Impact

Un système qui est efficace

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SAN JOSE – On l’a souligné à plusieurs reprises, le travail défensif de l’Impact a été un des faits saillants du camp d’entraînement.

En cinq rencontres, le Bleu-blanc-noir n’a accordé qu’un but et a réalisé quatre jeux blancs.

Le fait qu’il y a eu peu de changement à l’effectif par rapport à la fin de la saison dernière y joue un rôle, mais c’est surtout le système mis en place par Rémi Garde qui est responsable de ce revirement de situation.

«Nous sommes bien meilleurs défensivement et nous abordons cette nouvelle saison en sachant exactement ce qu’on attend de nous individuellement», a souligné le gardien Evan Bush, jeudi.

Savoir quoi faire

L’observation de Bush n’est pas banale, parce que n’importe quel joueur, peu importe son talent, sera bien plus efficace quand il sait exactement quoi faire et quelles sont les attentes envers lui.

«Nous sommes meilleurs défensivement sur le plan collectif, mais nous sommes aussi plus efficaces pour conserver le ballon et nous restons plus compacts de haut en bas», souligne Bush.

La clé est là, le bloc défensif est très compact, de sorte qu’il n’y a pas de place au milieu. Les attaques adverses se préparent donc, pour l’essentiel, des couloirs.

«Jusqu’à maintenant, notre système fait en sorte que les occasions viennent d’endroits prévisibles et ça facilite de beaucoup le travail d’un gardien», fait remarquer Bush.

Moins occupé

Le vétéran de 32 ans ne se plaindra pas s’il voit moins de ballons cette année.

«Si je n’ai pas à faire 132 arrêts cette saison, je crois que tout le monde sera content», a-t-il laissé tomber en rigolant.

«Quand les choses sont prévisibles, ça fait plaisir à tout le monde. Si je peux faire 75 arrêts et obtenir 15 jeux blancs, ça serait parfait.»

Bush souligne que le volume de tirs fait surtout en sorte que les menaces deviennent difficiles à évaluer.

«Un gardien qui reçoit 20 tirs par match reste dans le coup, mais ça veut aussi dire qu’il y a des tirs qui viennent d’endroits qu’on n’attendait pas.»

Interchangeables

La plus grande qualité du système de Rémi Garde, c’est de faire en sorte qu’un rôle précis est associé à chaque position. Ainsi, même si ce n’est pas le joueur titulaire qui est en poste, le boulot se fait quand même. On ne se fie pas uniquement au talent.

«Tous les gars qui ont joué en défense ont connu un bon camp d’entraînement.

Nous avons une belle profondeur, alors que beaucoup de gens voyaient ça comme une préoccupation avant le début de la saison, fait remarquer Bush.

Nous avons besoin de moments où il y a des exploits individuels, où des joueurs brillent dans le système.»

«Cela dit, lors de notre dernier match préparatoire, nous avons perdu Saphir [Taïder] tôt dans le match et Harry [Novillo] dans l’échauffement, et nous avons été en mesure de les remplacer sans que ça paraisse, et c’est fantastique !»

C’est maintenant aux jeunes de prouver qu’ils sont en mesure de passer à la seconde vitesse.

«C’est quand nous allons jouer des matchs qui comptent devant des milliers de spectateurs que nous allons voir si les jeunes sont en mesure de poursuivre.

«Ça sera le prochain test pour des jeunes comme Mathieu [Choinière], Clément [Bayiha] et Shamit [Shome] qui ont connu un bon camp», note Bush.

L’attaque en profite aussi, du système

Le système de jeu de l’Impact a non seulement des mérites sur le plan défensif, mais il a aussi une portée sur le plan offensif.

«Si on est compact derrière et qu’on fait un bon travail pour ne pas prendre de buts, nous allons avoir des situations, que ce soit moi, Maxi [Urruti] ou Harry [Novillo]», avance Ignacio Piatti.

L’Argentin aime particulièrement que Rémi Garde encourage ses joueurs offensifs à exercer une pression plus haute en territoire ennemi, ce qu’on voyait moins l’an passé

«J’aime ça, insiste Nacho. Les trois attaquants, nous sommes tous ensemble et ça ne laisse pas d’espace, ça nous permet de gagner le ballon plus haut et ça nous rapproche de la porte.»

Bonne acquisition

Quand l’Impact a acquis Maximiliano Urruti du FC Dallas, il y a eu plusieurs sceptiques, mais l’Argentin de 28 ans avait déjà des partisans dans sa nouvelle équipe.

Evan Bush est au nombre de ceux qui ont applaudi la décision de l’équipe d’aller chercher un avant-centre qui a plusieurs dimensions. «L’acquisition de Maxi est passée sous le radar de la MLS, partiellement parce que personne ne porte attention à Montréal», a insisté le gardien.

Selon lui, Urruti et son grand volume de jeu en font le partenaire idéal pour un joueur comme Piatti.

«Dans les deux ou trois dernières années, j’ai eu beaucoup de plaisir à le regarder jouer, et pas seulement pour son jeu offensif et sa capacité de marquer des buts.

J’aime la façon dont il est capable de se mettre au service des ailiers et des fabricants de jeu. Il est aussi capable de défendre et de déranger les arrières centraux.»

Dérangeant

Comme gardien, Bush a le meilleur siège possible pour évaluer le travail de son nouveau coéquipier.

De la façon dont il le décrit, on a affaire à un genre de Quincy Amarikwa, mais dans une version à la fois plus talentueuse et plus raffinée.

«Il est dérangeant, mais de façon subtile. Je serais curieux de savoir combien de fautes et de cartons il a provoqués chez l’adversaire juste parce que tu finis par être tanné de l’avoir dans le visage.»

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La force tranquille de Rémi Garde

Rémi Garde élève rarement la voix et perd très peu son calme. Cette capacité à se maîtriser se reflète sur l’attitude générale de ses joueurs.

«On a eu des entraîneurs comme Frank Klopas et Marco Schällibaum qui étaient flamboyants alors que Rémi n’est pas comme ça», explique Evan Bush qui a vu passer sept entraîneurs depuis son arrivée à Montréal en 2011.

«Rémi ne nous laisse pas nous emporter et fait en sorte qu’on ne déprime pas trop non plus. On est assez constants sur le plan de l’attitude et du moral.

«On ne prend pas trop de temps pour regarder comment s’est passé le dernier match, on regarde surtout devant nous.»

C’est surtout pour cette raison qu’on a l’impression qu’il règne une sorte de confiance tranquille au sein de l’équipe à l’approche du premier match de la saison, demain.

«Nous faisons preuve d’un optimisme prudent, nous ne voulons pas être arrogants, nous n’aurions pas de succès de cette façon», a avancé Bush.