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«Il m'a rentré dedans» - Joël Teasdale

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Comment Joël Teasdale, un joueur ayant été boudé au repêchage de la LNH, a-t-il réussi à décrocher un contrat avec les Canadiens? C’est une histoire qui ne peut être racontée sans mentionner les remontrances de Joël Bouchard.

Teasdale a vite compris à quel entraîneur-chef il aurait affaire lorsqu’il est arrivé au camp d’entraînement de l’Armada de Blainville-Boisbriand à l’âge de 16 ans.

Bouchard, on le sait, est un homme de hockey passionné qui ne fait pas dans la dentelle lorsqu’il n’aime pas ce qu’il voit.

«J’étais un petit peu trop gras, a raconté Teasdale lors d’une entrevue avec le journaliste de TVA Sports Mikaël Lalancette. Il m’a rentré dedans et ç'a été une leçon de vie.»

«Il n’était pas en forme, comme beaucoup de joueurs dans le junior majeur qui ne savent pas vraiment ce que ça prend pour passer à l’autre niveau, se souvient Bouchard. Mon chum Joël a passé quelques semaines sans jouer à perdre du poids.» 

La punition aura été bénéfique.

«Je suis reconnaissant qu’il ait fait ça pour moi, a indiqué Teasdale. J’étais beaucoup plus lent et j’essayais de m’en sortir avec mes habiletés.»

Si Bouchard ne l'a pas ménagé, c'est parce qu'il avait à coeur son développement.

«J’ai été très demandant avec lui, a avoué celui qui dirige maintenant le Rocket de Laval, dans la Ligue américaine. J’ai été très "rough" avec lui. Et c’est une bonne personne. Ce n'était jamais un problème de comportement ou d’attitude. J’ai vu le potentiel, je mettais la barre très haute pour lui.»

Au-delà du repêchage

Fougueux, responsable et intense, Teasdale incarne dorénavant le type de joueur qui fait tomber en amour les entraîneurs.

Ça n’a pas toujours été facile, mais il a défié les probabilités et a persévéré même après avoir été boudé deux fois plutôt qu'une lors du repêchage de la LNH. 

«J’avais beaucoup d’attentes au premier repêchage à Chicago, a avoué Teasdale. J’avais un rang assez élevé sur certaines listes. C’est sûr que c’était une grande déception.»

Être ignoré a finalement été une bénédiction pour lui, aux yeux de Bouchard.

«Je pense qu'il aurait dû être repêché, mais ne pas avoir été repêché est la meilleure affaire qui lui est arrivée, a-t-il soutenu. Je lui disais : "Ces gars n’ont pas été repêchés, t’es meilleur qu’eux autres, on s’en fout!" À la fin de ta carrière, ça ne changera rien.»

Bientôt les retrouvailles

Teasdale fera normalement ses débuts professionnels dans la Ligue américaine l'an prochain, à Laval. Des retrouvailles sont donc à prévoir avec son ancien entraîneur, mais ne croyez pas que l'attaquant obtiendra des passe-droits pour autant.

«Il veut. Il a les atouts. Mais c’est lui qui tient le bâton. Moi je l’aime beaucoup, mais il n’aura pas de favoritisme ou de fleurs gratuites de ma part», a prévenu Bouchard.

«D'avoir un petit congé de son intensité, ça aura fait du bien, a rigolé Teasdale. Mais c'est un coach qui a été vraiment bon pour moi, et j'ai hâte de le retrouver.» 

Une pression de moins

Lorsqu’il a obtenu la chance d’enfiler l’uniforme des Canadiens au Centre Bell en septembre dernier, Teasdale ne pensait qu’à une chose : ne pas tout foutre en l’air.

Il était bouche bée durant l’hymne national quand il a vu tous les partisans massés dans les estrades. Après tout, il portait le même uniforme lorsqu’il jouait dans la rue durant sa jeunesse.

«J’essayais de garder les choses simples sur la patinoire et j’étais vraiment stressé. J’avais en tête qu'il ne fallait pas que je fasse de gaffes. Quand j’ai effectué ma présence en désavantage numérique et les partisans se sont mis à réagir, j’étais vraiment fier quand je suis revenu au banc.»

Le natif de Sainte-Julie joue différemment depuis qu’il a décroché une entente avec le CH.

«Ça enlève beaucoup de pression sur mes épaules. Avant, je pensais tout le temps aux recruteurs dans les estrades. Maintenant, je n’ai plus cette pression. Je suis vraiment plus léger sur la glace et je joue plus librement.»

Voyez le reportage de Mikaël Lalancette dans la vidéo ci-dessus.