Lutte

PCO, le grand gagnant de la 15e édition des prix de l’année dans la lutte québécoise

PCO, le grand gagnant de la 15e édition des prix de l’année dans la lutte québécoise

Patric Laprade

Publié 08 février
Mis à jour 08 février

PCO, le grand gagnant de la 15e édition des prix de l’année dans la lutte québécoise

Les prix de l’année sont les plus respectés et les plus crédibles au Québec. Ils existent dans cette forme depuis 2004. Un comité est formé et choisi par l’auteur de ces lignes et contient en moyenne entre 10 et 20 personnes. Ce sont des personnalités liées au monde de la lutte québécoise, soit par leur implication pour une ou des promotions, soit par le nombre de promotions et d’événements différents qu’ils voient chaque année. Les rangs sont attribués selon un système de pointage. Uniquement ce qui se déroule sur la scène indépendante au Québec et à Ottawa (historiquement, Ottawa est un territoire qui a toujours appartenu aux promotions de lutte de Montréal) est considéré et non pas ce qui se passe à la WWE, sauf pour les nouvelles de l’année. Je suis fier d’attribuer ces récompenses année après année à des hommes et des femmes pour qui, bien souvent, la seule paie est une reconnaissance et souhaite que les prix de l’année dans la lutte au Québec puissent exister encore longtemps. Vous pouvez consulter l’historique de ces prix sur les sites lutte.com et lutte.quebec.

 

Prix Yvon-Robert/Top 10 des meilleurs lutteurs indépendants du Québec

1-PCO

2-Mike Bailey

3-Matt Angel

4-Marko Estrada

5-Thomas Dubois

6-Mathieu St-Jacques

7-Evil Uno

8-Stu Grayson

9-Benjamin Tull

10-Buxx Belmar

Mentions honorables: Big Magic; Markus Burke; Scott Parker; Brad Alekxis; Kevin Blanchard; Travis Toxic

 

Les années se suivent et ne se ressemblent pas. Qui aurait cru qu’à 51 ans, PCO (Carl Ouellet) remporterait le titre de lutteur de l’année au Québec? Ceci dit, il n’y a pas une once de nostalgie là-dedans. Il a pleinement mérité cette nomination. En 2018, il a lutté pour la ROH, PWG (le fameux tournoi BOLA), MLW, CHIKARA,  en plus de travailler en Allemagne, un peu partout aux États-Unis et au Canada. Au Québec, il a eu de gros matchs à l’IWS entre autres, alors que son match avec WALTER fut l’un des meilleurs cette année. Il s’agit de la première que Ouellet remporte ce prix, lui qui avait terminé deuxième en 2003. Il s’agit aussi d’un premier top 10 depuis 2009.

 

Le gagnant des trois dernières années, Mike Bailey, n’a rien à se reprocher pour autant. Il a remporté les titres par équipe de DDT au Japon, a lutté pour Progress et Revolution Pro au Royaume-Uni, en plus de lutter en Irlande et en Allemagne. Si ce n’était pas de son interdiction de lutter aux États-Unis, interdiction qui devrait prendre fin dans deux ans, il serait déjà signé avec NXT ou AEW. Au Québec, il a eu une autre belle année, alors que trois de ses combats se sont classés parmi les 15 meilleurs. Il fait partie de l’élite de la lutte québécoise, avec une cinquième présence parmi les deux meilleurs lutteurs en autant d’années. En troisième position on retrouve le Saguenéen Matt Angel, qui se retrouve dans le top 4 pour la toute première fois. Il a été champion partout où il est passé, mais c'est surtout la qualité de ses matchs qui l’ont permis d’être le meilleur lutteur à temps plein au Québec en 2018. Il a fait partie de trois des quatre meilleurs matchs de l’année et six des 15 premiers. Une année exceptionnelle. La constance de Marko Estrada fait peur : dans le top 4 depuis 2015 et dans le top 10 depuis 2013. Bien qu’il ait repris le titre de la NSPW, ce fut une année plus tranquille pour lui des matchs de l’année, ce qui explique qu’il n’ait pu gravir quelques échelons.

 

Les positions 5 et 6, de même que 7 et 8 sont particulières parce qu’on y retrouve quatre lutteurs qui connaissent aussi beaucoup de succès en équipe. Thomas Dubois et Mathieu St-Jacques, qui ensemble forment TDT, ont aussi connu une bonne année en simple. Particulièrement Dubois qui a participé dans quatre des 10 meilleurs matchs de l’année, lui permettant ainsi d’égaler son meilleur résultat en carrière avec sa 5e position (il avait aussi terminé 5e en 2013). St-Jacques de son côté fait partie du top 10 depuis 2010, un habitué quoi! Suivent Evil Uno et Stu Grayson, qui ensemble forment les Super Smash Bros. Les deux ont eu une solide année qui les a vus performer au Québec, en Ontario, mais aussi en Europe. Pour Benjamin Tull, il s’agit de son meilleur classement en carrière, lui qui avait terminé 14e l’an dernier et 24e il y a deux ans. Une belle progression pour l’athlète qui a connu, à part PCO, la plus belle amélioration. Quant à lui, Buxx Belmar est revenu à ses bonnes habitudes, c’est-à-dire terminer dans les 10 meilleurs lorsqu’il lutte une année pleine, lui qui avait été incommodé par une blessure au cou en 2016 et 2017. En terminant, notons que Big Magic et Scott Parker ont fini au pied du top 10, pour la seule raison qu’ils n’ont presque pas lutté dans la seconde moitié de l’année, eux qui se préparaient à signer avec NXT. Également, une page d’histoire se termine, alors que la séquence du lutteur ayant la plus longue séquence dans le top 10, Franky TM (The Mobster), se termine à 11.

 

Gagnants antérieurs :

2000 Chakal; 2001 Franky the Mobster; 2002 Keven Martel; 2003 Excess 69; 2004 Kevin Steen; 2005 Kevin Steen; 2006 Kevin Steen; 2007 El Generico; 2008 Kevin Steen; 2009 El Generico; 2010 El Generico; 2011 El Generico; 2012 Kevin Steen; 2013 Kevin Steen; 2014 Kevin Steen; 2015 Mike Bailey; 2016 Mike Bailey; 2017 Mike Bailey

 

Lutteuse de l’année

Vanessa Kraven

 

1re finaliste: LuFisto

2e finaliste: Stacy Thibault

3e finaliste: Sally

Mentions honorables: Mary Lee Rose; La Parfaite Caroline

 

Cela fait maintenant trois ans que Vanessa Kraven a mis fin au règne de LuFisto au Québec et 2018 a encore été une solide année pour « The Mountain ». Régulière à SHIMMER, elle a aussi lutté pour SHINE ainsi que pour toutes les promotions majeures au Canada. En février, elle a remporté le titre de Femmes Fatales. Cependant, une blessure en fin d’année l’a mise sur la touche et elle n’est toujours pas revenue. Pourtant, LuFisto a aussi eu une excellente année. Championne à JAPW et à Rogue, elle a lutté à SHIMMER, SHINE (où elle a aussi eu le titre), sans oublier l’Allemagne et le Mexique. Par contre, sa faible présence au Québec, même si dans les faits, ça ne devrait pas être un facteur, a joué contre elle. Loin des yeux, loin du cœur dit-on. La championne féminine de l’IWS Stacy Thibault est en à sa troisième présence consécutive dans le top 4 tandis que la championne féminine ALE Sally y fait son apparition pour la toute première fois.

