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Le chef-d’œuvre de Bill Belichick

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Jamais auparavant un championnat des Patriots n’aura autant porté l’empreinte de Bill Belichick. Le sixième titre des Patriots doit à juste titre être considéré comme son chef-d’œuvre personnel, comme le legs qui définit par-dessus tout autre triomphe son inimitable carrière d’entraîneur-chef.

Des triomphes, il y en a eu un et un autre au fil du temps pour Belichick, à commencer par ses brillants débuts comme coordonnateur défensif des Giants sous les ordres de Bill Parcells.

Depuis qu’il est aux commandes des Patriots, il a évidemment signé quelques bijoux de plans de match défensifs. Mais jamais comme celui d’hier, avec un plan infaillible qui a totalement médusé les explosifs Rams et intimidé à souhait leur jeune quart-arrière Jared Goff, qui s’est fait servir du blitz en buffet à volonté, jusqu’à l’indigestion.

Bien sûr, Belichick clame constamment que ce sont les joueurs qui ont le mérite puisque ce sont eux qui effectuent les jeux. D’accord, mais les Patriots attaquaient cette rencontre sans miser sur la défensive la plus prolifique de leur histoire, loin de là. Et pourtant, tout leur a souri. L’empereur avait préparé les troupes comme lui seul sait le faire.

Rams sous le choc

Cette saison, les Rams ont inscrit en moyenne 32,9 points par match, ce qui leur a valu le deuxième rang. Hier, ils ont été limités à trois. Des miettes ! Ils ont été les deuxièmes meilleurs au sol avec une récolte moyenne de 139 verges par match. Hier, ils n’ont intimidé personne avec leurs 62 petites verges par la course. Quant à la passe, leur moyenne de 281 verges a chuté drastiquement à 198 verges.

On dit souvent de Belichick qu’il neutralise le principal atout de l’ennemi à l’attaque. Dans ce cas-ci, les chiffres énoncés le démontrent, il a tout simplement éradiqué toute forme d’attaque pour les Rams.

Dans une ligue où l’offensive a tous les règlements de son côté pour produire des pétarades, Belichick s’impose comme un vieux résistant. L’irréductible qui ne cédera jamais son lopin de terre à l’envahisseur.

Les équipes, assoiffées de gourous offensifs, sont ouvertement à la chasse au prochain Sean McVay, entraîneur-chef des Rams. Même si McVay demeure un entraîneur d’un indéniable talent, Belichick l’a mis dans sa petite poche, tout simplement, à un moment où les meilleurs doivent se démarquer.

En incluant les championnats avant ceux de l’ère du Super Bowl, les légendaires entraîneurs-chefs George Halas (Bears) et Curly Lambeau (Packers) étaient ceux qui revendiquaient le plus de titres avec six. Belichick vient maintenant leur tenir compagnie.

Il ne parlera jamais ouvertement de sa place dans l’histoire avant la fin de sa carrière, mais celle-ci lui est très chère, il n’y a aucun doute.

C’est en orchestrant une victoire lors du Super Bowl le plus défensif de l’histoire qu’il rejoint les entraîneurs les plus titrés. Ça ne s’invente pas ! Belichick était déjà considéré par plusieurs comme le plus grand de l’histoire.

Dimanche, il a été plus que ça. Il a été un géant.