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Sports aquatiques

Mélissa Citrini-Beaulieu rêve aux Jeux olympiques

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Il y a eu l’attachant duo composé de Meaghan Benfeito et Roseline Filion et voici maintenant celui de Jennifer Abel et... Mélissa Citrini-Beaulieu.

«C’est ma meilleure amie, mais c’est aussi celle que j’admire le plus en plongeon», a indiqué Citrini-Beaulieu, en parlant de sa partenaire en entrevue.

À 23 ans, l’athlète de Saint-Constant demeure un visage à découvrir dans l’équipe canadienne de plongeon. Elle complète un merveilleux tandem avec Abel pour l’épreuve du trois mètres synchro. Ensemble, elles ont remporté la médaille d’argent aux Championnats du monde de la FINA, à Budapest, en 2017. Citrini-Beaulieu et Abel rêvent maintenant d’un podium aux prochains Jeux olympiques de Tokyo.

«Mon rêve le plus fou serait que nous devenions championnes olympiques, Jenn et moi», a lancé Citrini-Beaulieu, les yeux brillants, tout en ajoutant que les étapes étaient encore nombreuses avant d’en arriver là.

«Ç’a toujours été un rêve pour moi d’aller aux Jeux olympiques, a poursuivi Citrini-Beaulieu. Ç’a toujours été dans mon cœur depuis je suis jeune. Ça s’en vient, ça devient plus concret et là, on dirait que j’en rêve encore plus. Je vois que cette opportunité est là et ça me fait capoter d’imaginer que je pourrais aller aux Jeux olympiques. Ce n’est pas fait encore, mais ça m’inspire pour poursuivre mon travail et pousser dans ce sens-là.»

Un podium aux prochains Mondiaux, en juillet en Corée du Sud, permettrait au duo d’amies de se qualifier pour Tokyo 2020.

Une confiance réciproque

À l’entraînement, Citrini-Beaulieu considère Abel comme un bel exemple à suivre au quotidien.

«J’apprends encore à tous les jours aux côtés de Jennifer, a-t-elle dit. Son éthique de travail est impeccable. Ça me motive. Je veux être la meilleure possible à côté d’elle. Nous sommes très proches, nous sommes des amies, mais en tant qu’athlète, je vais l’observer, je vais voir comment elle gère différentes situations. Juste d’avoir confiance l’une envers l’autre, c’est beaucoup.»

«Mélissa et moi avons une très belle chimie, a pour sa part noté Abel, qui avait terminé au quatrième rang en synchro, à moins d’un point du podium en compagnie de Pamela Ware, aux Jeux olympiques de Rio, en 2016. Mélissa est vraiment une jeune athlète qui a faim. Elle veut s’améliorer et elle le fait de jour en jour. Elle veut être à côté de moi. Elle veut donner le meilleur d’elle-même et c’est pour ça que notre équipe, on connaît du succès. On ne doute pas de l’effort qu’on donne.»

Concentrée sur le synchro

Fixée sur la tâche à accomplir aux côtés d’Abel, Citrini-Beaulieu a même délaissé les épreuves individuelles en prévision des Jeux de Tokyo.

«Je faisais de l’individuel avant aussi, mais là, je me concentre plus sur le synchro, a-t-elle confirmé. C’est là que l’énergie doit être mise. J’ai tellement de changements à faire pour raffiner mes plongeons et être aux côtés de Jennifer que ça prend toute mon énergie.»

Après Benfeito et Filion, qui avaient jumelé leurs efforts pour remporter des médailles de bronze au 10 mètres synchro aux Jeux de Londres (2012) et à ceux de Rio (2016), Abel et Citrini-Beaulieu pourraient à leur tour émouvoir le Canada en 2020.

-L’équipe canadienne de plongeon entamera sa prochaine saison en participant à une épreuve de la Série mondiale à Sagamihara, au Japon, du 1er au 3 mars.

Un exemple de persévérance

Si elle rêve d’une première participation aux Jeux olympiques, la plongeuse Mélissa Citrini-Beaulieu y voit, en plus d’un accomplissement personnel, une superbe occasion de redonner aux jeunes dans le futur.

«Je ne veux pas être une athlète olympique pour que le monde me connaisse, mais plus pour ce que ça signifie, a-t-elle indiqué. Ce qui me motive, c’est l’idée de pouvoir encourager des gens. J’ai toujours persévéré et travaillé vraiment fort. Je suis reconnue pour ça. J’ai beaucoup d’autres défauts, mais si je pouvais encourager un jeune à être persévérant, peu importe son but dans la vie, en raison d’un certain statut que j’aurais. Ça, oui, j’aimerais ça.»

Prendre part aux Jeux olympiques apporte inévitablement une crédibilité supplémentaire pour un messager. Pourtant, le plus important aux yeux de Citrini-Beaulieu demeure le parcours qui a été emprunté.

«Souvent, les gens voient le résultat final, mais ils ne savent pas que ça fait des dizaines d’années que tu travailles chaque jour, chaque minute pour atteindre cet objectif-là», a-t-elle fait valoir.

Un long processus

Dans le cas de Citrini-Beaulieu, elle n’avait que 4 ans lorsqu’elle a commencé à plonger à la piscine de Châteauguay.

«J’ai ensuite fréquenté le club CAMO dès l’âge de 6 ans et je n’ai jamais arrêté, a-t-elle indiqué. Quand j’étais jeune, il y avait beaucoup de gens qui avaient été aux Jeux olympiques qui s’entraînaient au Centre Claude-Robillard. Ça faisait un peu partie de mon quotidien. C’était impressionnant, mais pour moi, c’était concret.»

Toute petite, elle s’inspirait en regardant Alexandre Despatie et Émilie Heymans, puis par la suite Jennifer Abel, Meaghan Benfeito et Roseline Filion, entre autres.

«Au début, quand tu es jeune, tu te demandes comment ils font pour être bons comme ça, a-t-elle raconté. Tu ne peux même pas t’imaginer atteindre un tel niveau un jour, mais finalement, avec le travail, ça finit par arriver. C’est un long processus.»

Déjà, avant même de participer aux Jeux olympiques de Tokyo, Citrini-Beaulieu est probablement devenue elle-même une inspiration pour les espoirs de demain.