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Soccer

Manchester City renverse Schalke in extremis, l'Atlético blanchit la Juventus

Agence France-Presse

Publié | Mis à jour

L'expérience a fait la différence! Menés 2-1 jusqu'à la 85e minute, Manchester City réduit à 10 s'est imposé 3-2 à Schalke mercredi, après un match pourtant peu convaincant pour un candidat à la victoire en Ligue des champions.

«Nous n'atteindrons pas la dernière phase de la compétition si nous ne nous améliorons pas», a mis en garde le coach de City, Pep Guardiola, après le match.

Il a d'abord fallu une merveille de coup franc direct de Leroy Sané, l'ancien de Schalke, pour que Manchester City égalise à la 85e minute. Quatre minutes plus tard, la fusée Raheem Sterling profitait d'un mauvais placement de la défense pour donner la victoire au leader du championnat d'Angleterre.

«À la fin, c'est la qualité des joueurs qui a fait la différence», a ajouté Guardiola.

Trois buts avaient été marqués en première période. Après l'ouverture du score par Agüero, Bentaleb avait réussi deux penaltys pour Schalke.

En empruntant le tunnel de la Veltins Arena, représentant un couloir de mine, hommage de la Ruhr à son passé houiller, les vedettes de City ne s'attendaient probablement pas à devoir aller à ce point au charbon, contre une équipe 14e de la Bundesliga, qui lutte pour ne pas glisser vers la zone rouge de relégation.

Guardiola, qui mène l'équipe pour la troisième saison, était sous pression. Le club a massivement investi pour se donner les moyens de gagner la compétition reine, et le Catalan est un élément clé de cet investissement. Mais il a échoué deux fois de suite à atteindre le dernier carré, éliminé dès les 8e de finale par Monaco en 2016-2017, puis par Liverpool, le rival honni, en quarts la saison dernière.

Avant le match, il avait dit les choses très simplement: «Nous devons montrer le charisme et la personnalité nécessaires pour nous imposer à l'extérieur. Si vous voulez rêver et passer les tours dans la phase de KO, vous devez imposer votre jeu».

Il avait retenu pour ce faire une équipe sans surprise, laissant sur le banc au coup d'envoi le feu follet allemand Leroy Sané, pour aligner l'attaque de tontons flingueurs qui avaient éparpillé Chelsea 6-0 «façon puzzle» en Premier League début février: Sterling-Agüero-Bernardo Silva, sous la baguette du chef d'orchestre Kevin De Bryune.

Les Citizens n'ont même pas eu besoin de forcer leur talent pour ouvrir le score, Sergio Agüero profitant d'une grossière erreur de relance du gardien Ralf Fährmann dès la 18e minute.

Mais Schalke a repris l'avantage avant la pause grâce à deux penaltys transformés par Nabil Bentaleb (38e et 45e). Sur le premier, le jeu a été arrêté cinq bonnes minutes, le temps que l'assistant vidéo convainque l'arbitre que le tir de Caliguiri avait bien été dévié de la main par Otamendi. M. del Serro Grande a finalement accordé le penalty sans même aller consulter son écran de contrôle.

En seconde période, les Citizens ont longtemps poussé, tenté, frappé. En vain. Pire, ils n'ont pas été vraiment dangereux, tous leurs tirs lointains étant non cadrés, ou détournés par des défenseurs (De Bruyne, 47e, 74e, Agüero 52e, Bernardo Silva 77e).

L'exclusion de Nicolas Otamendi à la 68e minute pour un deuxième carton jaune aurait pu les condamner. Mais à dix, ils ont fait valoir leur supériorité individuelle, et retourné un match qui leur avait échappé pendant longtemps.

L'Atlético vainqueur de la guerre des blocs

Deux buts des grognards José Maria Gimenez et Diego Godin ont permis aux «Colchoneros» de forcer la Juventus (2-0) au terme d'un choc tactique et électrique entre prétendants à la Ligue des champions, mercredi en huitième aller.

