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Longue absence à prévoir pour Paul Byron?

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MONTRÉAL – Paul Byron grimaçait de douleur quand il a percuté la bande en deuxième période après une mise en échec du défenseur Matt Benning, des Oilers d’Edmonton. Avant de rentrer au vestiaire des siens, il a exprimé sa rage en frappant avec sa main droite dans la baie vitrée derrière le banc de l’équipe.

Byron n’avait pas encore reçu le diagnostic des médecins. Mais à lire sur son visage et juste à voir sa réaction, il était déjà possible de s’attendre à une blessure assez sérieuse. Au lendemain de la victoire de 4 à 3 en prolongation du Canadien de Montréal contre les Oilers, «Ti-Paul» brillait par son absence lors d’un entraînement optionnel, lundi.

«Je n’ai pas encore de nouvelles concrètes pour Byron, a dit l'entraîneur-chef Claude Julien. Il passera d’autres examens. Ce n’est pas son épaule, pour ceux qui se posaient la question. C’est plus une question d’avant-bras.»

Attelle

Julien a dérogé un peu de ses habitudes en précisant que l’attaquant est blessé à l’avant-bras gauche. Croisé dans un corridor du Centre Bell par le collègue Jonathan Bernier, Byron portait une espèce d’attelle à son bras gauche. Elle dépassait de sa manche de veston. Sans connaître encore le diagnostic des médecins, il s’agit d’un signe indicateur d’une mauvaise nouvelle.

«Ça fait toujours mal de voir un coéquipier se blesser, a résumé l’ailier Nicolas Deslauriers. Quand tu arrives aujourd’hui et que tu vois qu’il n’est pas là, ça frappe. Mais on a une équipe en santé depuis le début de l’année. Un autre ailier aura sa chance d’en donner plus durant son absence.»

Chiffres révélateurs

Si Byron n’a pas le statut d’un joueur étoile, il a tout de même son importance au sein de l’équipe. Il y a d’ailleurs une statistique très révélatrice à son sujet. Cette saison, le CH montre un dossier de 22-11-3 avec Byron en uniforme. En son absence, la fiche de l’équipe a chuté à 7-7-3.

«Il n’a pas une lettre sur son chandail par hasard, a rappelé Deslauriers. Paul est un leader. On a beaucoup de meneurs dans le vestiaire, mais Paul est plus un meneur par son comportement sur la patinoire. Il travaille toujours fort. La fiche est peut-être un hasard, mais je sais que Paul est une arme importante. Il est tellement rapide.»

Pour justifier la disparité entre les fiches du Tricolore avec ou sans le numéro 41, il faut toutefois préciser qu’il s’est absenté durant tout le mois de novembre. Ça coïncide avec le pire mois de l’année de Carey Price. En novembre, l’homme masqué du CH avait accordé quatre buts ou plus à six reprises.

Questionné sur la fiche des siens avec ou sans Byron, Julien a eu une mémoire à plus court terme.

«Il a aussi manqué trois matchs pour une suspension et on a réussi à bien se débrouiller (2-1-0)», a-t-il répliqué.

Depuis le début de la saison, Byron et Brendan Gallagher sont les deux adjoints du capitaine Shea Weber.

Coéquipier inspirant

Julien a décrit Byron à l’intérieur du vestiaire.

«Paul a sa personnalité, il est très sérieux. Ce que tu vois sur la glace, c’est ce que tu vois dans le vestiaire. Il est intense. Il a un bon caractère. Quand il vient au travail, c’est pour travailler, pas pour jouer. Il est respecté de ses coéquipiers. Il respecte aussi les critères d’une équipe, ce que les entraîneurs exigent d’un joueur.»

Aux yeux de Julien, Byron restera toujours un joueur spécial en raison de sa vitesse et de sa ténacité.

«Il a tellement de rapidité qu’il place les défenseurs de l’équipe adverse sur les talons. Un peu comme McDavid. Paul a aussi du chien, il joue comme un ailier de 6 pi 3 po. Il fonce dans les endroits difficiles. Il se bat sans cesse. C’est un joueur qui inspire ses coéquipiers. Il est un bon meneur par sa façon de jouer sur la glace et de s’entraîner.»

En 36 matchs cette saison, Byron a obtenu 19 points (10 buts, neuf aides) et il présente un différentiel de +9. Utilisé à l’aile un peu partout au sein des trois premières unités, l’Ontarien est également une pièce important du jeu de l’équipe en infériorité numérique. Parmi les attaquants, seuls Phillip Danault et Artturi Lehkonen ont passé plus de minutes sur la glace en désavantage numérique que Byron cette saison.