Crédit : JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Canadiens

«Suzuki a un talent spécial»

Publié | Mis à jour

Le Storm de Guelph affrontait les 67’s d’Ottawa, vendredi au TD Place. Dans les gradins, Trevor Timmins et Martin Lapointe espionnaient deux des puissances de la Ligue de l’Ontario en gardant les yeux sur un joueur en particulier : le numéro 9 du Storm, Nick Suzuki.

L’attaquant n’a pas déçu la visite. Avec moins de cinq minutes à jouer en troisième période et un pointage de 3 à 2 pour les 67’s, le Storm a profité d’un avantage numérique. Suzuki a fait payer l’indiscipline de l’ailier Lucas Chiodo.

Après avoir capté un relais de Sean Durzi, il a sorti de ses patins le défenseur Nikita Okhotyuk pour ensuite déjouer d’un tir des poignets parfait le gardien Michael DiPietro.
Il y avait une mince ouverture au-dessus du bloqueur de DiPietro. Suzuki l’a rapidement vue et il a déjoué son ancien coéquipier avec Équipe Canada au championnat du monde junior.

«Marc Bergevin et le Canadien ne regretteront pas cet échange avec les Golden Knights de Vegas. Nick Suzuki a un talent spécial.»

C’était les mots du descripteur des matchs des 67’s d’Ottawa à la radio après ce but égalisateur.

Le Storm a finalement perdu ce match 4 à 3 en prolongation. Mais Timmins et Lapointe sont sortis du vieux TD Place avec le sourire au visage. Auteur d’un but et une passe, Suzuki a été l’un des meilleurs joueurs sur la glace.

Nouveau départ

À 16 h 50, soit un peu plus de deux heures avant la rencontre, Suzuki patientait déjà dans un corridor à quelques mètres seulement du vestiaire de l’équipe adverse. Il attendait le représentant du Journal de Montréal pour une entrevue.

«On m’avait parlé d’une rencontre à 17 h, c’est important de ne pas être en retard», a lancé avec le sourire l’un des plus beaux espoirs du Canadien.

Considéré comme la pièce maîtresse dans l’échange de Max Pacioretty avec les Golden Knights de Vegas, Suzuki a vécu une deuxième transaction quelques mois plus tard. Mais dans une ligue différente. Le 9 janvier, l’Attack d’Owend Sound a échangé son capitaine à Guelph dans un troc impliquant six joueurs et quatre choix au repêchage.

«Je n’étais pas sous le choc, je savais que j’avais des chances de partir dans une transaction, a expliqué Suzuki. J’ignorais toutefois que Guelph se retrouvait parmi les équipes susceptibles de m’accueillir. Pendant le Mondial junior, Dale Degray, notre DG avec l’Attack, m’avait dit que le Storm n’était pas prêt à payer un prix assez important pour bouger. Le Storm a finalement changé d’idée avant la date limite des transactions et les deux équipes ont trouvé un terrain d’entente.»

Suzuki, qui est originaire de London, en Ontario, n’aurait pas détesté joindre les rangs des Knights, une autre redoutable formation dans la OHL.

Un ralentissement

À ses 11 premiers matchs à Guelph, Suzuki a obtenu 15 points (4 buts, 11 passes). Il a maintenant 60 points (26 buts, 34 passes) en 41 rencontres cette saison.

  • Sur le strict plan des statistiques, il y a un ralentissement avec une moyenne de 1,46 point par rencontre. À ses deux dernières années à Owen Sound, il produisait à un rythme de 1,56 point par match (100 points en 64 matchs) et 1,47 point par rencontre (96 points en 65 matchs).

Pour le 13e choix au total au repêchage de 2017 par les Golden Knights, cette minuscule chute s’explique assez facilement.

«J’en suis à ma quatrième saison complète dans la OHL, et j’ai déjà obtenu des points à la tonne dans cette ligue, a-t-il rappelé. Je ne me préoccupe plus trop de mes statistiques offensives même si je dois rester un joueur très offensif. Je me concentre plus sur des détails pour aider mon équipe à gagner. La victoire passe avant les points. Je sais que je peux marquer et obtenir des passes, ce n’est pas un problème.»

«Je joue à un rythme plus élevé depuis le début de la saison, a-t-il poursuivi. C’était mon objectif cette année. Je dois tout faire plus rapidement afin de m’adapter à la vitesse du jeu au prochain niveau. À mes dernières saisons, j’avais souvent tendance à ralentir volontairement le jeu afin de me créer plus d’options. Mais le Canadien m’a demandé de réfléchir plus rapidement et d’exécuter mes jeux avec encore plus de vitesse.»

George Burnett, l’entraîneur en chef du Storm, a corroboré les dires de son attaquant.

«Ce que j’aime de lui, c’est qu’il joue à un rythme très élevé, a mentionné Burnett. Il est un attaquant dynamique, il a une bonne vision du jeu et il est un marqueur naturel. J’aime travailler avec lui. Nick ne parle pas beaucoup, il est un joueur assez silencieux. Il montre l’exemple sur la glace. Il était le capitaine à Owen Sound, il est un bon meneur.»

«Il fait partie des cinq meilleurs joueurs de la OHL, a renchéri André Tourigny, l’entraîneur des 67’s d’Ottawa. Suzuki peut te faire mal de plusieurs façons, il est tellement intelligent avec la rondelle. Il obtient autant ses points à cinq contre cinq, il ne triche pas sur la glace. Le Canadien a un très bel espoir entre les mains, je peux vous le garantir.»