Los Angeles jr Kings contre Mid Fairfield jr Rangers, Finale tournoi Pee Wee, Centre Videotron, Quebec, 19 fevrier 2017. PASCAL HUOT/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI

Stéphane Auger

Ce n’est qu’un jeu!

Ce n’est qu’un jeu!

Stéphane Auger

Publié 16 février 2019
Mis à jour 16 février 2019

Comme plusieurs d’entre vous, j’ai regardé l’émission JE cette semaine qui mettait en lumière des histoires invraisemblables impliquant des parents et leur organisation de hockey mineur.

Ça fait presque 45 ans que je sillonne les arénas. Comme joueur, arbitre, entraîneur, parent et  superviseur. Mon père a même été entraîneur, président d’un tournoi et du hockey mineur de ma ville quand j’étais jeune.

Je vous assure que j’en ai vu de toutes les couleurs.

Il y aura toujours place à l’amélioration, il n’y a pas de système parfait. On peut blâmer qui on veut, mais la responsabilité revient toujours aux parents. Saviez-vous que seulement un ou deux joueurs par année de naissance au Québec feraient carrière dans la LNH ? Même si c’était plus, la majorité des jeunes gagneront leur vie autrement qu’en jouant au hockey. Peut-on mettre l’accent sur le développement du jeune avant la victoire à tout prix?

Pourquoi ne pas mettre l’emphase sur le travail d'équipe, la communication et le respect ? Ces valeurs lui serviront pas mal plus dans sa vie de tous les jours.

Les entraîneurs sont majoritairement des bénévoles et je sais que ce n’est pas toujours évident de composer avec les parents. Avant le Bantam compétition, TOUS les joueurs devraient avoir sensiblement le même temps de glace. Vous êtes là pour mettre les jeunes en confiance, pas pour les faire douter! Le plaisir devrait toujours être la priorité.

Personnellement, je me souviens pas mal plus de mes anciens coéquipiers, des tournois et du plaisir que j’ai eu en jouant au hockey, que les victoires et défaites dans une saison. Et pour les parents-entraîneurs qui ne sont là que pour s’assurer que votre fille ou fils ait du temps de glace, vous n’êtes pas à la bonne place!

En tant que jeune arbitre, j’ai vécu plus d’une fois les injures d’adultes dans les estrades. J’ai vu des adultes que je connaissais depuis des années, souvent des connaissances de mes parents, ne plus nous adresser la parole parce qu’ils n’avaient pas aimé ma façon d’arbitrer! Je n’avais que 15 ou 16 ans à l’époque. Ça n’en valait sûrement pas la peine, parce qu’aucun de ces jeunes ne joue dans la LNH aujourd’hui!!

Un de mes meilleurs amis est allé voir son fils arbitrer plus tôt cette année et il a dû intervenir parce qu’un parent hurlait après son garçon. Le jeune officiel n’a que 16 ans, il apprend à arbitrer. Soyez responsable. Saviez-vous que l’on a perdu quelque 600 officiels au Québec l’an dernier?

Les guides, programmes et initiatives pour accompagner les parents ne peuvent nuire, mais c’est le comportement des adultes qui doit changer. Avant de crier, de vous engueuler ou demander le retrait d’un joueur d’une équipe parce qu’il n’est pas assez bon à vos yeux, posez-vous la question : est-ce que je me comporterais de la sorte si c’était mon jeune?