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Crédit : AFP

NFL

Les 12 travaux des Patriots

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Comme Astérix et les Gaulois, même s’ils semblent souvent dépassés en nombre, en puissance ou en vitesse, les Patriots refusent année après année de s’éteindre. Les irréductibles de la Nouvelle-Angleterre sont tombés dans la marmite de potion magique en 2001 et même quand tout semble jouer contre eux, ils se découvrent continuellement une force insoupçonnée pour répondre aux multiples assauts ennemis. L’empire qui résiste encore et toujours aux affres du temps ne s’est pas érigé en un jour. Voici donc les 12 grands travaux qui ont façonné l’équipe qui tentera de décrocher une sixième victoire à sa onzième présence au Super Bowl.

1. UN NOUVEAU PROPRIÉTAIRE

Vous pensez que les Patriots et le succès ont toujours été de pair? Détrompez-vous! De leur fondation en 1960 jusqu’en 1993, ils n’ont pris part aux séries qu’à six reprises. Véritable risée de la NFL jusqu’au point d’être menacée de déménager, l’équipe a été achetée en 1994 par Robert Kraft. Depuis, en 25 ans sous sa gouverne, les Patriots ont été des séries à 20 reprises. Achetée au coût de 172 millions $, la franchise est aujourd’hui évaluée à une valeur de 3,8 milliards $. Un propriétaire ne réalise pas les gros jeux sur le terrain, mais le succès d’une équipe part au sommet de la pyramide.

2. UN CHOIX D’ENTRAÎNEUR CONTESTÉ

Si Bill Belichick est aujourd’hui considéré comme le meilleur entraîneur-chef de l’histoire, il n’en était rien quand les Patriots lui ont donné ce poste en 2000. Malgré une superbe carrière comme coordonnateur défensif derrière Bill Parcells, Belichick a montré une fiche de 36-44 en cinq ans à sa première expérience comme entraîneur-chef, avec les Browns, de 1991 à 1995. Après une bizarre tournure d’événements, Belichick a ensuite accepté le poste d’entraîneur-chef des Jets pendant une seule journée, avant de rejoindre les Patriots. Choix contesté au départ, il règne en souverain depuis.

3. UN CHOIX DE SIXIÈME RONDE PAYANT

La meilleure décision dans l’histoire des Patriots est survenue en sixième ronde du repêchage de 2000, avec le 199e choix. Un certain Tom Brady a été sélectionné sans la moindre fanfare et devait occuper un rôle de réserviste derrière Drew Bledsoe. C’était le cas jusqu’à ce que Mo Lewis, des Jets, pulvérise Bledsoe et que Brady fasse son entrée en scène le 23 septembre 2001 pour ne plus jamais repartir. Rappelons qu’avant lui, au repêchage de 2000, on lui a préféré les quarts-arrières Chad Pennington, Giovanni Carmazzi, Chris Redman, Tee Martin, Marc Bulger et Spergon Wynn.

4. LE MATCH DU «TUCK RULE»

Impossible d’évoquer le premier Super Bowl des Patriots sans d’abord parler du désormais célèbre match du « Tuck Rule ». Le 19 janvier 2002, à Foxborough, Patriots et Raiders se battaient dans une neige abondante pour déterminer qui passerait en finale de conférence. En fin de rencontre, les Raiders croyaient (et croient toujours !) qu’ils avaient fait perdre le ballon à Tom Brady, mais les officiels ont plutôt estimé qu’il s’agissait d’une passe incomplète. Quelques instants plus tard, le botteur Adam Vinatieri réussissait un mémorable placement qui donnait la victoire aux Patriots pour lancer, sans le savoir, la grande dynastie.

5. UN PREMIER TITRE INATTENDU

Au terme de la saison de 2001, la première de Tom Brady comme partant en relève à Drew Bledsoe en cours de route, la planète NFL s’attendait à voir les Rams couronnés au Super Bowl, tandis que les Patriots devaient faire office de chairs à canon. Les Patriots s’étaient pourtant donné une surprenante avance de 17-3 après trois quarts, jusqu’à ce que les Rams et leur puissante offensive orchestrent un furieux retour pour niveler la marque au quatrième quart. Avec 1 min 30 s à jouer, Brady a lancé sa légende en menant une poussée qui a permis à Adam Vinatieri de réussir le placement victorieux sur 48 verges au moment où le temps était écoulé.

