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«Je voulais me retirer au sommet» - Georges St-Pierre

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Après une carrière de 15 ans et plusieurs conquêtes de titres dans l’Ultimate Fighting Championship (UFC), Georges St-Pierre a officiellement tiré sa révérence des arts martiaux mixtes, jeudi matin, au Centre Bell. Une décision prise après un long processus de réflexion.

«Je voulais me retirer au moment où je suis au sommet de mon sport, a expliqué l’athlète de 37 ans lors d’une conférence de presse. Ça prend beaucoup de discipline pour prendre cette décision.»

«C’est le bon moment pour le faire. Je souhaitais prendre ma retraite selon mes conditions avant de me le faire demander par quelqu’un d’autre.»

Même s’il s’entraine plusieurs fois par semaine au gymnase Tristar, St-Pierre a constaté un élément important chez lui. Celui qui fait son apparition chez les vétérans de tous les sports.

«Je n’ai plus le même appétit [pour la compétition] qu’à mes premières années, a indiqué l’ancien champion. Je ne suis plus la même personne.»

«Lorsque j’étais jeune, j’étais prêt à me battre contre n’importe qui et je m’en foutais, en pourvu que je sois dans l’UFC. Je n’avais pas d’argent. Je courais dans les rues avec des sacs de plastique dans les pieds en criant : "c’est la "guerrrreee"!". Ma motivation n’est plus la même.»

Par contre, on sent que la flamme brûle toujours à l’intérieur de «GSP». Celle qui ne s’éteint jamais pour les athlètes de sports de combat.

«Si j’avais battu Khabib [Nurmagomedov], il y aurait eu un autre combat après. Ça m’aurait donné le goût d’en refaire un autre parce qu’on m’aurait défié devant tout le monde, a-t-il expliqué. Je suis quelqu’un de fier. Ça me gruge.»

«C’est fini et ça arrête aujourd’hui. C’est la fin d’une belle histoire. C’est une bonne nouvelle pour moi et les gens qui m’aiment sont aussi heureux.»

Du stress et de l’anxiété

«GSP» a été victime de quelques blessures sérieuses au cours de sa carrière. Chaque fois, il est parvenu à revenir en force dans l’octogone. Cependant, ce sont celles sur le plan psychologique qui ont fait plus de ravages chez lui.

«Ce ne sont pas les coups à la tête qui ont fait le plus de dommages chez moi, a raconté la fierté de Saint-Isidore. Lorsque je tombais en camp, ma mentalité était différente des autres. Tout devait être parfait. J’étais très méticuleux dans ma préparation. C’était un mode de vie complètement fou.»

«Ça me grugeait beaucoup d’énergie et ça me causait beaucoup de stress et d’anxiété. On sait maintenant que le stress peut mener à des maladies comme le cancer. De prendre ma retraite, c’est de me libérer de cet énorme stress.»

Le combattant a toujours eu du plaisir à s’entraîner et à repousser les limites de son sport. Par contre, cette joie disparaissait lors de la journée d’un combat.

«Me battre, je n’aime pas vraiment cela. La facette de mon travail que je détestais le plus, ce sont les combats. Je n’ai jamais eu un moment de plaisir lors de ces journées. Je n’ai jamais aimé me battre.»

«Par contre, j’aimais le sentiment qui accompagnait une victoire. C’est indescriptible. Combattre, ce n’est pas qui je suis. C’est ce que j’aime faire dans la vie.»

Plusieurs compagnies

Avec ses nombreux millions de dollars en banque, St-Pierre est dans une situation très avantageuse pour son après-carrière. Son argent a été bien investi.

«Je possède plusieurs compagnies. Si je ne fais pas le con, je suis correct jusqu’à la fin de ma vie sur le plan financier.»

«Ça fait longtemps que je suis dans cette position, même avant mes deux derniers combats. J’ai de bons conseillers. Je vais me trouver d’autre chose à faire après mes vacances.»