 

Gagnants antérieurs :

2002 Preicous Lucy; 2003 LuFisto; 2004 LuFisto; 2005 LuFisto; 2006 LuFisto; 2007 Stéfany Sinclair; 2008 LuFisto; 2009 LuFisto; 2010 LuFisto; 2011 LuFisto; 2012 LuFisto; 2013 LuFisto; 2014 LuFisto; 2015 LuFisto; 2016 Vanessa Kraven; 2017 Vanessa Kraven

 

Équipe de l’année

TDT: Mathieu St-Jacques & Thomas Dubois

 

1er finaliste: Super Smash Bros. (Stu Grayson & Evil Uno)

2e finaliste: The Untouchables (Matt Angel & Travis Toxic)

3e finaliste: Les Flying Francis (Branden O’Connor & Matt Novak)

Mentions honorables: Montreal Elite (Brad Alekxis, Handsome Jean Frais, Benjamin Tull); Heavy Metal Chaos (Alextreme & James Stone); Kickin’N’Stompin’ (Stephen & Ivan Sullivan)

 

Quand on parle de dominance dans une catégorie, TDT nous vient en tête rapidement. Pour la 6e fois consécutive, St-Jacques et Dubois sont l’équipe de l’année, améliorant leur record à chaque fois. Ils ont été champions à l’IWS, la FLQ, ISW, ont lutté pour la NSPW, C*4 et Smash, mais au-delà des titres, ils livrent la marchandise à chaque match. S’il y a une équipe qui devrait profiter de la guerre de talents présentement dans le monde de la lutte, ce sont eux. En fait, eux et l’équipe qui a terminé deuxième, les Super Smash Bros. Si dominance est synonyme de TDT, constance est le synonyme des SSB. Pour la 12e fois de suite, Uno et Grayson font partie des quatre meilleures équipes au Québec. En 2018, ils ont lutté pour la Ring of Honor, au Royaume-Uni, à Smash à Toronto et ont été champions par équipe à la NSPW. Parlant de la promotion de Québec, l’équipe formée de Matt Angel et Travis Toxic, les Untouchables, ont réussi un exploit hors du commun en se frayant un chemin parmi les meilleures équipes malgré qu’ils n’aient été qu’une équipe que pour trois mois à peine. Signe de l’impact avec lequel ils ont frappé la scène. Finalement, les Francis, deux fois champions à Battlewar, se classent dans le top 4 pour la toute première fois.

 

Gagnants antérieurs :

2000 Deadly Venum; 2001 Hardcore Ninjaz; 2002 Hi-5; 2003 SLI; 2004 Twin Terrors; 2005 2.0; 2006 Adrenaline Rush; 2007 Kevin Steen et El Generico; 2008 Kevin Steen et El Generico; 2009 Kevin Steen et El Generico; 2010 Super Smash Bros.; 2011 Super Smash Bros.; 2012 Super Smash Bros.; 2013 TDT; 2014 TDT; 2015 TDT; 2016 TDT; 2017 TDT

 

Combat de l’année

Matt Angel c. Pete Dunne, 20/01, IWS

 

1er finaliste: Mike Bailey c. Flip Gordon, 07/09, LDDC

2e finaliste: Matt Angel et Travis Toxic c. Super Smash Bros., 13/10, NSPW

3e finaliste: Matt Angel c. Kobe Durst, 16/11, C*4

Mentions honorables: PCO c. WALTER, 14/07, IWS; TDT c. Trent Seven & Tyler Bate, 06/10, IWS; Matt Angel c. Thomas Dubois, 11/05, LDDC

 

Souvent j’entends dire que ce qui se passe en début d’année est malheureusement oublié au détriment de ce qui se déroule sur la scène dans les derniers mois. Je n’ai jamais cru à cette théorie et le match de l’année 2018 me donne raison. Car Matt Angel et Pete Dunne, oui, oui, le même Dunne qui est champion NXT UK, se sont affrontés dans un classique le 20 janvier 2018, il y a maintenant plus d’un an! Dunne rejoint les Young Bucks en étant un non-Québécois qui remporte la catégorie pour une deuxième année de suite, alors que son match avec Marko Estrada avait remporté la palme l’an dernier. Angel remporte le match de l’année pour la 3e fois en quatre ans, une constance qu’on n’avait pas vu depuis Kevin Steen. On le retrouve aussi deux autres fois, alors que deux des meilleures équipes se sont affrontées en octobre à Québec offrant tout un match à la foule présente, tandis que sa bataille avec Kobe Durst à Ottawa avait fait beaucoup jaser. En deuxième position, Mike Bailey et Flip Gordon ont fait lever les fans présents à la LDDC cet été.

 

Gagnants antérieurs :

2001 Hardcore Ninjaz c. PCP Manny et Green Phantom (IWS); 2002 Mathy 69 c. Keven Martel (ICW); 2003 PCO c. El Generico c. Kevin Steen (IWS); 2004 Kevin Steen c. Christopher Daniels (EWR); 2005 Kevin Steen c. Damian (IWS); 2006 Kevin Steen c. Viking (IWS); 2007 Kevin Steen c. Jay Briscoe (IWS); 2008 LuFisto c. Awesome Kong (ALF); 2009 LuFisto c. Cheerleader Melissa (FF); 2010 Kevin Steen c. Mathieu St-Jacques (NSPW); 2011 Kevin Steen c. Paul London (NSPW); 2012 El Generico c. Stupefied (NSPW); 2013 TDT c. Young Bucks (NSPW); 214 Young Bucks et Buxx Belmar c. Mike Bailey et Super Smash Bros. (C*4); 2015 Travis Toxic c. Matt Angel (NSPW); 2016 Matt Angel c. Cedric Alexander (NSPW); 2017 Marko Estrada c. Pete Dunne (NSPW)

 

Rivalité de l’année

Mathieu St-Jacques c. Benjamin Tull (Battlewar)

 

1er finaliste: Marko Estrada c. Matt Falco (NSPW)

