Lawrence Stroll

Photo : Lawrence Stroll Crédit : Martin Chevalier / JdeM

F1

Stroll: la saison 2020 déjà dans la mire

Publié | Mis à jour

Lawrence Stroll ne regrette certes pas d’avoir quitté l’écurie Williams, qui a fait courir son fils Lance pendant deux ans en F1, pour se porter acquéreur de Force India l’été dernier.

Le timing, comme on dit, était on ne peut plus favorable pour le milliardaire montréalais et son groupe de partenaires.

Autant les déboires de Williams l’an passé l’ont mis en colère à maintes reprises, autant cette nouvelle aventure avec Racing Point lui fait retrouver le sourire.

Enthousiaste vous dites ? Il respire le bonheur. Si bien qu’il a pris du temps cette semaine pour converser pendant quelques minutes avec le représentant du Journal. Une rencontre imprévue dans le paddock du circuit de Barcelone-Catalogne, avouons-le.

C’est la seule façon de l’aborder, en espérant qu’il soit d’humeur à discuter. Et il l’était !

Mettons les choses au clair, son équipe de relationnistes n’acceptera jamais d’organiser une rencontre de presse pour lui soutirer ses commentaires. Le mot d’ordre est passé. C’était la même chose chez Williams.

S’il était présent à Toronto, pour le lancement de la nouvelle livrée de sa monoplace récemment, jamais il n’est apparu devant les caméras.

Une main-d’œuvre qualifiée

Stroll a flairé la bonne affaire l’été dernier.

«Cette équipe était pratiquement en faillite quand nous l’avons achetée, raconte-t-il. Nous l’avons sauvée. Si nous n’étions pas intervenus d’abord pour absorber ses dettes et pour en faire l’acquisition par la suite, il n’y aurait probablement que neuf écuries en F1 cette année.»

Stroll a réussi en affaires partout où il est passé. Il ne s’implique pas en F1 pour y perdre de l’argent.

«Nous avons une vision à long terme très claire, explique-t-il. Les essais de cette semaine sont non seulement en fonction de cette saison, mais aussi de 2020. On ne vous cache rien. D’ailleurs, toutes les équipes sont déjà à développer leur monoplace de l’an prochain. Cette écurie a un potentiel énorme. Sa main-d’œuvre est d’une compétence exceptionnelle. Malgré des moyens limités, elle a fait des miracles ces dernières années.

«Et avec la nouvelle démarche de la F1 de vouloir imposer un plafond budgétaire en 2021, c’est très prometteur. On va donner à Racing Point, enchaîne-t-il, le budget pour progresser davantage. La voiture que vous avez vue cette semaine ne sera pas la même qui va participer à la première course de la saison dans quelques semaines.

«Et attendez-vous à une nette évolution quand nous reviendrons en mai pour le Grand Prix d’Espagne.»

Toronto plutôt que Montréal

Certains observateurs ont critiqué Stroll d’avoir organisé récemment son lancement de voiture à Toronto plutôt qu’à Montréal.

Il a réitéré les propos qu’il nous avait tenus dans la Ville Reine.

«Bien sûr qu’on aurait aimé le faire à Montréal dans le cadre du Salon de l’auto, répond-il. Mais il était organisé en janvier. C’était beaucoup trop tôt.

«La livrée de notre monoplace n’aurait pas été prête et les ententes avec certains de nos commanditaires n’étaient pas encore finalisées. Toronto était alors un bon choix.

«À Montréal, c’eût été aussi intéressant puisque mon père aurait pu y assister.

«Force India a toujours fait ses lancements à Silverstone où elle est installée, conclut-il. On aurait pu le faire là-bas, mais notre suggestion de tenir l’événement au Canada a fait l’unanimité auprès de notre organisation.»

La voiture présente à Toronto n’était en réalité qu’une monoplace de l’écurie Force India utilisée l’an dernier, mais décorée à ses nouvelles couleurs et à laquelle on a greffé le nouvel aileron prescrit cette année en F1.

Ce bolide sans moteur est d’ailleurs resté au pays.

Gageons qu’il sera présent au circuit Gilles-Villeneuve lorsque le Grand Prix du Canada organisera sa conférence de presse, quelque part en mai, pour lancer non seulement les activités de l’édition 2019, mais aussi pour présenter ses installations fraîchement renouvelées.