Boxe

Kovalev reprend sa ceinture à Alvarez!

Mathieu Boulay / Le Journal de Montréal

Publié | Mis à jour

Eleider Alvarez a connu une soirée de travail difficile, samedi soir au Ford Center, et il a perdu son titre mondial WBO des mi-lourds.

Dans un combat où il a été trop passif, le protégé de Marc Ramsay s’est incliné par décision unanime des juges (116-112 x 2 et 120-108). Le Journal avait une carte de 116-112.

On ne criera pas au vol avec ces pointages. Loin de là. Kovalev mérite pleinement la victoire et il a boxé Alvarez comme dans ses belles années.

Kovalev a pris le contrôle dès la première cloche alors qu’il s’est planté dans le centre du ring. Il a pris une avance nette sur les cartes des juges lors des six premiers rounds grâce à son jab et quelques coups de puissance.

Pendant ce temps, Alvarez peinait à lancer des attaques soutenues et puissantes. On a eu l’impression qu’il ne trouvait pas de solutions au Kovalev 2.0 et il a tenté de lui passer le knock-out durant toute la soirée. Ce fut une erreur de sa part.

«Je n’ai pas d’excuses. Je croyais avoir livré une bonne performance, mais le résultat n’était pas au rendez-vous, a déclaré Alvarez sur le ring dans les minutes après la décision.

«Je me vois comme un perdant ce soir, mais je vais me relever.»

Mauvaise stratégie

Après les six premiers rounds, l’équipe d’Alvarez avait espoir que le champion retrouve ses marques et qu’il se mettrait en marche. Par contre, ça n’est jamais arrivé.

Son niveau d’énergie baissait en même temps que celui de son adversaire. Son entraîneur Marc Ramsay avait beau lui donner des instructions, mais il n’était pas capable de les appliquer.

De son côté, Kovalev n’a pas cassé comme au premier combat ou lors de ses deux défaites contre Andre Ward. Il avait été bien préparé son préparateur physique Teddy Cruz et il a eu de l’essence dans le réservoir jusqu’à la dernière seconde du choc.

Ce n’est pas la fin du monde, mais Alvarez n’était pas dans son assiette dans ce match revanche.

Est-ce qu’on aura droit à un troisième combat entre les deux hommes ? C’est difficile à dire. On peut s’attendre à ce qu’Alvarez ait besoin d’au moins un combat pour retrouver ses repères.

Voici un résumé de l'action, round par round:

1er round

Kovalev prend le centre du ring tout de suite. Quelques «jabs» sont lancés sans trop de dommage, les boxeurs s’étudient un peu. On s’empoigne près des câbles, Alvarez a le réflexe de soulever brièvement son rival, l’arbitre s’interpose. Kovalev tente de mesurer la distance, quelques coups sont échangés, Alvarez se retrouve dans le coin quelques instants avant la sonnette. Léger avantage Kovalev.

2e round :

«On continue comme ça», lance l’entraîneur Marc Ramsay à son protégé, Alvarez. Kovalev tente des coups de puissance mais n’atteint pas la cible. Le Montréalais tente un grand crochet de la droite, dans le vide. Les deux boxeurs possèdent un bon «jab», mais ils l’utilisent assez peu dans ce round jusqu’ici. Kovalev atteint son rival à la tête à l’aide d’un «jab» avec une minute à faire. Alvarez peine à s’imposer, sans être dominé non plus, et l’avantage semble aller à Kovalev.

3e round :

«On ne peut pas le laisser frapper, il va gagner des rounds comme ça», lance Ramsay à Alvarez. Il implore aussi le Colombien de faire reculer Kovalev. Alvarez place rapidement un «jab» de qualité, Kovalev réplique par une combinaison plus ou moins réussie. Mais les boxeurs commencent à trouver leur rythme. Kovalev lance des coups, mais frappe souvent les gants d’Alvarez, qui tente ensuite une bonne main arrière, sans trop de succès. Le Montréalais tente des coups au corps. Kovalev lance un double «jab», Alvarez l’accroche, le round s’éteint là-dessus.

