c’est motivant. Même si j’ai eu la chance de courir plusieurs fois au Canada dans ma carrière, c’est quand même arrivé seulement quatre ou cinq fois», rappelle le skieur de Saint-Ferréol en énumérant les finales en 2017, le Tour du Canada en 2016, la Coupe du monde à Québec en décembre 2012 et les Jeux olympiques de Vancouver.

«Ce n’est pas si souvent qu’on a eu cette opportunité. C’est pour ça que j’ai hâte», dit-il.

Bouchard touché

Harvey et Louis Bouchard se sont fait une accolade après que le skieur eut traversé la ligne d’arrivée au 12e rang. À ses côtés depuis 15 ans, l’entraîneur a reconnu que, malgré le niveau de son skieur qui « n’était pas optimal », la journée fut spéciale pour lui.

«Je suis très émotif par rapport à ça. C’est le dernier championnat du monde de sa carrière. J’ai eu la chance, comme entraîneur, de le suivre durant tellement d’années. Quand on était sur le bord de la piste et qu’on l’a vu finir, on s’est dit : “bon ben, c’est la fin.”», rapportait celui qui a été nommé entraîneur-chef de l’équipe canadienne au début de la saison.

«Il y a tellement eu d’émotions, de hauts et de bas durant sa carrière, dit-il. Tu les vis tous, ces moments-là. Même si tu as des défaites, tu les vis aussi émotivement que lorsqu’il y a des victoires. Ça a été ça durant les 15 dernières années. Maintenant, il faut passer à autre chose», affirme Bouchard, qui anticipe des moments plus chargés à Québec.