Canadiens

Pas question de sacrifier «les Romanov, les Poehling... et même "KK"»

Publié | Mis à jour

Marc Bergevin a écouté des propositions, mais il a la plupart du temps raccroché rapidement. Le directeur général du Canadien n’a pas dérogé de son plan en refusant de céder un Ryan Poehling, Alexander Romanov ou même Jesperi Kotkaniemi pour attirer un joueur de renom à Montréal.

Dans une petite salle du Prudential Center de Newark, Bergevin a résumé sa journée de travail en cette date limite des transactions. Il n’a pas caché qu’il a lancé des lignes à l’eau pour obtenir du renfort, mais le prix à payer restait trop élevé.

«On a beaucoup d’espoirs, mais les mêmes noms revenaient toujours, a rappelé le DG du CH. Il y a certaines choses qu’on a regardées, mais pour obtenir les joueurs disponibles, nous n’avions pas de base de départ. On me demandait souvent des Romanov, Poehling et même du KK (Kotkaniemi). La discussion était très courte. Il fallait que je me pince pour voir si c’était le bon nom que j’avais compris.»

Les éternelles critiques

Bergevin n’a pas dit publiquement s’il a cogné à la porte de Pierre Dorion des Sénateurs d’Ottawa afin de s’enquérir des deux meilleurs attaquants disponibles sur le marché en Mark Stone et Matt Duchene.

«Les demandes pour des joueurs comme ça, sans en nommer un en particulier, c’était Kotkaniemi ou des joueurs comme ça, a insisté le DG du Tricolore. Pour moi, c’était un non en partant.»

« Le prix à payer, on le connaît en téléphonant, a-t-il poursuivi. Si j’avais donné ce qu’on m’a demandé, vous m’auriez traité d’idiot. Si tu entres en séries et que tu as des chances et que tu as un bon gardien, tu ne sais jamais ce qui peut survenir. Tu regardes des équipes comme Los Angeles dans le passé (2012). Ils avaient à peine fait les séries. Les équipes de première place peuvent sortir au premier tour. Le prix à payer pour rendre notre équipe vraiment meilleure était trop cher.»

Bergevin n’a pas peur de se faire critiquer pour sa prudence ou sa sagesse à la date limite des transactions.

«Les partisans n’ont aucune idée du prix à payer pour le renfort. Si j’avais payé le prix demandé, on m’aurait critiqué encore plus. De toute façon je suis critiqué.»

Un vote de confiance

Toujours dans le portrait des séries en occupant l’une des deux places parmi les équipes repêchées, le CH aura ajouté de la profondeur à son équipe au cours des dernières semaines sans réaliser un coup d’éclat.

Bergevin a acquis les centres Nate Thompson et Jordan Weal, l’ailier Dale Weise et le défenseur Christian Folin. Il n’a pas touché au noyau fort de l’équipe en greffant seulement des joueurs pour son quatrième trio et un septième défenseur. Il a ainsi offert un vote de confiance aux joueurs à l’intérieur de son vestiaire.

«Ce que le groupe a fait, on a dépassé les attentes de beaucoup de monde, a-t-il mentionné. C’est un groupe qui croit en lui, on n’a pas de raison de ne pas continuer dans la même direction pour faire les séries.»

«Je m’attends à ce qu’ils continuent sur la même lancée. C’est serré, on va se battre jusqu’à la fin, mais je crois en ce groupe-là. Il y a de l’énergie positive, ce ne sera pas facile, mais je suis conscient qu’on va continuer dans la bonne direction.»

Bergevin a aussi réitéré sa confiance en Antti Niemi comme gardien numéro deux à Carey Price.

«Non, je n’ai pas exploré le terrain pour un autre gardien, a-t-il répondu. Jusqu’à maintenant Niemi a eu de soirées difficiles, mais dans l’ensemble, on est satisfaits de son rendement. J’aime l’esprit d’équipe, je ne voulais pas le débarquer de ça.»

En optant pratiquement pour le statu quo, Bergevin a gardé intacte sa banque d’espoirs et de choix.

«C’est la seule manière à long terme de bâtir, a-t-il répliqué. Si on parle de transactions, tu dois donner des joueurs et tu obtiens les joueurs en les repêchant. Tu vas être chanceux parfois avec les joueurs autonomes. On est dans une bonne place et on espère avoir de bons choix au prochain repêchage.»