SPORT NHL

Crédit : REUTERS

LNH

Lindros contre le hockey 12 mois par année

Publié | Mis à jour

L’ex-vedette de la LNH Eric Lindros demande aux parents de jeunes hockeyeurs de ne pas laisser leur enfant jouer à longueur d’année afin de protéger son cerveau.

«En jouant 12 mois par année, on ne donne pas le temps au cerveau de grandir et de guérir», a-t-il souligné devant des élus à Ottawa, mercredi.

Selon Lindros, de plus en plus de jeunes jouent au hockey durant les quatre saisons afin de participer à différents camps d’entraînement. Mais ce programme n’est pas sans risque, croit-il.

Pour illustrer son propos, Lindros a parlé d’un camion qui roule sans cesse, sans prendre le temps de passer au garage pour faire des réparations. «Un jour ou l’autre, certaines pièces du véhicule vont se briser», a-t-il imagé.

Pratiquer d’autres sports que le hockey, comme le soccer ou le baseball, permet aussi de devenir un meilleur athlète, estime Lindros.

Déprime et colère

La carrière de Lindros a été gravement hypothéquée à la suite de multiples coups à la tête. Depuis qu’il a pris sa retraite en 2007, ce dernier milite activement contre les commotions cérébrales dans le sport. Elles représentent, selon lui, rien de moins qu’une «crise» de santé publique.

Lindros était de passage devant un comité parlementaire du gouvernement fédéral qui traite de la question pour témoigner de son expérience et proposer des solutions.

Lindros, qui a récolté 865 points en 760 matchs dans la LNH, a admis que ses blessures l’ont grandement ralenti. «Je ne réagissais plus aussi vite sur la glace, j’étais moins vif», a-t-il dit.

Les commotions l’ont enfoncé dans la «colère» et la «déprime», a-t-il confié. «Ça arrache le cœur de constater que tu n’es plus le même», a raconté l’ancien joueur étoile.

Solutions

L’Ontarien estime que les gouvernements devraient mettre en place un protocole national unique pour traiter les commotions chez les jeunes, tous sports confondus.

«Qu’on parle d’équitation, de hockey, de football ou de soccer, il s’agit de la même blessure, a-t-il dit. Pourquoi est-ce que les protocoles sont différents en Alberta et au Québec ?»

Lindros croit que les chercheurs ont aussi un rôle à jouer pour mieux protéger les jeunes. Il demande aux meilleurs experts au pays d’unir leurs forces. La compétition entre les équipes de recherche, jalouses de leurs trouvailles, ralentit la publication d’avancées scientifiques dans le domaine, selon lui.

Légende

La présence du gaillard dans les couloirs du Parlement n’est pas passée inaperçue. Certains députés n’ont pas hésité à se faire prendre en photo avec l’ex-vedette de la LNH.

Le conservateur Richard Martel, un ancien entraîneur de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, a profité de son temps de parole pour encenser celui qui a récemment fait son entrée au Temple de la renommée du hockey.

«On pensait que tu étais invincible lorsqu’on te voyait jouer à 16 ans», a dit M. Martel en se désolant que la carrière de Lindros ait été écourtée par les commotions cérébrales.