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«Je pensais que c’était la fin»

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Quand le défenseur David Noël a été touché à l’œil droit par le bâton d’un adversaire, au début du mois d’octobre, dans un match opposant les Foreurs de Val-d’Or aux Huskies de Rouyn-Noranda sur la patinoire du Centre Air Creebec, il a «capoté». En une fraction de seconde, il ne voyait plus rien du côté droit; le noir total.

Noël a joué de malchance sur la séquence alors que le bâton de l’adversaire s’est glissé sous sa visière pour atteindre l’œil, et ce, à son sixième match de la campagne.

Après trois mois de convalescence durant lesquels sa force mentale a été mise à rude épreuve, l’espoir des Blues de St. Louis a renoué avec l’action le 4 janvier dernier contre l’Armada de Blainville-Boisbriand en portant une grille protectrice.

Si les séquelles sont minimes dans son cas puisque la rétine a été épargnée, le capitaine des Foreurs a dû s’habituer à vivre avec une petite portion embrouillée de l’œil, ce qui le contraint à porter en permanence un verre de contact teinté pour réduire l’effet de la lumière.

«C’est vraiment un soulagement. J’ai encore un petit côté de mon œil qui est flou parce que ma pupille est dilatée. J’ai un verre de contact teinté pour cacher la lumière qui m’aide pas mal, mais c’est moins pire qu’avant. Je me suis adapté à la lumière et c’était surtout pour la glace blanche et les grosses lumières d’aréna. J’ai joué plusieurs matchs et je dirais que je n’ai pas remarqué de différence», a confessé le jeune homme de 19 ans en entrevue téléphonique avec Le Journal.

Pire scénario envisagé

Dans les minutes qui ont suivi l’incident, Noël s’est rapidement imaginé le pire des scénarios dans sa tête. Choix de cinquième ronde des Blues en 2017, l’imposant arrière de 6 pi 1 po était convaincu qu’il ne pourrait plus rejouer au hockey à un niveau aussi compétitif. C’était d’ailleurs la première fois qu’il subissait une blessure aussi sérieuse.

«J’ai eu vraiment peur et sur le coup, je pensais que c’était la fin de ma carrière. J’ai ouvert et je ne voyais plus rien. J’ai vraiment capoté. J’ai pensé au pire».

Noël a été forcé à l’inactivité complète pendant deux mois pour faire baisser le niveau de sang dans son œil, faisant quelques fois la navette entre Val-d’Or et Québec, sa ville natale, où il a rencontré des spécialistes en ophtalmologie à l’hôpital du Saint-Sacrement.

À partir de ce moment, il a commencé à apercevoir la lumière au bout du tunnel de la récupération. Les Blues se sont d’ailleurs informés de son état de santé tout au long de sa convalescence.

«Ça a été dur de ne rien faire pendant deux mois quand tu passes à être actif chaque jour à ne rien faire. C’est ça qui a été le plus long. C’était important que la pression baisse et tranquillement, j’ai recommencé à avoir de l’espoir. J’avais beau être à Québec, je pensais être avec les gars à Val-d’Or. J’avais hâte de revenir, mais je devais prendre le temps.»

Et il en a tiré une leçon pour l’avenir. «J’ai eu un gros été et mon camp à St. Louis a pris beaucoup de jus. Ça m’a permis de me reposer parce que ce n’est pas arrivé souvent de revenir après une longue absence. Une grosse blessure de la sorte, ça permet de réaliser que le hockey est un jeu et que ça ne tient qu’à un fil.» Quant au contrat qu’il tente de dénicher, il n’en fait pas une obsession.

Lutte pour les séries

D’ici la fin de la saison, Noël, qui compte 10 points en 14 rencontres, espère aider les Foreurs à décrocher l’avantage de la patinoire au premier tour éliminatoire.

La troupe de Pascal Rhéaume est engagée dans une course avec trois autres clubs pour l’obtention de la quatrième place dans l’Ouest, la dernière offrant ce privilège.

«J’aimerais ça qu’on puisse se tailler une place pour l’avantage de la glace en séries. Ce serait un pas vers l’avant pour nous. Et personnellement, je veux faire en sorte que l’équipe se rende le plus loin possible.»