Crédit : Martin Chevalier / JdeM

Canadiens de Montréal

Un coup de pied au derrière d'Alex Galchenyuk!

Un coup de pied au derrière d'Alex Galchenyuk!

Elizabeth Rancourt

Publié 31 janvier
Mis à jour 31 janvier

Pas question de donner un câlin à Alex Galchenyuk! Ce serait un câlin dans le vide. Un câlin perdu.

La semaine dernière, mon collègue et ami Marc-André Perreault nous a pondu un autre bon blogue. Je vous invite d’ailleurs à le lire si ce n’est pas déjà fait.

«Un câlin pour Alex Galchenyuk» a écrit Marc-André.

Il faut savoir une chose: l’ami Marc-André est un grand cajoleur! Il distribue les câlins ici et là, donnant que du bonheur à ses bénéficiaires! Et je vous garantis que personne ne s’en plaint!

Mais revenons à son texte «Un câlin pour Alex Galchenyuk». C’est fou comme mon opinion est diamétralement opposée!

Juste le titre m’a fait sursauter! Et le reste du blogue m’a renversée!

Hey le «calinours»! Ce n’est pas d’un câlin dont Galchenyuk avait besoin pendant ses six années à Montréal, mais d’un bon coup de pied au derrière!

Combien de fois s’est-on dit: cette année, c’est l’année de Galchenyuk. Il va débloquer, il va exploser et jouer à la hauteur de son talent! Mais non, la révélation Galchenyuk n’a jamais eu lieu. C’est frustrant parce qu’avec un talent aussi exceptionnel, j’avais juste le goût de le brasser et de lui dire: «RÉVEILLE»!!

Certains donneraient tout pour avoir le quart de ton talent!

Et un de ceux-là, c’est Bruce Richardson, l’entraîneur-chef de l'Armada de Blainville-Boisbriand. C’est en parlant du «cas Galchenyuk» avec des amis lors du weekend du Match des étoiles de la LNH, qu’un d’eux m’a suggéré d’appeler Bruce. S’il y en a un qui, plus jeune, rêvait d’avoir le physique et le talent de l’attaquant américain, c’est bien lui!

Son opinion? C’est simple: ça prend beaucoup plus que du talent pour jouer dans la LNH.

Ça prend d’abord et avant tout la passion!

Et c’est quoi, au juste, être un passionné de hockey? C’est sortir du junior et obtenir un contrat dans la ligue américaine... pour ensuite frapper un mur et être retourné dans la ECHL. C’est de décider un bon matin de prendre le téléphone et d’appeler TOUS les DG de la LNH parce qu’on ne peut plus supporter de se faire dire par son agent: «Cette équipe est intéressée, mais...»

MAIS QUOI? C’est réussir à obtenir une invitation au camp des Red Wings et signer un contrat de deux ans sans jamais jouer un seul match dans la LNH. C’est se promener un peu partout en Amérique du Nord et même déménager sa famille en Europe pour poursuivre sa passion. C’est réussir à gagner sa vie en jouant au hockey au niveau professionnel pendant 14 ans. C’est Bruce Richardson, qui dans le hockey d’aujourd’hui, du haut de ses 5 pi 9 po, serait du style Brendan Gallagher et Max Domi. deux joueurs dont la fougue, la détermination et la passion sont au rendez-vous soir après soir.

Bruce partage mon avis: si le numéro 27 avait démontré autant d’émotions et de vouloir sur la glace chaque match, la critique aurait été beaucoup plus clémente à son endroit.

L’entraîneur-chef de l’Armada se questionne. Le troisième choix au repêchage de 2012 l’a-t-il eu trop facile? Lui a-t-on toujours dit qu’il était beau et bon? Avait-il fait face à des obstacles avant d’arriver dans le pro? Avait-il la discipline requise et si difficile à maintenir dans un marché aussi festif que Montréal? Est-ce qu’il a déjà eu à travailler dur et faire ses preuves comme les Marchessault, Gourde et Burrows de ce monde qui n’ont jamais été repêchés?

Bruce Richardson est catégorique: dans la LNH d’aujourd’hui, le talent ne suffit plus. Il faut de la passion et il faut se trouver une niche. Le meilleur exemple? Samuel Blais. Blais était le meilleur attaquant que Richardson avait sous la main lorsqu'il dirigeait les Tigres de Victoriaville. Mais Richardson, lui, en demandait plus. Il lui disait qu’il devait amener une autre dimension à sa «game». Démontrer du caractère et jouer physique. Mais sur le coup, le jeune joueur de 6 pi 2 po, 205 lb, n’a pas saisi le message. Bruce a pris une décision difficile. L’asseoir dans les gradins. Une belle claque au visage pour le jeune attaquant qui, pourtant, était le meilleur atout de son équipe! Quelques années plus tard, après 24 matchs avec les Blues de St. Louis cette saison, le jeune québécois de 22 ans comptait 74 mises en échec, soit environ trois par matchs, bon pour le premier rang de son équipe.

C’est vrai qu’Alex Galchenyuk reste un mystère. On ne connaît pas tout de son parcours et de son histoire. Il faut se garder une petite gêne. Mais j’avoue que parfois, lorsqu’il nous sortait son petit air, non pas timide, mais arrogant, j’avais le goût de lui dire: «Tu as 22 ans, tu ne joues pas à la hauteur de ton talent, change d’attitude, chef!»

Bon... avec tout ça, je ne suis pas certaine que je me suis méritée un câlin auprès de mon calinours préféré!