2e finaliste: Matt Angel c. Frank Milano (IWS)

3e finaliste: Twiggy c. Frank Milano (Battlewar)

Mentions honorables: TDT c. The Fraternity (C*4); Evil Uno c. Femmes (LDDC); Evil Uno c. Stu Grayson (C*4)

 

Une catégorie qui a donné du fil à retordre au comité cette année, c’est finalement St-Jacques et Tull qui se sont sauvés avec la palme. Les deux ont non seulement eu de bons combats, mais aussi une rivalité intense autour des fameux matchs de malades à Battlewar. S’il y avait une catégorie des meilleurs « brawlers », un eu à la Bruiser Brody, Tomohiro Ishii ou Kevin Owens, St-Jacques et Tull y fera certainement partie. À la NSPW, Estrada et Falco a permis au clan des Untouchables de voir le jour, un des coups de génie de Michael Bisson depuis son retour. Le lutteur de deuxième génération Frank Milano a eu l’opportunité de faire de deux excellentes rivalités soit à l’IWS contre Matt Angel autour du championnat Canadien et à Battlewar avec nul autre que Twiggy.

 

Gagnants antérieurs :

2004 Kevin Seen c. El Generico; 2005 Kevin Steen c. Damian; 2006 Viking c. Exess; 2007 Exess c. Stéfany Sinclair; 2008 Beef Wellington c. PCP Manny; 2009 Samson c. Don Paysan; 2010 Kevin Steen c. El Generico; 2011 LuFisto c. Kalamity; 2012 LuFisto c. Mercedes Martinez; 2013 Dru Onyx c. Pat Guénette; 2014 Torture Chamber c. NCW; 2015 Salvation c. IWS; 2016 Montréal c. Québec; 2017 Montréal Elite c. NSPW

 

Lutteur le plus populaire

TDT

 

1er finaliste: Buxx Belmar

2e finaliste: Mike Bailey

3e finaliste: Vanessa Kraven

Mentions honorables: Matt Angel; Frank Milano; Stu Grayson

 

Suite au « heel turn » de Matt Angel à Québec, c’est TDT qui a repris son titre de plus populaire au Québec en 2018. Il est difficile d’être en désaccord. Ils sont encore les seuls à avoir une réaction unanime de la foule, peu importe où ils luttent. Leurs habiletés, leur charisme et leur présence en font la recette parfaite pour avoir du succès avec les fans. Buxx Belmar est vraiment revenu à ses bonnes habitudes cette année, lui qui avait aussi terminé deuxième en 2014 et 2015. À chaque fois qu’il est en ville, « Speedball » Bailey reçoit beaucoup d’amour de la part des amateurs et on dirait que plus ses présences sont rares, le plus de réactions qu’il génère. Vanessa Kraven a pour sa part reçu l’une des plus grosses réactions que j’ai eu la chance d’entendre en près de 20 ans lorsqu’elle a remporté le titre de Femmes Fatales à Ottawa. Il est intéressant de voir Angel au pied du top 4 et c’est pour vous dire son niveau de popularité ailleurs qu’à Québec et qu’à l’IWS.

 

Gagnants antérieurs :

2002 Mathy 69; 2003 El Generico; 2004 El Generico; 2005 Damian; 2006 Viking; 2007 Franky the Mobster; 2008 El Generico; 2009 Franky the Mobster; 2010 El Generico; 2011 Franky the Mobster; 2012 Franky the Mobster; 2013 Franky the Mobster; 2014 Franky the Mobster; 2015 Franky the Mobster; 2016 TDT; 2017 Matt Angel

 

Lutteur le plus détesté

Benjamin Tull

 

1er finaliste: Twiggy

2e finaliste: Big Magic

3e finaliste: Brad Alekxis

Mentions honorables: The Untouchables (Estrada, Angel, Toxic); Montreal Elite (Alekxis, Jean Frais, Tull); Michael Style, Klode Maloon

 

Ce fut ce qu’on appelle en anglais un « breakout year », une année où un lutteur se démarque, pour Benjamin Tull, qui remporte le prix pour la première fois. Le jeune vétéran de la scène (il lutte depuis le début des années 2000) s’est établi autant dans l’arène que dans son personnage cette année. Il est crédible, juste dans son jeu et on n’a pas l’impression qu’il joue un lutteur qui est méchant, mais plus un méchant qui a décidé de devenir lutteur! Twiggy n’a pas besoin de lacer ses bottes pour faire se faire détester et il le prouve autant à Battlewar qu’à la C*4. Malgré son absence en deuxième moitié, Big Magic est tellement solide comme «heel» qu’il s’est faufilé dans le top 4, lui qui avait remporté la catégorie en 2016 et 2017. Brad Alekxis, tout comme Twiggy et Magic, se classe dans le top 4 pour une troisième année de suite.

 

Gagnants antérieurs :

2002 Serge Proulx; 2003 SLI; 2004 Franky the Mobster; 2005 Kevin Steen; 2006 PCP Manny; 2007 PCP Manny; 2008 Samson; 2009 Samson; 2010 Dru Onyx; 2011 Mathieu St-Jacques; 2012 TDT; 2013 Dru Onyx; 2014 Dru Onyx; 2015 Marko Estrada; 2016 Big Magic; 2017 Big Magic

 

Recrue de l’année

Kevin Béru

 

1er finaliste: Nitzz

2e finaliste: Fernando De La Cruz

3e finaliste: Adam Matthews

Mentions honorables: Chris Andrews; Morino

 

Pour bien comprendre le gagnant et les finalistes, il faut d’abord bien comprendre les règles (je vous recommande le paragraphe à la fin de celui-ci). Les trois premiers cette année sont les exemples parfaits du pourquoi de ces règles. Kevin Béru est vraiment la recrue dont on a entendu parler le plus en 2018, ayant remporté le titre Triple Couronne de la NCW, en plus d’avoir lutté à la NWC et pour LDDC. Entraîné par Thomas Dubois et ensuite au IWS dojo, il a lutté quelques combats en 2016, sans même avoir un costume adéquat. Mais au mois de mars 2017, il a commencé à lutter de façon régulière. Le co-champion par équipe de la NCW et ancien champion provincial de la JCW, Nittz a fait son premier match en août 2017, avant de vraiment percer la scène en 2018. De son côté, Fernando de la Cruz avait lutté 3 ou 4 fois pour une promotion sans importance sans même avoir été entraîné en 2010. Sept ans plus tard, il s’est inscrit au dojo IWS et a fait ses débuts en 2018, devenant le premier élève du duo Andrew Stott-Matthew Lee. Ce qui est notoire aussi c’est l’absence de recrues en provenance du Torture Chamber de Dru Onyx. Il est intéressant aussi de voir du nouveau talent entraîné à l’extérieur des grands centres comme Montréal et Québec. En effet, Nitzz est un produit de la JCW à Jonquière, entraîné par Matt Angel et Traver, tandis que Matthews fut entraîné par Simon Easton à l’ALE.  