Au stade Metropolitano de Madrid, deux des meilleures défenses d'Europe se sont longtemps neutralisées, malgré la présence du quintuple Ballon d'Or Cristiano Ronaldo, trop discret côté turinois.

Et quoi de plus mérité que ce soit la défense 100% uruguayenne de l'«Atléti» qui ait débloqué le score? Gimenez a taclé dans la cage un corner cafouillé par l'arrière-garde turinoise (78e), puis le capitaine Godin a marqué à angle fermé, là aussi sur coup de pied arrêté (83e).

Ce net avantage avant le match retour, le 12 mars à Turin, récompense l'allant de l'Atlético: le club «rojiblanco» a eu les meilleures occasions, à l'image de cette tentative sur la transversale d'Antoine Griezmann (53e), et aurait pu ouvrir la marque quelques minutes plus tôt sans l'intervention controversée de l'arbitrage vidéo (VAR) qui a annulé un but d'Alvaro Morata pour une poussette préalable (70e).

«Nous avons obtenu un excellent résultat», a savouré Godin. «Nous avons surmonté les moments contraires du VAR et du match.»

Vu la prestation manquée de Ronaldo, recruté à l'intersaison précisément pour ces sommets-là, la Juventus va pouvoir remâcher ses idées noires. Et l'accident industriel guette la «Vieille Dame» qui a lourdement investi, notamment sur «CR7», afin de gagner une troisième C1.

À l'inverse, l'Atlético peut continuer à rêver de disputer la finale à domicile le 1er juin, dans son stade Metropolitano qui a vibré et chanté à pleins poumons mercredi soir.

De retour de blessure et titulaire surprise dans cette ambiance bouillante, Diego Costa a cru être décisif lorsque Mattia De Sciglio l'a crocheté à l'angle de la surface. L'arbitre a d'abord sifflé penalty avant de convertir la sanction en coup franc à l'entrée de la surface après recours à la VAR (27e).

Lancé dans l'espace par Griezmann, Costa a aussi raté un face-à-face avec le gardien adverse en ouvrant trop son pied (50e).

À défaut, l'avant-centre hispano-brésilien a libéré des espaces pour le Français, très en vue: quel sang-froid pour tenter un petit lob que le portier Wojciech Szczesny n'a pu que détourner sur la barre (53e)! Et quelle activité défensive!

«Je me sens en pleine confiance, j'adore ces gros matches», a savouré Griezmann au micro de RMC Sport. «On prend du plaisir, j'essaie de prendre le jeu à mon compte et d'amener l'équipe le plus haut possible.»

Bref, le Français a davantage brillé que son rival Ronaldo dans leur duel à distance: le Portugais n'a eu à son actif qu'un coup franc sorti par le gardien de l'Atlético Jan Oblak (9e) et il a raté le ballon de la réduction du score dans le temps additionnel, expédiant sa tête au-dessus (90e+2).

Ronaldo connaissait pourtant le brûlant contexte «colchonero» pour l'avoir souvent affronté avec le Real Madrid, voisin honni des «Matelassiers»!

D'entrée, son nom a été copieusement sifflé. Et des huées l'ont accompagné tout le match, jusqu'à un chant faisant allusion à sa récente condamnation en Espagne pour fraude fiscale. Pour toute réponse, Ronaldo a montré au public cinq doigts, comme le nombre de C1 à son palmarès... contre aucune pour l'Atlético.

On l'a vu néanmoins s'agacer de ne pas recevoir le ballon dans de bonnes conditions, comme à ses plus tristes heures madrilènes. À 34 ans, le meilleur buteur de l'histoire de la C1 (121 buts) n'a pas été mercredi le facteur X censé permettre à la Juve de franchir un palier. Pourra-t-il se reprendre au retour ?

Au final, loin des recrues ronflantes et des attaquants bling-bling, l'Atlético l'a emporté avec ses grognards de toujours, les Godin, les Gimenez, et l'excellent Oblak, si vigilant. De quoi embêter encore la Juventus mi-mars...