4e round :

Marc Ramsay veut voir Alvarez garder ses mains hautes, s’approcher un peu plus de Kovalev pour le faire reculer. Les boxeurs prennent leur temps en début d’engagement. On cherche la précision avant le volume. Les têtes se touchent après une minute, pas de coupure. Alvarez place un bon «jab», veut ensuite aller au corps, Kovalev réplique en l’atteignant à la tête sans trop faire de dommage. Plusieurs coups frappent les gants d’Alvarez. Ce dernier place un «jab» vers la fin de ce round assez égal.

5e round :

Kovalev entre dans le round avec une combinaison qui ne fait pas de dommage. Alvarez met de bons coups au corps. Kovalev est très actif, il ne semble pas manquer de gaz. Il multiplie les coups mais la défensive d’Alvarez est efficace. Il réplique peu, toutefois. Il semble déterminé à faire courir Kovalev afin, sans doute, d’en retirer les bénéfices plus tard dans l’affrontement. Le round se termine sans trop d’artifices.

6e round :

Alvarez semble plus passer à l’attaque tôt dans le round. Kovalev réagit avec une solide droite. Beau «jab» d’Alvarez. À la mi-round, ça commence à brasser un peu plus. Kovalev ouvre la machine en fin de round, mais Alvarez n’apparaît pas dérangé. Ramsay lui hurle de faire attention à sa défensive. Fin du round.

7e round :

L’entraîneur de Kovalev indique à son poulain d’éviter la droite d’Alvarez. Celui-ci se fait rappeler par Ramsay que Kovalev va inévitablement s’épuiser. Le Russe frappe tôt dans le round... beaucoup sur les gants du Colombien, encore. Alvarez réplique. Il ne semble pas avoir peur de la puissance du Russe, qui semble moins agité dans ce round. Alvarez ouvre la machine dans les dernières secondes... sans trop d’effet.

8e round :

«Tu travailles pas assez fort», lance Ramsay, qui veut voir Alvarez combiner ses coups, lui rappelant que c’est ainsi que Kovalev s’était retrouvé au tapis lors du premier combat. À ce point-ci, Kovalev a lancé au moins deux fois plus de coups dans le combat que son rival. À la mi-round, peu d’action. Alvarez apparaît en voie d’être forcé à l’emporter par K.-O. Kovalev occupe le centre de l’arène. Mais il ne fait pas mal à son adversaire, qui lance des coups avant de plus ou moins regarder le round se terminer.

9e round :

Ramsay est fâché et implore Alvarez de se mettre au travail. «T’es trop gentil avec lui», lui lance-t-il. Le round commence et Kovalev reprend le centre du ring. Il place des petits coups, danse un peu et la riposte se fait toujours attendre... Alvarez n’est pas du tout en difficulté, mais il réagit très peu. Puis lance une grosse main droite à mi-chemin. Puis le même manège reprend : des coups peu dangereux de Kovalev, peu de réplique d’Alvarez. Le round se termine alors que Kovalev touche solidement Alvarez une ou deux fois et le Montréalais sera forcé de passer le K.-O. pour l’emporter ce soir.

10e round :

«Si tu ouvres la machine, il va casser», affirme Ramsay à son poulain. Alvarez a des objectifs clairs pour ce round... il place deux bonnes droites rapidement. Ça se calme ensuite. Kovalev apparaît en confiance et pas trop fatigué même si le combat est très avancé et qu’il a placé plus de coups que son rival. Le Russe passe à l’attaque avec une minute à faire, pas de riposte. «La tête, la tête», crie le coin d’Alvarez. Le round se termine sans histoire.

11e round :

Alvarez souffle fort avant d’amorcer le round. Place une bonne combinaison rapidement. Le Montréalais veut partir à l’attaque à la mi-round, on s’accroche, ça va nulle part. Autre corps à corps, séparation, on recommence et il reste une minute à ce 11e round. Alvarez place une bonne combinaison droite-gauche. Mais rien de significatif n’arrive.

12e round :

Ramsay veut qu’Alvarez varie ses coups. Kovalev place un coup qu’Alvarez n’aime pas et ce dernier se met brièvement en colère. Le Colombien apparaît frustré. Kovalev ne semble pas perdre de rythme. Alvarez est toujours incapable de répliquer avec aplomb. Il doit passer le K.-O. mais n’est pas du tout en voie de le faire. Ça se termine, personne n’est allé au tapis dans ce combat, Kovalev a été deux fois plus actif et... ça regarde bien pour lui, à première vue.