 

(Afin d’être en nomination, il faut qu’un lutteur ait commencé à lutter régulièrement pour au moins une promotion au Québec (autre que Gen NXT et Torture Chamber) en 2017 ou 2018 et qu’il n’ait pas remporté le prix l’an dernier ou terminé dans les trois finalistes. Gen NXT et Torture Chamber ne comptent pas puisque ce sont des spectacles-écoles, visant le développement des élèves.)

 

Gagnants antérieurs :

2000 Farmer Joe; 2001 Steve Royds; 2002 Ice; 2003 Don Paysan; 2004 Alex Price; 2005 Velvet Jones; 2006 Justin White; 2007 Antonio Corsi; 2008 Masked Soviet; 2009 Leon Saver; 2010 Thomas Dubois; 2011 Mike Gibson; 2012 Dézirée; 2013 Eddy ErDogan; 2014 Justin Turnbull; 2015 Dom Boulanger; 2016 Franky Milano; 2017 Dylan Donovan

 

Personnalité de l’année

JF Kelly

 

1er finaliste: Patric Laprade

2e finaliste: Twiggy

3e finaliste: Klode Maloon

Mentions honorables: Destro; Ben Cossette; Big Magic Security; Grand Gabbo

 

Après d’être fait damer le pion lors des deux dernières années, Jean-François Kelly reconquiert son titre de personnalité de l’année, lui qui remporte le titre pour la 6e fois.  Animant principalement l’IWS, il a aussi recommencé ses chroniques télévisuelles couvrant la scène québécoise. Autant dans son rôle de coordonnateur à Battlewar que dans celui qui l’oppose à la C*4 au grand complet à Ottawa, on peut toujours compter sur lui pour offrir une performance captivante et qui fera réagir. Klode Maloon se distingue de plus en plus comme le gérant numéro 1 au Québec, un digne remplaçant à Joey Soprano. En plus de mes fonctions à TVA Sports, j’ai repris un peu le collier à l’animation, alors que j’ai travaillé pour Battlewar et la FLQ en 2018. Il est intéressant de voir Destro tout près du top 4, lui qui fait partie intégrante de la résurrection de PCO. Les Big Magic Secutiry, tout comme son leader, auront écopé de leur manque de présence, eux qui avaient gagné l’an dernier. Et finalement, malgré sa campagne presque électorale, l’animateur de la ROH et de l’IWS à la télévision, Ben Cossette, a terminé au même rang que l’an dernier, mais l’écart se rétrécit cependant.

 

Gagnants antérieurs :

2000 Candyman; 2001 Mr. Internet; 2002 Prof. Adib-Mansour; 2003 Prof. Adib-Mansour; 2004 Joey Soprano; 2005 Joey Soprano; 2006 Joey Soprano, 2007 Joey Soprano; 2008 Mr. Tolo; 2009 Richter Oz McGoth; 2010 JF Kelly; 2011 JF Kelly; 2012 JF Kelly; 2013 JF Kelly; 2014 Joey Soprano; 2015 JF Kelly; 2016 Buxx Belmar; 2017 Big Magic Security

 

Invité de l’année

Pete Dunne

 

1er finaliste: Moustache Mountain

2e finaliste: Rob Van Dam

3e finaliste: Tessa Blanchard

Mentions honorables: WALTER; Les Briscoes; Matt Cross

 

L’invité de l’année est souvent celui qui se démarque soit par la qualité de sa performance, le nombre de présences ou l’importance de sa présence et par les fans qu’il attire. Pour Pete Dunne, c’est la qualité de ses combats. Et si, tout comme les Young Bucks, il a réussi à remporter le match de l’année deux fois de suite, il est devenu le premier invité à remporter cette catégorie deux fois de suite. Ses comparses du British Strong Styles, Trent Seven et Tyler Bate, aussi connus sous Moustache Mountain, ont eux aussi réussi à se démarquer en luttant dans le 6e meilleur match de l’année face à TDT. Rob Van Dam demeure toujours une figure aussi populaire malgré les années, tandis que Tessa Blanchard, l’une des meilleures en Amérique du Nord, a su solidifier une solide carte pour le retour de Femmes Fatales. Mentionnons que l’IWS a compté fort dans cette catégorie, avec 4 des 5 premières positions.

 

Gagnants antérieurs :

2005 AJ Styles; 2006 Sabu; 2007 Team 3-D; 2008 Awesome Kong; 2009 Kevin Nash; 2010 Tommy Dreamer; 2011 Paul London; 2012 Billy Gunn et X-Pac; 2013 Young Bucks; 2014 Tommy Dreamer; 2015 Johnny Gargano; 2016; Rey Mysterio; 2017 Pete Dunne

 

Promotion de l’année

NSPW

 

1er finaliste: C*4

2e finaliste: IWS

3e finaliste: Battlewar

Mentions honorables: FLQ; LDDC

 

Et la séquence continue! Pour une 8e année consécutive, la NSPW de Québec enlève l’honneur d’être votée la promotion de l’année au Québec. Fort d’un alignement très solide, elle a su capitaliser là où certaines autres promotions auraient dû en recrutant des lutteurs exclusifs et en achetant la FCL de Shawinigan. En 2018, elle a présenté plus de 60 événements, plus que quiconque en province. Quatre des lutteurs qu’ils ont signés ont d’ailleurs terminé dans les 16 meilleurs lutteurs au Québec. Avec le retour de Michael Bisson comme scripteur en chef, on est venu combler ce qui avait été une lacune pour la promotion de Steve Boutet en 2017. Deux des quatre meilleurs événements de l’année y ont aussi été présentés, devant la meilleure moyenne d’assistance au Québec.

