Daniil Kvyat

Photo : Daniil Kvyat Crédit : AFP

F1

Moment de gloire... éphémère pour Daniil Kvyat

Publié | Mis à jour

Daniil Kvyat a créé la surprise, s’il en est une, en réalisant mercredi le chrono le plus rapide de la troisième journée des essais hivernaux à bord de sa Toro Rosso.

Le pilote russe, revenu en F1 après en avoir été chassé en 2017, a parcouru le circuit de Barcelone-Catalogne en 1 min 17,704 s, ce qui devient jusqu’ici — mais sûrement pas pour longtemps — le nouveau temps de référence.

En matinée, Kimi Räikkönen avait réussi à se maintenir en tête au volant de son Alfa Romeo en bouclant le circuit en 1 min 7,762 s.

Ces essais préparatoires, surtout lors de la première semaine qui s’achèvera jeudi, sont l’occasion pour toutes les équipes de découvrir leur nouvelle monoplace et de tenter une multitude d’expériences.

Or, ce rare moment de gloire pour Kvyat, qui n’a jamais rien cassé en F1, s’explique par le fait qu’il a été l’un des deux seuls pilotes (avec Räikkönen justement) à avoir chaussé sa voiture des gommes les plus tendres de la gamme Pirelli.

Ce composé (identifié au code C5) est le plus performant, mais c’est aussi celui qui se dégrade le plus rapidement.

L’Australien Daniel Ricciardo s’est pointé au troisième rang avec sa Renault chaussée de pneus un peu moins tendres.

Ferrari engrange les tours

Pour la première fois en trois jours, l’écurie Ferrari n’a pas vu un de ses pilotes réaliser à la fois le meilleur chrono et franchir la plus grande distance.

Peu importe, Sebastien Vettel, qui a pris le relais de son coéquipier Charles Leclerc mercredi, s’est classé quatrième tout en ajoutant 134 tours au compteur.

La Scuderia, qui a démontré une grande fiabilité depuis lundi, garde sans doute le meilleur pour la semaine prochaine au chapitre de la performance. Même s’il s’est contenté de gommes médium, l’Allemand n’a concédé qu’un peu moins de six dixièmes de seconde au meneur.

Même situation chez Mercedes, dont les deux porte-couleurs, Lewis Hamilton et Valtteri Bottas, se sont montrés discrets depuis la rentrée.

Mais ce n’est qu’une question de temps avant de les voir ressurgir. Les Flèches d’Argent remettront les pendules à l’heure tôt ou tard.

Pour un, le quintuple champion du monde s’est fait le cobaye une bonne partie de l’après-midi pour tester des prototypes de pneus qui n’ont aucun code.

Pérez voit une amélioration

Quant à Sergio Pérez, il a pu doubler sa production en bouclant 67 tours du tracé qui sera le théâtre du Grand Prix d’Espagne en mai. Il avait été limité à 30 tours il y a deux jours.

Malgré une 10e place et un temps modeste de 1:20,102 (réalisé avec des pneus médium), le Mexicain de 29 ans s’est montré satisfait du comportement de sa Racing Point.

«Nous avons fait beaucoup de progrès, a-t-il déclaré à sa sortie de voiture.

Notre journée s’est terminée plus tôt que prévu en raison d’une légère sortie de piste sans gravité causée par un pépin mécanique.

«Mais ce n’est rien d’alarmant, a-t-il poursuivi. Après deux jours, je commence à apprivoiser la voiture, qui montre un bel équilibre.»

Pérez cédera jeudi le volant à son jeune coéquipier Lance Stroll (inactif mercredi), avant la pause de quatre jours.

La Williams roule enfin!

Il était exactement 14 h 27, heure locale, quand la Williams a pu enfin sortir des puits de ravitaillement.

À son bord, George Russell a effectué un tour de reconnaissance, puis il est rentré pour permettre à ses mécanos et ingénieurs de vérifier le bon fonctionnement de la FW42.

Une heure plus tard environ, le jeune pilote britannique a pu enfin s’exprimer à bonne vitesse. La voiture était arrivée tôt en matinée après deux jours de retard.

Malgré tous ses déboires, Claire Williams ne s’est pas cachée. Elle a affronté les journalistes avec sérénité, un beau geste de sa part.

«C’est très gênant, a-t-elle reconnu d’entrée de jeu, d’avoir constaté que notre équipe était la seule du plateau à ne pas être prête à rouler lundi. À vrai dire, c’était horrible de vivre une telle situation. Je n’irai pas dans les détails, mais on réglera nos problèmes à l’interne, pas sur la place publique.

«Je pense qu’on a tenu les choses pour acquises en sachant pourtant que le temps avançait rapidement, a-t-elle renchéri. Mais je ne chercherai pas les excuses...»

Russell n’a évidemment rien fracassé et son parcours s’est terminé après seulement 23 tours.

Sans surprise, la Williams s’est classée bonne dernière avec un retard de près de cinq secondes sur le détenteur du 12e rang et huit sur Kvyat.

L’équipe prévoit une première journée complète d’essais jeudi avec l’entrée en scène en matinée d’un revenant, le Polonais Robert Kubica.