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L'épopée imprévisible de Tom Brady

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Les cinq bagues du Super Bowl ont forgé son immortelle légende. Pourtant, à une époque pas si lointaine, à sa première de neuf présences au match ultime, les Rams le percevaient comme un facteur négligeable. C’est l’aveu même de son ancien vis-à-vis, Kurt Warner, qui passe au confessionnal 17 ans plus tard.

Tandis que les deux équipes se préparent à en découdre pour une deuxième fois, dimanche, au Super Bowl, un retour dans le temps s’impose. Le 3 février 2002, un jeune blanc-bec de 24 ans dirigeait l’attaque des Patriots avec une certaine efficacité, mais sans l’ombre de l’aura qui l’habite aujourd’hui.

Revendiquant seulement 14 départs, 2843 verges et 18 passes de touchés, dont aucune en deux matchs de séries, Tom Brady n’était clairement pas une préoccupation pour les Rams.

«Pour être honnête, avant ce match, Tom Brady était le dernier de nos soucis», a admis candidement l’ancien quart étoile lors d’une rencontre, mercredi, où il a bien voulu ressasser quelques souvenirs douloureux.

Incrédulité générale

Si le fait que les Rams aient péché par excès de confiance à l’égard du nombril vert qu’était Brady semble incompréhensible, il faut se souvenir que le numéro 12 n’avait rien d’un prodige annoncé à l’époque. Warner assure que même après la victoire-surprise des Patriots, il était impossible d’avoir la foi en ce nouveau Messie de la Nouvelle-Angleterre.

«Même dans ce match, il a lancé pour à peine 145 verges contre nous. C’était inimaginable qu’il devienne celui qu’il est aujourd’hui.

«Il est le plus grand quart-arrière de l’histoire et nous en avons eu tout au plus un aperçu dans les dernières minutes du match. Les Patriots n’ont pas hésité à lui laisser le match entre les mains quand ça comptait le plus, mais si qui que ce soit vous dit aujourd’hui qu’il savait ce que Tom Brady allait devenir, il est fou ! C’est fantastique de voir le joueur qu’il est devenu», a-t-il confié.

Pas de scandale

Des années après ce premier sacre pour Brady et sa bande, des rumeurs à l’effet que les Patriots auraient filmé une pratique marchée des Rams la veille du Super Bowl ont surgi. Les Patriots ont toujours nié, mais depuis, de gros noms chez les Rams de l’époque, dont l’ex-porteur Marshall Faulk, ne se sont jamais gênés pour accuser les Patriots des plus basses tricheries.

Pour Warner, la réalité est tout autre.

«Ils ont mieux joué que nous. Nous avons eu nos opportunités, mais nous avons commis des erreurs. Notre niveau de talent faisait de nous la meilleure équipe sur papier, mais nous n’avons pas joué comme tel ce dimanche-là. Pour moi, c’est la plus grande déception», estime-t-il.

Ce n’était que le début du fabuleux destin de Brady, qui se prépare à revoir les Rams dans un contexte infiniment différent, avec 308 départs, 236 victoires et 590 passes de touchés derrière la cravate, en incluant ses matchs en séries. Et ce n’est pas fini...

«Il joue de la même manière maintenant que ce qu’il faisait il y a 17 ans. La plupart de ses passes sont dans un rayon de 20 verges ou moins. Sa précision et son intelligence sont ses atouts. Ce type de quart-arrière peut jouer plus longtemps que d’autres qui dépendent beaucoup de leurs habiletés athlétiques. Je ne serai pas surpris s’il continue de jouer à ce niveau pendant encore trois ou quatre ans.»

Voilà! Kurt Warner vous aura prévenu...

Des règlements là pour rester

Le point de presse attendu du commissaire Roger Goodell n’a pas laissé entrevoir de grands bouleversements en ce qui concerne la possibilité d’étendre les reprises vidéo à des punitions comme l’obstruction, même à la suite du tollé qui fait rage depuis la finale de l’Association nationale.

La décision des arbitres de ne pas donner d’infraction aux Rams en fin de rencontre face aux Saints occupe toujours beaucoup d’attention en cette semaine du Super Bowl.