 

C*4 a eu une année 2018 sous l’ère du changement, alors qu’ils ont dû quitter leur salle de toujours pour une autre dans le quartier italien d’Ottawa. De plus, la nouvelle n’avait que des disponibilités les vendredis au lieu des traditionnels samedis. Bien que stressant, ce fut pour le mieux. La nouvelle salle peut accueillir plus de spectateurs et C*4 a ainsi pu accueillir plus de 600 personnes l’automne dernier. Avec un alignement qui combine bien l’Ontario et le Québec, il n’est pas surprenant de les retrouver en deuxième place pour une 5e année de suite. Je le dis et je le répète, il y a plus de fans de C*4 à Ottawa que de fans de lutte! L’IWS a eu une année de haut et de bas selon moi. Les foules auraient dû être plus importantes étant donné le talent qui s’y trouve et la visibilité télévisuelle. Ils ont été agressifs au niveau des invités, ont offert plus de matchs dans les 10 meilleurs que n’importe quelle autre promotion et ont produit quatre des 11 meilleurs spectacles de l’année. Ceci dit, les scénarios ne sont pas leur force et à cause de certaines foules moins nombreuses, l’ambiance n’est pas la même qu’à Québec ou à Ottawa. Ils sont tout de même les têtes d’affiche à Montréal. Battlewar fait partie du top 4 pour une sixième année consécutive et demeure un événement à ne pas manquer les dimanches dans le centre-ville de Montréal. La promotion est bien gérée et l’ambiance des spectacles est comme nulle part ailleurs. Un petit recul comparativement à l’an dernier au niveau du nombre de matchs et de spectacles parmi les meilleurs de l’année, mais rien d’inquiétant. Pour les puristes, si on enlève Ottawa de l’équation, la FLQ deviendrait la quatrième meilleure promotion au Québec seulement. Leur première année complète sous la tutelle de Carl Leduc a montré de belles choses. TDT et Stu Grayson ont peu y montrer tout leur savoir-faire au cours de l’année. Leurs foules sont constantes, plus que Battlewar et que les moins bons de l’IWS, mais moins que lorsque cette dernière remplie et encore plus loin de la NSPW et de C*4. La surprise de l’année cependant revient La Descente du Coude (LDDC), qui n’a pas terminé loin derrière au 6e rang. Parti d’une idée de tournoi, c’est devenu une promotion à part entière qui remplit le 99 dans le quartier Hochelaga tous les premiers vendredis. Ils ont pris le pari de penser à l’extérieur de la boîte, autant avec le talent, que les invités, que les scénarios, et ça a donné de bons résultats. Bien que les quatre premières soient les mêmes depuis 2014, l’écart se rétrécit vraiment entre la 4e et la 6e position et ce sont les fans qui vont pouvoir en bénéficier. 

 

Gagnants antérieurs :

2001 ICW; 2002 IWS; 2003 IWS; 2004 CWA; 2005 EWR; 2006 IWS; 2007 IWS; 2008 IWS; 2009 NCW; 2010 NCW; 2011 NSPW; 2012 NSPW; 2013 NSPW; 2014 NSPW; 2015 NSPW; 2016 NSPW; 2017 NSPW;

 

Prix Édouard-Carpentier (meilleur lutteur de haute voltige)

Mike Bailey

 

1er finaliste: Matt Angel

2e finaliste: Travis Toxic

3e finaliste: Stu Grayson

Mention honorable: Surfer Mitch Thompson; Kevin Blanchard

 

Pour la quatrième année consécutive, Mike Bailey et Matt Angel sont un et deux dans cette catégorie qui récompense les plus acrobates de la scène. Bailey, qui avait remporté le titre en 2014 et 2015, avant de céder sa place à Angel lors des deux dernières années, devient le premier lutteur recevoir le prix pour une troisième fois. Il était à égalité à ce chapitre avec El Generico (Sami Zayn) et Angel. Toxic est un habitué de la liste tandis que Grayson y revient pour la première fois en cinq ans, lui qui a pu démontrer ses qualités de lutte haute voltige principalement à la FLQ.

 

Gagnants antérieurs :

2011 El Generico; 2012 El Generico; 2013 Sufer Mitch; 2014 Mike Bailey; 2015 Mike Bailey; 2016 Matt Angel; 2017 Matt Angel

 

Prix Eddy-Creatchman (meilleur au micro)

Twiggy

 

1er finaliste: Marko Estrada

2e finaliste: PCO

3e finaliste: Mathieu St-Jacques

Mentions honorables: Brad Alekxis; Benjamin Tull; Big Magic

 

Le finaliste de l’an dernier, Twiggy, remporte le prix cette année et il ne l’a pas volé. Un as du micro, il est articulé et arrive à soulever l’ire des amateurs avec une aise déconcertante. Estrada s’est vraiment développé comme une force au micro cette année, lui qui n’avait même pas été classé l’an dernier. Je ne suis pas certain que PCO soit dans le top 4 pour ses qualités oratoires pour que pour l’impact de ces vidéos, mais c’est ce qui arrive quand tu as une année comme il a eue! St-Jacques est un naturel avec un micro, bien que ses promos soient parfois peu orthodoxes.

 

Gagnants antérieurs :

2017 Big Magic

 

Événement de l’année

Hard Target (C*4)

 

1er finaliste: Femmes Fatales 20 (Femmes Fatales)

2e finaliste: 10e anniversaire (NSPW)

3e finaliste: Golden Opportunity X (NSPW)

Mentions honorables: Hardcore Heat (IWS); Cup Final (LDDC); 6th anniversary (C*4)

 

Lorsqu’un événement contient deux des neuf meilleurs matchs de l’année, dont le 4e, en plus d’un triple menace entre Tyson Dux, Stu Grayson et Teddy Hart, les chances sont que cet événement reçoive des votes pour le spectacle de l’année. De loin, c’est l’événement pour lequel j’ai reçu le plus de commentaires dans les jours qui ont suivi. C*4 reçoit ce prix pour la deuxième seulement, le dernier remontant à 2015. Le retour de Femmes Fatales, avec Tessa Blanchard contre Britt Baker, suivi de Mercedes Martinez contre Vanessa Kraven, devant la plus grosse foule de l’histoire de la promotion avec 461 personnes, a contribué à faire de l’événement l’un des meilleurs de 2018. La promotion de l’année n’est pas en reste avec les 3e et 4e meilleurs spectacles, dont le 10e anniversaire et l’excellent match entre les Untouchables et SSB. Puisqu’aucun événement ne s’est sauvé avec la catégorie, notons que le match revanche entre PCO et WALTER a permis à au gala de l’IWS de terminer 5e. À noter également la 6e position de la finale de la coupe LDDC, événement qui a réussi à placer trois de ses matchs parmi les 17 meilleurs.

