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MLS

2019, première année de la MLS 2.0

2019, première année de la MLS 2.0

Patrice Bernier

Publié 01 mars
Mis à jour 01 mars

Lorsqu’il a prononcé son discours sur l’état de la MLS en décembre dernier, le commissaire de la ligue, Don Garber, a fait la déclaration suivante :

«Nous avons besoin de devenir davantage une ligue de vendeurs.»

Cette affirmation, c'est un grand pas en avant pour la MLS.

Parce qu'il faut comprendre que dans la sphère des sports nord-américains, un joueur est généralement échangé pour un autre joueur (ou des choix au repêchage). Dans le monde du soccer, c’est une autre réalité : les athlètes sont transférés contre des montants d’argent (bien que les échanges demeurent possibles en MLS).

Autrefois, la MLS tentait d’acheter ou de signer des joueurs, parfois des gros noms, pour attirer l’attention de la planète soccer autant que pour remplir les stades de la ligue. C'était bien, mais c'était de grosses sorties d'argent et ça allait seulement dans un sens.

Maintenant, les clubs de la MLS parviennent de plus en plus à vendre des joueurs à des clubs d’autres ligues, souvent en Europe. Le cas de Miguel Almiron, vendu par Atlanta United à Newcastle, en Angleterre, pour plusieurs millions d’euros, est celui qui a le plus retenu l’attention  dans les dernières semaines. Mais il ne faut pas oublier le transfert du Canadien Alphonso Davies, qui a quitté les Whitecaps de Vancouver pour le Bayern Munich, ou encore celui de Tyler Adams, passé des Red Bulls de New York au RB Leipzig.

C’est une nouvelle ère. Près de 25 ans après sa fondation, la MLS entre dans le marché global du soccer. On la considère désormais comme un vivier où on peut aller chercher du talent, parfois à moindre coût par rapport à d’autres ligues.

Deux visions

Devant cette nouvelle réalité, les clubs de la MLS peuvent procéder de deux façons.

La première, c’est la méthode «Atlanta United», c’est-à-dire d’investir sur des joueurs qui ont de 21 à 23 ans, souvent en Amérique du Sud ou Centrale, obtenir du succès grâce à eux, pour finir par les revendre au gros prix.

La seconde, c’est de passer par son académie, de faire jouer sur l’équipe première certains jeunes qui en sortent, pour ensuite vendre ceux qui deviennent attrayants. Cette méthode est en ce moment privilégiée par les Red Bulls de New York et le FC Dallas, notamment.

Le fait de devenir une ligue de vendeurs braque soudainement les réflecteurs vers les académies des différents clubs de la MLS. Elles sont là depuis un certain temps, on connaît leurs rôles, mais elles n'étaient pas utilisées au maximum de leurs possibilités par tous les clubs. Ceux-ci doivent maintenant y porter davantage attention, parce que certains des talents qu’elles produisent peuvent devenir une source de revenus.

Les avantages sont indéniables. Les jeunes joueurs des académies veulent démontrer qu'ils ont leur place et pour les clubs, il y a d'abord le facteur identitaire, c’est-à-dire la fierté de faire jouer un gars formé au club devant son public. Ensuite, si ce joueur-là offre des bonnes performances à un jeune âge, il prendra de la valeur.

Les règles changées?

L’avènement de ce nouveau contexte pourrait aussi engendrer certains changements aux règles de la MLS concernant les académies.

Il y a actuellement des pourparlers afin de modifier la règle des «territoires» des académies. Présentement, un joueur qui vient de New York devra nécessairement à se joindre à l'académie des Red Bulls ou du New York City FC. On pense à changer cette structure pour que les clubs puissent aller dans différents marchés afin d’y trouver de futurs membres de leur académie.

Est-ce qu'on va commencer à voir des sommes d'argents échangées entre les clubs de la MLS qui se disputent les talents des différentes académies? C’est tout un marché interne, dans la ligue, qui pourrait se mettre en place afin de profiter de cette nouvelle manne.

On a vu le «TAM», le «GAM», verra-t-on maintenant le «HAM» (homegrown allocation money)?

Et le contrat de travail?

Nous entrons dans une année importante puisque la présente convention collective de la MLS arrive à échéance en 2020. Il sera intéressant de voir, dans les prochaines négociations, quels seront les points mis de l'avant par les joueurs et la ligue pour avancer dans cette nouvelle ère où il y aura de plus en plus d'argent. On va sûrement vouloir plus de liberté de mouvement chez les joueurs, notamment ceux qui sont autonomes, et même chez les clubs.

C’est un dossier sur lequel il faudra garder un œil!