Goodell, qui s’était réfugié dans le silence depuis le début du brouhaha, s’est finalement exprimé sur le sujet dans le cadre de son «adresse à la nation» annuelle. À la lumière de ses propos, les apôtres du changement devront visiblement modérer leurs attentes durant la saison morte.

«Est-ce qu’on devrait ajouter des situations à la reprise vidéo ? Jusqu’ici, la reprise n’inclut pas les décisions de jugement et il s’agissait d’une décision de jugement. Jusqu’à maintenant, nos équipes et nos entraîneurs ont été très réticents et il y a eu peu d’ouverture pour qu’un officiel dans nos bureaux de New York décerne une pénalité quand les officiels sur le terrain n’ont pas lancé de mouchoir», a-t-il dit.

Faute avouée

Goodell a par ailleurs confirmé qu’il avait parlé à l’entraîneur-chef des Saints, Sean Payton, et qu’il lui avait admis qu’il aurait dû y avoir punition sur ce jeu critique, même si la ligue n’a jamais diffusé de communiqué officiel à cet effet.

Quant au fait que certains aient suggéré que l’ajout d’un autre officiel affecté à la vidéo pourrait régler le problème dans le cas de décisions basées sur le jugement des arbitres sur le terrain, Goodell a aussi fait la moue.

«Nous sommes dans un sport joué par des humains imparfaits et arbitré par des humains imparfaits. Ajouter un autre officiel, ce serait seulement ajouter un autre humain imparfait. Et la technologie ne réglera jamais tous les problèmes», a-t-il opiné.

Saviez-vous que...

Il y a eu sept matchs revanche dans l’histoire du Super Bowl. L’écart de 16 ans entre le premier et le deuxième duel opposant les Rams aux Patriots est le plus long.

Avant ses 40 ans, Tom Brady a amassé en moyenne 267,5 verges par match en séries. Depuis ses 40 ans, cette moyenne a grimpé à 364,6 par match.

Kraft derrière Brady

À la fin du point de presse du commissaire Roger Goodell, le propriétaire des Patriots, Robert Kraft, a pris à son tour un bain de journalistes. Entre autres sujets, il a évoqué le fait qu’il n’hésitera pas une seconde à prolonger le contrat de son quart-arrière étoile Tom Brady, qui viendra à échéance après la saison prochaine. Eh oui, même dans la quarantaine. «Ces trois dernières années, nous avons eu le privilège d’atteindre le Super Bowl. Je serais surpris qu’il ne soit pas notre quart-arrière pendant encore un bon moment», a-t-il lancé. Plus tard dans la journée, Brady a dit apprécier le soutien. «Je pense que peu de gens croyaient que je jouerais encore de cette façon, même si moi, je le croyais. Robert m’a toujours encouragé et c’est pourquoi nous avons une belle relation», a-t-il dit.

Belichick s’amuse

Les moments où Bill Belichick s’amuse à dérider la galerie s’avèrent plutôt rares, mais l’un de ceux-ci est survenu hier. Lorsqu’un journaliste a demandé à l’intimidant entraîneur-chef des Patriots s’il considérerait après sa carrière la possibilité d’écrire un livre dans lequel seraient expliqués sa philosophie et ses différents stratagèmes pour la postérité, Belichick est d’abord resté de marbre. «Je ne sais pas. J’essaie juste de me préparer pour les Rams et c’est un emploi à temps plein», a-t-il répondu. Puis, après un instant de réflexion et un sourire moqueur, il a lancé au journaliste: «En achèterais-tu un ?» Cette inhabituelle répartie a suscité l’hilarité générale dans la salle.

À travers les poissons !

Le comité organisateur du Super Bowl nous étonnera toujours. Pour votre humble serviteur, il s’agit d’une huitième présence à l’événement et le traditionnel party des médias du mardi soir a le don de nous transporter dans des lieux où il est de prime abord difficile d’imaginer une ambiance festive. Qu’il s’agisse d’un musée comme à San Francisco ou d’un centre commercial comme à Minneapolis, l’endroit a toujours de quoi surprendre. Mais jamais autant qu’un aquarium comme à Atlanta ! C’est à travers les poissons de tout acabit, dont de gigantesques requins-baleines, que les invités ont trinqué. Décor particulier, certes, mais les gens de la place sont toujours aussi efficaces. Même quand vient le temps de mettre tout le monde dehors à 23 h !