Impact

Une relation à développer

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MONTRÉAL – Evan Bush découvre un quatrième entraîneur des gardiens de but en quatre ans, mais le choc n’est pas énorme avec l’arrivée de Rémy Vercoutre, qui est un ancien élève de Joël Bats, son prédécesseur.

«Ça fonctionne bien, les concepts sont assez similaires, relatait le gardien de l'Impact de Montréal la semaine dernière. La grosse différence se situe au niveau des tirs. Rémy est plus jeune et il frappe pas mal plus fort, alors que Joël y allait plus en finesse, ce qui est normal parce qu’il est plus âgé.»

Vercoutre entend tout de même y mettre sa couleur afin de bâtir une belle relation avec son gardien.

«J’ai envie de tisser des liens différents par rapport à ce qu’il a connu avant, et ça passe par beaucoup de discussions, écouler du temps ensemble et parler de ce qui se passe en dehors du terrain. Pour connaître son gardien de but, il faut connaître l’homme.»

Défi

Vercoutre a rapidement noté une différence entre l’expérience européenne et la Major League Soccer (MLS) et c’est en faveur du circuit nord-américain.

«Ce qui est très intéressant pour nous, Européens, quand on arrive en MLS, c’est que beaucoup des joueurs de la ligue sont des universitaires, donc qui ont un bagage scolaire et une capacité intellectuelle à essayer de comprendre leur sport pour s’améliorer.

«Evan est exactement dans ce cadre-là. Quand vous lui parlez, si ç’a du sens, il va le faire à 100 %. Il a du caractère, il a la capacité de dire non, mais il s’engage aussi à fond et c’est super intéressant.»

C’est ainsi que le nouvel entraîneur des gardiens doit offrir des propositions réfléchies et étudiées, ce qui le pousse à la réflexion.

«On ne peut pas proposer des choses qui ne sont pas testées ou qui sont folles, ça doit être réfléchi et c’est très intéressant. Ça me pousse à avoir des billes dans ce que je veux lui proposer.»

Intensité

Bush, qui est lui-même assez intense sur un terrain, affirme la même chose au sujet de son nouveau pilote.

«Rémy est très intense, mais il a un grand sens de l’humour. Les autres joueurs ne voient peut-être pas ça. Joël était plus relaxe à l’entraînement.»

Vercoutre nuance un peu les propos de Bush, ou du moins réajuste le contexte.

«C’est dans ma nature d’être intense sur le terrain. En dehors, je suis cool, assez tranquille et blagueur.

«Sur le terrain, je change d’état d’esprit et de visage, je suis peut-être intense, mais surtout passionné, et ma passion, c’est de ne pas prendre de buts et c’est comme ça depuis que je suis tout petit.»

Vieille rivalité

Les deux hommes ne sont pas de véritables étrangers l’un pour l’autre puisqu’ils se sont déjà affrontés dans un match amical entre l’Impact et l’Olympique lyonnais, en 2012.

« Quand je suis arrivé ici, je me suis demandé si j’avais joué contre des joueurs qui sont encore ici et le seul joueur, c’est Evan, contre qui j’ai fait la séance de tirs au but, c’est un super clin d’œil et j’aime lui dire que je l’ai gagnée», a blagué Vercoutre, ce qui ne démonte pas Bush.

«Je n’ai pas réalisé que j’avais joué contre lui jusqu’à ce qu’il en parle. Je suis allé voir la feuille de match et il n’a pas perdu de temps pour me rappeler qu’il avait gagné dans la séance de tirs au but.

«C’est une farce à mon sens parce que c’était un match amical qui s’était terminé 1 à 1. C’était ma première chance de jouer à un tel niveau.»

Longue histoire entre Garde et Vercoutre

La relation entre Rémi Garde, Joël Bats et Rémy Vercoutre ne date pas d’hier.

«C’est une longue histoire avec Rémi, il a occupé tous les postes stratégiques de l’Olympique lyonnais», explique Vercoutre qui a aussi eu Bats comme entraîneur des gardiens à Lyon.

«Quand Rémi était dans d’autres postes, je le voyais tous les jours et je le tutoyais et le jour où il a pris ses fonctions d’entraîneur, je suis monté dans son bureau et je lui ai dit que je devais le vouvoyer maintenant qu’il était mon supérieur hiérarchique. J’ai été son gardien suppléant et c’est lui qui m’a mis le pied à l’étrier quand Hugo Lloris a été transféré à Tottenham. C’est aussi lui qui est venu m’annoncer, avec Joël Bats, après ma grave blessure au genou que je ne jouerais plus.»

Il n’a donc pas réfléchi bien longtemps quand Garde lui a offert de prendre le relais de Bats, qui est désormais entraîneur adjoint, ayant délaissé les gardiens.

«Quand ils ont décroché le téléphone pour me demander si j’étais prêt à quitter tous mes projets français pour venir les rejoindre, j’ai eu deux questions. J’ai voulu savoir si Joël veut que je devienne celui qui prend sa suite et qui serait le gardien de but. Après [...] j’ai fait mes bagages.»

Besoin d’être sur le terrain

Rémy Vercoutre n’aura pas passé beaucoup de temps loin des terrains après sa retraite, en mai 2018.

Après une carrière de vingt saisons en Ligue 1 avec Montpellier (1998-2002), Lyon (2002-2014) et Caen (2014-2018), de même qu’un petit détour à Strasbourg (2004-2005), Vercoutre a tiré un trait sur les filets.

C’est du moins ce qu’il croyait quand il a quitté les terrains à la fin de la saison 2017-2018 de la Ligue 1. Il s’était reconverti en analyste pour la populaire émission Canal Football Club de la chaîne Canal+.

«Il y a quelques jours, j’ai dit à Evan [Bush] que je ne savais pas que le terrain me manquait autant, reconnaît Vercoutre. J’ai travaillé comme analyste et j’y prenais beaucoup de plaisir, mais c’était sur un plateau de télé ou derrière un bureau.»

En amour avec la ville

Il n’aura pas mis beaucoup de temps à retrouver ce qu’il a tant aimé de sa vie comme athlète professionnel.

«Dès les premiers entraînements, j’ai retrouvé ce que j’aime le plus, le terrain, les sensations avec le ballon, le fait d’être en groupe. C’est une chance que j’ai eue que Rémi me passe un coup de fil.»

De plus, il est rapidement tombé sous le charme de Montréal malgré le froid auquel il dit s’habituer.

«J’arrive dans une ville qui est dingue, au bon sens du terme. La première chose que j’ai voulu faire, c’est d’aller voir le Canadien, même si je ne connais rien au hockey. Je suis ressorti de là et j’adore le hockey aujourd’hui.»