Ski acrobatique FIS

Crédit : Martin Chevalier / JdeM

Ski et planche

Kingsbury et Marquis raflent l'or et l'argent au Japon

Publié | Mis à jour

Réussissant un saut qui était encore du jamais-vu en Coupe du monde, le Québécois Mikaël Kingsbury a triomphé samedi, à Tazawako au Japon, alors que son compatriote Philippe Marquis l'a suivi au deuxième rang.

«Je n'avais pas vraiment de stratégie établie jusqu'à temps qu'il se mette à faire vraiment beau avant les finales, a raconté Kingsbury, au terme de la compétition. À la dernière minute, j'ai décidé de préparer un "cork 1440". Je ne l'avais pas fait depuis cet été. Je l'ai bien atterri en entraînement.»

Kingsbury a répété la manœuvre, qui consiste à quatre rotations complètes dans les airs, en super-finale pour obtenir un pointage de 86,40. Il a ainsi remporté la 55e victoire de sa carrière en Coupe du monde.

«C'est vraiment spécial d'être le premier à réussir ce saut en Coupe du monde, a-t-il ajouté, partageant par la suite son plaisir de voir Marquis à ses côtés sur le podium. De faire un doublé canadien avec Phil, c'est vraiment une journée parfaite.»

Marquis a terminé deuxième avec une marque de 83,67 tandis que l'Américain Bradley Wilson a complété le podium (80,47).

En atterrissant le "cork 1440" en super-finale, Kingsbury ajoutait de la pression au Japonais Ikuma Horishima, qui s’élançait après le champion québécois. Le skieur nippon a ainsi tenté une manœuvre semblable, mais n’a pas été en mesure de la réussir pour conclure la super-finale au sixième échelon.

Surnommé le «king des bosses», rappelons que Kingsbury avait été sacré champion du monde deux fois plutôt qu'une à Deer Valley, il y a deux semaines.

Tout près de la troisième marche

Chez les femmes, la Québécoise Justine Dufour-Lapointe a terminé au pied du podium, soit au quatrième rang, avec 76,70 points. La Kazakh Yulia Galysheva a obtenu une note de 76,92 pour rafler la médaille de bronze.

La Française Perrine Laffont a dominé la compétition, devant l’Australienne Jakara Anthony. Chloé Dufour-Lapointe, 13e, ne s'est pas qualifiée pour la super-finale.

Dans la nuit de samedi à dimanche (heure du Québec), les skieurs avaient à nouveau rendez-vous sur la piste pour l’épreuve des bosses en parallèle.

*****************

Surréel pour Philippe Marquis

Considérant son parcours des dernières années, la médaille d’argent obtenue par le Québécois Philippe Marquis, samedi au Japon, vaut son pesant d’or.

«Je me suis réveillé ce matin et j'ai dit à Mikaël (Kingsbury) que j'y allais pour la victoire, a raconté Marquis, à l’issue de la compétition. Et il m'a dit la même chose. Évidemment, il n'y a pas deux premières places. J'ai tellement bien skié. Ma technique était parfaite et j'ai augmenté la cadence en vitesse et dans les airs. Tout s'est juste tellement bien déroulé. C'est surréel.»

Ce podium à Tazawako est d’autant plus savoureux pour Marquis puisqu'il prendra sa retraite sportive dans quelques semaines. Un événement réunissant famille, amis et médias est d’ailleurs prévu à cet effet, le 10 mars, à Stoneham. Il fera alors une dernière descente symbolique là où tout a commencé pour lui il y a 22 ans.

Une leçon de courage

Marquis, qui est aujourd’hui âgé de 29 ans, avait fait preuve de courage aux Jeux olympiques de Pyeongchang, en février 2018, en foulant la piste malgré une grave blessure au genou droit. Il avait finalement terminé au 20e rang. L'état de son genou l'avait forcé à rendre les armes durant la deuxième de trois finales. À la suite du premier saut, il s’était retrouvé en difficulté et avait ensuite quitté la piste.

«C’est triste, mais c’est le pari que j’avais pris en venant ici et je savais que ça pouvait arriver à chaque descente, avait-il alors déclaré. Pour être honnête, ça faisait trois semaines que j’avais l’estomac dans la gorge lorsque je me retrouvais en haut de la piste.»

En ajoutant une médaille d’argent grâce à une descente de 83,67 points à Tazawako, Marquis a une fois de plus prouvé qu’il aura fait partie des grands de son sport.