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Crédit : Joël Lemay / Agence QMI

Mikaël Lalancette

L’année du Drakkar? (suite)

L’année du Drakkar? (suite)

Mikaël Lalancette

Publié 07 février
Mis à jour 07 février

Préparez-vous, la fin de saison sera synonyme de séquences dans la LHJMQ.

Des séquences de victoires, des séquences de défaites, des séquences de matchs consécutifs avec un point et j’en passe...

À titre d’exemple, les Huskies de Rouyn-Noranda sont en quête d’une 15e victoire d’affilée ce jeudi soir à Québec.

La troupe de Mario Pouliot ne perd plus. À Rouyn-Noranda, le dernier revers des Huskies remonte au 26 octobre, une séquence victorieuse de 17 matchs.

À l’autre bout du spectre, le Titan n’a pas gagné à Bathurst lors des 21 derniers matchs. Ça vient de supplanter un record dans la LHJMQ, celui établi par l’Océanic de Rimouski lors de la campagne 2002-03 (18 revers consécutifs à domicile).

Ma chronique du jour porte sur le Drakkar, qui a perdu une première fois après une séquence de 14 matchs sans défaite en temps régulier.

C’était vendredi soir dernier à Baie-Comeau, dans un duel au sommet contre les Voltigeurs de Drummondville, une autre des bonnes équipes de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

Le revers contre Drummondville a eu l’effet d’une douche d’eau froide auprès des partisans.

Certains ont trouvé la formation de l’entraîneur-chef Martin Bernard trop timide, alors que les visiteurs imposaient leur rythme sur la patinoire du Centre Henry-Leonard.

Pourtant, le Drakkar venait d’aligner plusieurs victoires consécutives et roulait à un rythme d’enfer avant d’affronter les Voltigeurs.

Quelques heures avant le match contre Drummondville, j’avais discuté de la bonne séquence que traversait le Drakkar avec son directeur général, Steve Ahern.

La haute direction de l’équipe avait identifié le mois de janvier comme favorable : plusieurs matchs contre des équipes de la deuxième moitié du classement.

À l'interne, on s’attendait à ce genre de séquence victorieuse.

Le reste du calendrier est plutôt favorable au Drakkar : seulement trois matchs sur 18 contre des équipes du top-6 (deux duels contre l’Océanic et un contre les Voltigeurs).

Baie-Comeau a donc un petit avantage sur Rimouski à ce chapitre. Les Mooseheads ont toujours sept matchs à disputer contre les deux pires équipes de la LHJMQ (le Titan et les Sea Dogs), un privilège considérable dans la course au premier rang de l’association Est.

Revenons au Drakkar...

La direction de l’équipe avait ciblé deux besoins majeurs l’an dernier pour être un aspirant cette année. Le bon début de saison de l’équipe a bonifié l’impression qu’il fallait être acheteurs lors de la dernière période de transactions.

1- acquérir des joueurs qui avaient de l’expérience des séries éliminatoires. Le Drakkar s’est tourné vers Pascal Corbeil, Thomas Éthier, Ethan Crossman, Keenan MacIsaac et Alex D’Orio.

2- les joueurs ciblés sur le marché des transactions devaient s’intégrer facilement à un concept d’équipe. Chacun doit accepter le rôle que la direction de l’équipe a décidé de lui confier.

Même si le DG du Drakkar a été très actif sur le marché, Steve Ahern a vite été rassuré. La chimie de sa formation n’a pas changé.

«C’est comme si notre famille (le Drakkar) avait adopté des enfants (les joueurs) et que tout tout le monde s’était serré les coudes pour ne former qu’un», image-t-il.

Le sociologue associé à l’équipe, Pierre Villemure, a tracé un constat clair : il ne s’est absolument rien passé, la dynamique sociale du Drakkar est demeurée exactement la même après la vague de transactions.

Une bonne nouvelle quand tu décides de greffer une dizaine de nouveaux joueurs à ta formation en l’espace d’un mois.

Le 6 octobre dernier, ma chronique s’intitulait «L'année du Drakkar?»

Je me demandais si cette année serait la bonne dans sa quête d’une première coupe du Président.

Quatre mois plus tard, la question est toujours d’actualité.

Qu’est-ce qui fera la différence dans les prochains mois?

Le grand patron du Drakkar, Steve Ahern, est clair.

«L’acceptation des rôles, dit-il du tac au tac. Notre pire ennemi, c’est l’individualisme.»

Ahern espère que les partisans de l’équipe vont se ranger massivement derrière le Drakkar.

C’est avec l’appui indéfectible de leurs partisans que les Cataractes de Shawinigan ont gagné un premier championnat en 2012. Le scénario a été similaire quatre ans plus tard avec les Huskies.

«On bat des records établis lors des 20 dernières années. Les gens ne se rendent pas tout à fait compte qu’on a en ce moment l’une des trois meilleures équipes de l’histoire du Drakkar. Quand ils vont le réaliser, ils vont adhérer et ça va faire de nous une meilleure équipe.»

Une équipe qui n’a toujours pas gagné le gros trophée en séries.

Est-ce que ça peut être la bonne année cette fois-ci?