6. ET DE DEUX

Après la frénésie de leur premier Super Bowl, les Patriots ont raté les séries en 2002, mais revenaient au sommet un an plus tard pour tenter de prouver que leur premier sacre n’avait rien d’une frime. Face aux Panthers, au terme d’un quatrième quart complètement fou lors duquel les deux rivaux se sont échangé 37 points, les Patriots ont émergé avec une victoire de 32-29. C’est encore une fois un botté de placement d’Adam Vinatieri qui a scellé l’issue du match et Tom Brady a été nommé pour une deuxième fois le joueur le plus utile du Super Bowl.

7. OFFICIELLEMENT UNE DYNASTIE

Difficile de dire quand une équipe sportive peut être considérée officiellement comme une dynastie, mais avec un troisième titre en quatre ans au terme de la saison de 2004, les Patriots se sont approprié cette étiquette. En battant les Eagles au compte de 24-21, ils remportaient un deuxième Super Bowl de suite, ce qu’aucune équipe n’a accompli depuis. Le héros de la rencontre avait été le receveur Deion Branch, qui avait battu le record du légendaire Jerry Rice pour un match du Super Bowl avec 11 réceptions, pour 133 verges. Pur produit du système efficace des Patriots, Branch est ensuite disparu de la circulation à Seattle après un gros contrat.

8. UNE SAISON (PRESQUE) PARFAITE

L’une des saisons les plus mémorables dans l’histoire des Patriots est survenue en 2007, sans même qu’ils terminent champions. Cette année-là, les Patriots sont devenus les premiers à terminer une saison avec une fiche parfaite de 16 victoires et aucune défaite, en grande partie grâce à une offensive redoutable qui prenait plaisir à massacrer ses rivaux. Tom Brady a établi un record à l’époque avec une saison de 50 passes de touché, tandis que Randy Moss s’inscrivait aussi dans le livre des records chez les receveurs avec 23 touchés. Cette épopée s’est terminée en queue de poisson au Super Bowl face aux Giants. Les Dolphins de 1972 sont ainsi demeurés la seule équipe invaincue de l’histoire.

9. UNE RIVALITÉ ÉPIQUE

Impossible de revenir sur les moments marquants dans l’histoire des Patriots sans parler de la rivalité entre Tom Brady et Peyton Manning, son vis-à-vis qui a joué pour les Colts et les Broncos. Les deux rivaux ont été les deux plus grands quarts-arrières de leur génération et entre 2001 et 2015, ils se sont affrontés à 17 reprises, dont quatre fois en finale de la conférence américaine. Brady a plus souvent brillé dans ces duels avec une fiche de 11 victoires et 6 défaites. Manning a toutefois eu le dessus en séries avec un dossier de 3-2. À chaque occasion, ces matchs s’avéraient déterminants et suscitaient une tonne d’attention.

10. MALCOLM BUTLER DIT NON

Au fil du temps, les Patriots ont eu leur légion de héros qui ne semblaient pas prédestinés à connaître la gloire. Après avoir échoué au Super Bowl au terme des saisons 2007 et 2011, les Patriots ne revendiquaient aucun championnat depuis 2004 lorsqu’ils se sont mesurés aux Seahawks, en 2014. Avec les Seahawks à la porte des buts en fin de match, le demi de coin Malcolm Butler est sorti de l’ombre pour réussir le jeu d’une vie en interceptant une passe pour donner la victoire aux siens. On se demande encore pourquoi les Seahawks n’ont pas couru avec Marshawn Lynch, mais c’est une autre histoire...

11. UNE REMONTÉE HISTORIQUE

Peu de gens avaient prévu ce scénario au Super Bowl 51... Face aux Falcons, les Patriots ont connu un début de match misérable, si bien qu’ils tiraient de l’arrière par 28-3 au troisième quart. C’est à ce moment que Tom Brady et sa bande ont orchestré la plus grosse remontée dans l’histoire du Super Bowl pour finalement l’emporter 34-28 en prolongation. Jamais auparavant un match n’avait nécessité la prolongation au Super Bowl. Brady a du même coup hérité de son quatrième titre de joueur le plus utile du match ultime. Le porteur James White a quant à lui établi un record avec 14 réceptions et en a égalé un autre avec trois touchés.

12. ENCORE AU SUPER BOWL

En vertu d’une victoire de 37-31 en prolongation il y a deux semaines en finale de conférence face aux Chiefs, les Patriots se préparent pour une 11e présence au Super Bowl dans l’histoire de l’équipe et une neuvième depuis la formation de l’increvable tandem Brady-Belichick. À Kansas City, pourtant, les Patriots étaient négligés (par trois points) par les preneurs aux livres pour une première fois à leurs 68 derniers matchs lorsque Tom Brady était le quart-arrière partant. Après coup, Brady a mentionné que cette victoire figurait parmi les plus gratifiantes de sa carrière.