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Tomas Plekanec: Le chapitre tchèque

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Il porte encore le numéro 14. Il a toujours son typique col roulé et sa barbichette. Mais le logo sur son chandail n’est plus le même. Après 1001 matchs dans la Ligue nationale de hockey (LNH), dont 984 avec le Canadien de Montréal, Tomas Plekanec a fait un retour chez lui, en République tchèque.

Plekanec se retrouvait en train pour un court voyage entre Brno et Vitkovice, deux villes situées à l’est de Prague, quand il a généreusement parlé de sa nouvelle réalité en entrevue téléphonique au «Journal de Montréal».

«J’aime ça. Évidemment quand tu te retrouves dans la LNH, c’est une histoire différente. L’aréna [DRFG Arena] est trois fois plus petit que le Centre Bell avec une capacité d’environ 7700 partisans. Mais j’ai maintenant la chance de jouer chez moi, dans mon pays. Je joue devant ma famille, des amis de longue date. C’est un autre chapitre de ma carrière. J’ai du plaisir.

«Nous voyageons en autobus et parfois en train, a-t-il continué. Ça me rappelle mes premières saisons en Amérique du Nord avec les Bulldogs de Hamilton. Il n’y a pas de jet privé ici. Mais nous revenons toujours le soir même à la maison. Je rentre à la maison à minuit. Je dors dans mon lit!»

Pour Plekanec, ce retour en République tchèque représente l’occasion de boucler la boucle.

«J’ai toujours eu cette idée en tête, a-t-il confié. J’y pensais depuis un certain temps. Je voulais revenir à la maison pour mes dernières années, que ce soit à Kladno ou avec une autre équipe. Je voulais également jouer au sein de la meilleure ligue chez moi. J’avais déjà dit que je planifiais de finir ma carrière à la maison. C’est une façon aussi de redonner à mon pays.»

L’influence de Martin Erat

À la base, Plekanec a paraphé un contrat avec l’équipe de sa ville natale, Kladno, une formation de la deuxième division. Il y a joué cinq matchs (quatre buts, deux aides) avant de se faire prêter au HC Kometa de Brno, une équipe de première division qui a remporté le championnat au cours des deux dernières années.

À Brno, le centre de 36 ans a obtenu huit passes décisives à ses 13 premiers matchs. Il a renoué avec un ancien des Predators de Nashville et des Capitals de Washington en Martin Erat.

«Je connaissais bien le DG et le "coach" [Libor Zabransky], mais aussi Martin Erat. J’ai joué souvent avec Martin pour l’équipe nationale, lors des Jeux olympiques et plusieurs Championnats du monde. Je le suis depuis longtemps, nous étions coéquipiers aussi lors du Championnat du monde junior en 2001. Ça fait une éternité!»

«Martin m’a téléphoné pour m’inviter à Brno. Je savais que j’étais pour jouer au sein de son trio. C’était un plus pour moi. Il a de l’expérience dans la LNH aussi. Je savais à quoi m’attendre en jouant avec lui.»

Un côté secret

Plekanec restera avec l’équipe de Brno jusqu’à la fin de la saison. En raison d’un règlement du championnat tchèque, il retournera avec la formation de Kladno pour les séries. Il aura alors comme objectif de permettre à l’équipe de sa ville de gagner la division 2 pour réintégrer la première division l’an prochain.

S’il a longtemps touché un salaire de six millions avec le CH, Plekanec n’a pas voulu divulguer les chiffres de son contrat actuel.

«Les salaires ne sont pas dévoilés en République tchèque, a-t-il répliqué. Ce n’est pas comme dans la LNH, c’est plus secret. Tous les joueurs au sein de l’équipe vivent uniquement du hockey. Les salaires sont assez bons pour bien vivre en République tchèque.»

À Brno, Plekanec partage le même vestiaire qu’un ancien bel espoir de la LNH en Peter Mueller. Il a aussi pour coéquipier un attaquant originaire de Montréal, Alexandre Mallet.

Pour l’instant, l’homme au col roulé n’a aucune idée quand il annoncera sa retraite.

«J’y penserai un jour. J’aimerais rester dans le monde du hockey. En ce moment, je me concentre sur ma carrière de joueur. J’aime tellement ce sport, je pense constamment au hockey. J’aime aussi regarder l’évolution de notre sport. Les choses changent rapidement dans notre vie. Mais je peux m’imaginer dans la peau d’un "coach" ou d’un DG, probablement en République tchèque.»

Ce qu’il pense

De la saison du CH:

«Les experts continuent de dire que c’est une surprise de voir Montréal dans le portrait des séries, mais ça n’a rien d’une surprise pour moi. Je crois que le CH participera aux séries. L’équipe n’était pas aussi mauvaise que sa fiche l’an dernier. Marc avait besoin de réaliser quelques petits changements et d’apporter de nouvelles idées au sein de l’équipe. Il a réussi ses missions.»

De Phillip Danault:

«J’ai toujours aimé et respecté Phil. Il travaille fort, il fait les bonnes choses sur la glace. Il est un centre intelligent. Phil est né au Québec, c’est un joueur de la place. Il se plaît dans cet environnement. Il s’améliore depuis ses débuts dans la LNH à Chicago. Il y a une progression constante. C’est exactement ce que Kotkaniemi devra accomplir au cours des prochaines années.»

De Jesperi Kotkaniemi:

«KK peut devenir un très bon premier centre. Il se débrouille très bien à sa saison recrue pour un jeune 18 ans. Mais il faut toujours de la patience avec un jeune. Il y a encore du travail à accomplir. Nous aurons notre réponse dans quelques années. Il est sur le bon chemin.»

Loin de ses enfants:

Depuis son retour en Europe, Plekanec vit loin de ses enfants, Adam et Mathyas, qui restent aux côtés de leur mère, Lucie Vondrackova, à Montréal. Encore plus célèbre que Plekanec en République tchèque, Vondrackova, une chanteuse et actrice, peut vivre dans un anonymat relatif au Québec. Sur le plan personnel, Plekanec s’est séparé de sa conjointe en 2018, ce qui fait constamment les manchettes à Prague. Dans la rubrique à potins, on vous dira qu’il fréquente maintenant la joueuse de tennis tchèque Lucie Safarova.