Marc-Andre LeCouffe

Photo : Marc-Andre LeCouffe Crédit : AFP

LHJMQ

Un record de médiocrité à la portée du Titan

Un record de médiocrité à la portée du Titan

Mikaël Lalancette

Publié 21 février
Mis à jour 21 février

Les partisans du Titan d’Acadie-Bathurst se souviendront longtemps de la saison 2017-2018. L’équipe a tout raflé sur son passage et a fait une démonstration de force en grande finale du tournoi de la Coupe Memorial.

En analyse, le pilote des Pats de Regina, John Paddock, a résumé la performance du Titan de la meilleure façon possible: «Il nous aurait fallu une deuxième rondelle pour pouvoir jouer avec eux!»

Il y a belle lurette qu’on n’avait pas vu pareille domination d’une formation de la LHJMQ en conclusion du dernier rendez-vous de hockey junior au pays.

Au sein même de l’organisation, on savait bien que les lendemains de la conquête du Titan seraient difficiles. Il y avait une partie du soulagement d'avoir gagné qui était liée à cette reconstruction à venir.

Plusieurs éléments-clés ont quitté Bathurst pour l’aventure du hockey professionnel. On peut penser à Evan Fitzpatrick, Jeffrey Truchon-Viel et Olivier Galipeau, par exemple.

Le Titan a aussi troqué plusieurs joueurs dans un désir de regarnir sa banque de choix de repêchage. L’expérience des Samuel Asselin, Keenan MacIsaac, Ethan Crossman, Justin Ducharme, Samuel L’Italien et les autres a beaucoup rapporté au Titan sur le marché des transactions.

Ne restait que Noah Dobson et il a fait ses valises pour le Mondial junior avec l’assurance de ne pas retourner à Bathurst à la conclusion du tournoi. On connaissait les choix obtenus en retour, les Saguenéens étant un intermédiaire dans cette transaction à trois équipes.

Derrière le banc, tous les entraîneurs qui étaient de la conquête du Titan ont quitté l’équipe de la région Chaleur.

Mario Pouliot est devenu entraîneur-chef et directeur général des Huskies, Bryan Lizotte a été promu puis il a quitté l’équipe quelques semaines après le début de saison, et Alexandre Guérard est retourné à Québec comme entraîneur adjoint du Blizzard du Séminaire St-François.

Sylvain Couturier, l'homme fort de l'équipe

Ne reste que le grand patron du Titan, Sylvain Couturier, qui n’en est pas à sa première reconstruction à Bathurst. C'est l'homme fort de l'équipe.

Pour l’instant, c’est à Mario Durocher que revient la lourde commande d’orchestrer la reconstruction du Titan derrière le banc.

Le chantier est vaste, les défis sont immenses. Avec 12 matchs à jouer avant la fin de saison, Bathurst accuse 78 points d’écart en comparaison avec la récolte de l’an dernier.

Le record de la pire détérioration d’une saison à l’autre (une baisse de 75 points de l’Océanic de Rimouski de 2004-05 à 2005-06) est donc en danger.

Ce qu’il y a de vraiment étrange avec les lendemains de victoires pour le Titan, c’est sa léthargie au Centre régional K.C. Irving de Bathurst.

Le Titan joue mieux sur la route (dossier de 6-22-1-0) que sur sa propre patinoire (1-23-2-1)!

L’avantage numérique peine à domicile avec un taux d’efficacité de 10,3%. Le rendement est presque le double sur les patinoires adverses (19,3%). À n’y rien comprendre...

On peut parler d’une saison quasi historique. Si rien n’est fait, l’équipe fera tomber le record de médiocrité d’une équipe à domicile : une triste marque qui appartient aux Dynamos de Shawinigan lors de la saison 1977-1978. Shawinigan avait bouclé sa saison à domicile avec une fiche de 2-32-2.

Et ce n'est pas rien : la saison de 3 victoires, 65 défaites et 4 matchs nuls des Dynamos représente toujours la pire équipe de l’histoire de la LHJMQ.

Les Huskies ne perdent plus chez eux

Si le Titan en arrache à domicile, on ne peut pas en dire autant des Huskies, qui viennent de remporter leurs 19 dernières joutes locales.

Quand les hommes de Mario Pouliot mènent après 40 minutes à domicile, ils l’ont toujours emporté (19 en 19).

Mieux encore, 16 des 25 victoires des Huskies à Rouyn-Noranda ont été obtenues par au moins trois buts d’écart. Personne ne fait mieux cette saison dans la LHJMQ.

Plus rien ne semble vouloir arrêter les Huskies.

Est-ce qu’ils vont perdre un match d’ici la fin de la saison?

Si les Huskies remportent tous leurs matchs à jouer du calendrier régulier, ils vont boucler la saison avec une séquence de 30 gains consécutifs.

Trente victoires de suite dans une saison, jamais une équipe n’a réalisé pareil fait d’armes dans l’histoire de la LHJMQ.

Les meilleures séquences de victoires?

Les Éperviers de Sorel (25-0) en 1973-1974, les Olympiques de Hull (24-0) en 1995-1996 et les Sea Dogs de Saint-Jean (22-0) en 2009-2010.

Ironie du sort, aucune des trois n’a toutefois remporté la coupe du Président cette année-là!

Les Huskies peuvent donc passer à l’histoire.

À mon sens, deux équipes peuvent freiner cette séquence de feu. Les Voltigeurs de Drummondville (deux affrontements sont à l’affiche) et les Mooseheads de Halifax.

D’ailleurs, nous vous présenterons sur les ondes de TVA Sports le duel entre les Huskies et les Voltigeurs à Rouyn-Noranda vendredi prochain.

Ça promet d’être tout un match!