 

Gagnants antérieurs :

2011 Femmes Fatales VII (FF); 2012 Golden Opportunity IV (NSPW); 2013 Golden Opportunity V (NSPW); 2014 Golden Opportunity VI (NSPW); 2015 Fighting Back 5 (C*4); 2016 Golden Opportunity VIII (NSPW); 2017 Golden Opportunity IX (NSPW);

 

Scripteur de l’année

Michael Bisson (NSPW/Femmes Fatales/FLQ)

 

1er finaliste: Mark Polessel (C*4)

2e finaliste: James McGee (Battlewar)

3e finaliste: Manny Eleftheriou & Andrew Stott (IWS)

Mentions honorables: Julien Éthier, Guillaume Maltais & Maxime Thiffault (LDDC); Bertrand Hébert (FLQ)

 

Michael Bisson a eu une année 2018 assez remplie. Il a débuté à la NCW, pour ensuite s’occuper du retour de Femmes Fatales. Il est par la suite atterri à la FLQ pour finalement revenir aux sources avec la NSPW. Sous sa férule, cinq événements, pour trois promotions différentes, se sont classés parmi les 17 meilleurs de l’année, dont deux des trois meilleurs, un exploit qu’on n’est pas prêt de revoir. Il avait remporté ce prix à deux reprises en 2013 et 2014. Depuis la conception de ce prix en 2011, il est le seul à avoir été voté ai sein du top 4 à chaque année. Mark Polessel est comme un DG au hockey qui double comme entraîneur. Le promoteur/scripteur connaît bien sa foule et son produit et ça parait année après année. L’une des qualités d’un scripteur est sa capacité d’écrire des rivalités intéressantes. James McGee avec Battlewar, le vainqueur des trois dernières années, représente bien cet aspect alors que deux des quatre meilleures rivalités furent les siennes, dont la numéro un. Manny et Andrew ont trouvé le moyen de faire parler la promotion avec principalement des matchs et des invités que les fans ont appréciés. Les gars de La Descente du Coude sont passés près de créer une surprise et de se faufiler en 4e place à leur première année complète, tandis que le vétéran Bertrand Hébert a repris les règnes de la FLQ depuis cet été, avec entre autres deux événements au Festival Juste Pour Rire.

 

Gagnants antérieurs :

2011 Stéphane Bruyère; 2012 Stéphane Bruyère; 2013 Michael Bisson; 2014 Michael Bisson; 2015 James McGee; 2016 James McGee; 2017 James McGee

 

Top 10 Nouvelles de l’année 2018

1-PCO ressuscite sa carrière et signe un contrat avec Ring of Honor

Quelle année pour PCO, qui s’est culminée avec un lucratif contrat à la ROH, tout ça à l’âge de 51 ans

 

2-La NSPW signe des lutteurs exclusifs et achète la FCL

Rare qu’une nouvelle locale se classe aussi bien, mais les contrats d’exclusivité de la NSPW ont vraiment fait jaser en 2018, de même que l’achat de la FCL à Shawinigan, ce qui a permis à la promotion de produire plus de 60 événements en 2018

 

3-Vanessa Kraven participe à la Classique Mae Young

Première Québécoise à y faire partie, elle s’est bien tirée d’affaire malgré qu’elle ne fût utilisée que pour la première ronde

 

4-Big Magic et Scott Parker luttent à Raw à Montréal

Non seulement ils ont lutté, mais ils ont même eu droit à une promo. Ils avaient été appelés François et Jean-Paul pour la cause.

 

5-HBO présente un documentaire sur Andre the Giant (Géant Ferré)

Vu par des millions de personnes et ayant été acclamé par la critique, le documentaire comprenait quelques Québécois tels que Gino Brito, Pat Patterson et votre humble serviteur

 

6-L’IWS signe un contrat de télé pour un an

L’IWS est allée chercher une stabilité télévisuelle avec ce contrat, la seule promotion québécoise à être diffusé aux quatre coins de la province

 

7-14 Québécois sont classés dans le PWI 500

Menés par Kevin Owens et Sami Zayn, 12 autres lutteurs d’ici se sont classés dans ce qui est la liste la plus courue des meilleurs lutteurs au monde chaque année

 

8-Mike Bailey remporte les titres par équipe de DDT au Japon

Le Japon est presque devenu sa deuxième maison et DDT lui a fait confiance en lui donnant les titres par équipe en compagnie de son partenaire MAO

 

9-La WWE vient à Montréal avec Raw et SmackDown Live

Pour la première fois, les deux événements étaient présentés l’un après l’autre au Centre Bell et ont attiré des foules considérables, les meilleures des dernières années

 

10-Jacques Rougeau et ses fils se retirent et Jacques ferme son école de lutte

Une vraie retraite cette fois-ci alors qu’il a vendu tout ce qu’il avait à une promotion de Gatineau. Ses fils n’avaient pas la passion nécessaire pour reprendre le flambeau

 

Mentions honorables: Femmes Fatales fait un retour après trois ans; Kevin Owens fait la une du Journal de Montréal pour la première fois; Sami Zayn et la FLQ participent au Festival JPR/JFL Festival; Moustache Mountain remportent les titres par équipe de l’IWS

 

Gagnants antérieurs :

2004 Invasion Américaine et Canadienne; 2005 Année remarquable pour Kevin Steen; 2006 ALF première promotion féminine au Québec; 2007 Kevin Steen et El Generico signent avec ROH; 2008 Kevin Steen et El Generico remportent les titres par équipe de ROH; 2009 Mad Dog Vachon intronisé au Panthéon des Sports du Québec; Le décès d’Édouard Carpentier; 2011 Kevin Steen fait un retour controversé à ROH; 2012 WWE Raw revient à Montréal après six ans; 2013 El Generico (Sami Zayn) signe avec la WWE et fait ses débuts pour la WWE à Montréal; 2014 Kevin Steen (Owens) signe avec la WWE; 2015 Kevin Owens fait des débuts fracassants à la WWE; 2016 Kevin Owens gagne le titre Universel pour conclure toute une année; 2017 La lutte de retour à la télévision en français au Québec

 

Prix-Hommage

Stan Stasiak

(le texte qui suit est en partie tiré du livre À la semaine prochaine si Dieu le veut, écrit par Bertrand Hébert et moi-même et publié par Libre Expression)

 

Voici une discussion entre un agent de la WWWF et Stan Stasiak, le 1er décembre 1973, dans les vestiaires de l’aréna de Philadelphie.

 

Agent WWWF : Pedro fait son retour et te donne une «belly-to-back».

Stan (ennuyé) : Uh-huh

Agent WWWF : L’arbitre va faire le compte.

Stan (portant à peine attention tout en attachant ses bottes) : Ok...

Agent WWWF : L’arbitre va compter un, deux...

Stan (se rendant à l’évidence) : Bien sûr...

Agent WWWF : À deux, tu lèves ton épaule droite...

Stan commence à porter attention réalisant qu’il doit s’agir d’un faux finish qui va mener vers un saut du 3e câble de Morales pour la victoire.

Agent WWWF (d’un ton neutre) : Les épaules de Pedro vont rester au tapis et l’arbitre va compter 3.

Stan arrête de faire ce qu’il faisait et regarde l’agent. Après une longue pause qui paraît durer plusieurs minutes et voyant que l’agent ne rajoute rien, Stan parle.

Stan (quelque peu confus) : Tu veux dire que je gagne?!?!?!?!?!?!?!?

Agent WWWF (d’un ton neutre) : Oui.

Stan : Est-ce un match de championnat?

Agent WWWF (d’un ton neutre) : Uh-huh.

Stan était vraiment rendu confus alors que l’agent le regardait toujours.

Stan (n’en croyant pas ses oreilles) : Tu veux dire que je gagne le titre?

Agent WWWF (quelque peu impatient) : Oui.

Dans la vie de tous les jours, on rencontre des gens qui sont carrément nés pour être champions. D’autres par contre doivent travailler fort pour le devenir. Finalement, certains le deviennent sans que l’on sache trop comment et pourquoi. Cette dernière ligne résume bien l’histoire de George Stipich ou si vous aimez mieux, Stan Stasiak.

 

En effet, le 1er décembre 1973, à Philadelphie, Stan Stasiak remporte le titre poids lourd de la WWWF, défaisant Pedro Morales. Neuf jours plus tard, soit le 10 décembre, Stasiak se fait battre par un ancien champion, Bruno Sammartino. Stan Stasiak avait l’avantage de bien faire paraître ses adversaires tout en restant crédible dans le processus. Personne n’était surpris de le voir remporter des combats et en même temps, sa crédibilité n’était pas affectée lorsqu’il perdait. Mais personne n’a vu cette victoire face à Morales venir. « À la surprise de tous, Stan Stasiak est devenu le champion mondial des poids lourd. Et contrairement à aujourd’hui, personne ne lui avait dit avant qu’il ne prépare son match dans le vestiaire », racontait Frank Dusek. Si Stasiak n’a su l’issue du match que quelques instants avant son match, la foule présente à Philadelphie a quitté l’aréna pensant que leur favori avait conservé son championnat.

 

« Stasiak tenait Morales dans un full Nelson, mais Morales fut capable d’atteindre les câbles et de faire en sorte de tomber avec son adversaire sur le matelas dans l’une de ces situations où les deux lutteurs ont les épaules rivées au tapis. Il s’agissait de la même finition utilisée lorsque Morales avait remporté le titre face à Ivan Koloff trois ans auparavant au Madison Square Garden. Après que l’arbitre ait fait le compte de trois, la seule annonce faite par l’annonceur Buddy Wagner fut  ‘On applaudit Pedro Morales !’, ce qui laissait croire aux spectateurs présents que le champion avait conservé son titre », décrit Dave Meltzer, ajoutant qu’il en était ainsi probablement pour éviter qu’une émeute s’en suive.

 

Stasiak a par la suite battu El Olympico lors d’un enregistrement télé le 4 décembre, a perdu un match par équipe le 6, puis a battu Chief Jay Strongbow le 7 décembre. Il avait déjà un match de prévu face à Bruno Sammartino le 10 décembre au Madison Square Garden, match maintenant pour le titre de champion de la WWWF. Sammartino l’a emporté avec un enfourchement.

 

George Stipich est né à Arvida le 13 avril 1937, un petit village du Saguenay qui fait maintenant partie de l’arrondissement de Jonquière. Son père y travaillait pour le compte de la compagnie fabricante d’aluminium Alcan et Stipich se servit de ses origines pour trouver un surnom tôt dans sa carrière, « L’assassin d’Arvida ». Jeune, Stipich était un amateur de lutte qui était connu pour faire du trouble aux galas de lutte qui avaient lieu à Chicoutimi. « Il avait un petit groupe avec lui et chaque semaine, ils venaient aux galas et lançaient des coups aux lutteurs. Stipich était gros et rapide...je l’avais déjà poursuivi. Un soir, j’ai fait semblant de ne pas le voir. J’ai attendu jusqu’à ce qu’il ferme son poing. Quand il a lancé son coup, je l’ai esquivé, lancé un uppercut et je l’ai mis KO. Je l’avais piégé! Je ne l’ai plus jamais revu aux combats par la suite », raconte Don Leo Jonathan dans le livre Pain and Passion. 

 

Son altercation avec Jonathan l’ayant peut-être découragé de continuer à suivre la lutte, il changea d’intérêts pour devenir un joueur de hockey, comme tellement d’autres jeunes Québécois à cette époque. Il joua donc avec l’Association de hockey amateur du Québec, où il était reconnu pour manquer de discipline. « Le dernier entraîneur de hockey que j’ai eu m’a dit un soir que j’avais tellement de minutes de pénalité à ma fiche, que c’était comme s’il y avait des problèmes chaque fois que j’embarquais sur la patinoire. Il m’a alors dit : ‘Tu sais ce que tu devrais faire? Devenir un lutteur professionnel, tu pourrais ainsi laisser aller toutes tes frustrations.’  Et c’est ce que j’ai fait ! » se souvenait Stipich lors d’une entrevue avec Roberta Morgan pour Main Event : The World of Professional Wrestling. 

 

Stipich s’entraîna donc à Montréal pour y commencer sa carrière en 1958. « Il a fait ses débuts pour une promotion qui roulait en opposition à celle de Quinn, raconte René Goulet. Après avoir lutté quelques fois à Montréal, il fut découragé par Billy Red Lyons, qui lui avait suggéré de prendre un autobus, de retourner chez lui et de se trouver un travail. »  Il partit en Ontario où il prit le nom Stan Stasiak, un heel qui faisait les finales à Toronto avant de mourir d’un empoisonnement sanguin le 13 septembre 1931, 10 jours après s’être cassé la jambe dans un match face à Ed Don George. La revue The Ring Wrestling relatait ceci dans son édition de juillet 1963. « Stan Stasiak, un poids lourd canadien, qui est un protégé de Yvon Robert, a laissé tomber une possible carrière de hockey professionnel pour la gloire et la fortune d’une carrière de lutteur. » Établis dans l’est du pays, les journalistes et commentateurs le surnomment « L’Assassin d’Arvida ». « Il avait revu Lyons à Toronto et lui avait dit ‘Tu sais, je n’ai jamais pris cet autobus !’, relate toujours Goulet. 

 

À ses débuts, Stasiak était aussi connu sous le nom de « Crusher », car il utilisait la prise de l’ours comme prise de finition. Par contre, c’est avec une autre prise de finition que Stasiak est devenu célèbre. Le promoteur de Portland, Don Owen, celui qui avait donné le surnom « Mad Dog » à Maurice Vachon, eu aussi une grande influence dans la carrière de Stasiak. En effet, le 18 juin 1965, Stan « The Man » Stasiak eu le dessus sur Vachon pour le titre NWA Pacific Northwest avec cette  prise de finition qui allait le suivre jusqu’à la fin, le «heart-punch» (coup de poing au cœur). Les amateurs de lutte du Québec qui ont réagi lorsque quelqu’un utilisait cette prise ne savaient probablement pas qu’elle a été inventée par un Québécois, à un moment où les prises de finition étaient beaucoup plus simples que maintenant. 

 

Le «heart-punch» était simple en soi, mais le vendre devenait un peu plus compliqué. À une époque où les coups de poing avec le poing fermé étaient défendus, pouvant même mener à la disqualification, Stasiak devenait ainsi un lutteur qui allait à l’encontre des règlements, mais puisque le coup était porté au cœur, il devenait un lutteur dangereux, voire diabolique. Mais Stasiak maîtrisait la prise d’une telle façon que la foule voyait ce qu’il faisait, mais pas l’arbitre. « Il te plaçait dans une position où il mettait ton bras gauche par-dessus ta tête, comme pour la tenir. Puis, il te plaçait à contresens de l’arbitre et te donnait le «heart-punch », expliquait Moose Morowski dans le livre Pro Wrestling Hall of Fame : The Heels.  Pour ajouter à la manœuvre, Stasiak expliquait en entrevue comment sa prise venait affecter les organes, dans un langage médical que tous croyaient. « Il ne te faisait jamais mal avec ce coup », se rappelait Buddy Rose. 

 

Après Portland, Stasiak s’en alla vers le Texas où il remporta le titre Brass Knuckles, habituellement tenu par le lutteur le plus fort du territoire. Il a aussi remporté le premier titre mondial de sa carrière, remportant le titre de l’IWA en Australie, avant d’arriver à la WWWF. « Stan pouvait avoir un bon match avec n’importe qui, se souvient Gino Brito. Il pouvait avoir un bon match avec Gorilla Monsoon, ce qui n’était facile à faire. Il pouvait avoir aussi un bon match avec Bruno Sammartino ou Pedro Morales et si tu le mettais avec un gars plus petit, il pouvait avoir un bon match avec lui également. »

 

C’est d’ailleurs en finale contre Pedro Morales dans un Texas Death Match le 25 octobre 1971 que les deux gladiateurs ont battu le record d’assistance et le record pour la plus grosse maison au Madison Square Garden, avec un retentissant 22 070 spectateurs pour des recettes de 104 456$.

 

S’il semble clair que dès le début il était prévu que Stasiak devait être qu’un champion de transition, étant donné qu’il était un «heel» assez crédible pour battre Morales et perdre le titre à la première opportunité face à Sammartino, selon les agents de la WWWF, une autre raison au court règne de Stasiak était son problème d’alcool. « Il était assez bon pour être champion, mais tout le monde incluant Vince savait qu’ils ne pouvaient lui donner le titre à long terme parce qu’il n’était pas fiable. Pas parce qu’il était un mauvais gars, mais uniquement à cause de l’alcool », racontait Dominic Denucci dans le livre de Greg Oliver. Ceci dit, il n’était pas reconnu pour ne pas se présenter. « C’était un gars qui ne manquait jamais un booking. S’il devait être dans une ville, mon Dieu, il était dans cette ville », dira l’ancien promoteur Don Owen. 

 

Après son règne de champion, Stasiak est retourné en Ontario, comme un héros local, faisant face à plusieurs champions du monde de 1975 à 1978. Il affronta des lutteurs tels que Jerry Brisco, Terry Funk, Superstar Billy Graham et Nick Bockwinkle. Par la suite, il retourna à Portland pour y remporter le titre du territoire pour une 6e fois, le 30 juin 1979, cette fois-ci face à un autre Canadien, Rowdy Roddy Piper. Il retourna aussi au Texas en 1980 avant de venir terminer sa carrière dans le territoire où il connut le plus de succès, Portland.

 

Après sa carrière terminée, Stasiak est devenu commentateur et a aussi vendu des voitures à Portland avant de déménager à Toronto en 1984 où il y a travaillé pendant 10 ans comme agent de sécurité. Alors que sa santé se détériorait, il est revenu habiter en Oregon en 1994, y décédant en 1997 à l’âge de 60 ans. Ironiquement, le maître du «heart-punch» mourra d’une crise cardiaque.

 

Son garçon, Shawn Stasiak suivit ses traces après avoir fait de la lutte amateur en Ontario et à l’université Boise State en Idaho. Son nom lui a ouvert les portes de la WWF et de la WCW en 1999, mais certaines blessures, combinées à quelques mauvais coups en arrière-scène (il avait enregistré certains de ses collègues à leur insu) et à quelques personnages loufoques, tels que Meat, Perfect Shawn et Planet Stasiak, ont saboté sa carrière avant que celle-ci ne commence réellement. Son plus haut fait d’armes est d’avoir remporté les titres par équipe de la WCW à trois reprises avec Chuck Palumbo. « J’ai promis à mon père que j’allais remporter le titre mondial de la WWE et que nous serions la première combinaison père-fils à devenir champions », racontait Shawn en entrevue avec le Club WWWI. Après avoir été congédié par la WWF en 2002, il est devenu chiropraticien et tout récemment, songeait à un faire un retour au ring, peut-être justement pour faire honneur à sa promesse.  Depuis le 17 avril 2009, dû à un changement dans la loi canadienne, Shawn est maintenant Canadien, sans même avoir à demander sa nationalité.  Étant donné les origines québécoises de son père, on peut presque dire qu’il est également un Québécois.

 

Même s’il avait ses démons et qu’il n’était pas le plus riche à son départ, il est encore aujourd’hui hautement considéré par ses pairs. « Stan nous donnait beaucoup de son temps, se souvient Paul Leduc, en nous expliquant que la seule façon de faire carrière dans cette industrie était d’aller sur la route et de lutter pour le plus grand nombre de promotions possible. »  Pour son fils Shawn, le titre de la WWWF fut le point culminant de sa carrière.  « Ça ne dérange pas s’il a détenu le titre pendant neuf jours, neuf secondes ou neuf ans.  Il l’a détenu et fut l’un des premiers champions de la WWE.  Son règne fera toujours partie de l’histoire de la WWE.  Je vais à jamais me rappeler que mon père a considéré ces neuf jours comme étant les plus belles journées de sa vie », raconte-t-il dans le livre The WWE Championship : A look back at the rich history of the WWE championship. La WWE l’a finalement reconnu en 2018 en l’intronisant dans son temple de la renommée dans la catégorie des pionniers.

 

Gagnants antérieurs :

2006 Paul Leduc; 2007 Gino Brito; 2008 Rick Martel; 2009 Maurice et Paul Vachon; 2010 Jacques Rougeau Sr.; 2011 Pat Patterson; 2012 Raymond Rougeau; 2013 Ronnie Garvin; 2014 Jacques Rougeau Jr.; 2015 Frenchy Martin; 2016 Yvon Robert; 2017 Eddy Creatchman