Canadiens de Montréal

Derrière chaque grand joueur se cache une femme

Derrière chaque grand joueur se cache une femme

Elizabeth Rancourt

Publié 24 janvier
Mis à jour 24 janvier

1er janvier 2019, il est 11 heures. J’arrive à la porte d’embarquement E2 à l’aéroport de Dallas. La nuit a été courte! La veille, ou plutôt, la veille du jour de l’An, le Tricolore a terminé l’année de belle façon avec une victoire de 3 à 2 face aux Stars.

C’est Jeff Petry qui a procuré la victoire aux siens avec un superbe but après seulement 14 secondes d’écoulées en prolongation. Je l’ai personnellement remercié dans le vestiaire de nous avoir permis d’apprécier notre verre de champagne pour célébrer la nouvelle année, et ce, dans la joie et la bonne humeur!

Revenons à la porte E2. Alors que je m’affale sur un banc, deux petits bonhommes courent tout partout. J’estime que le plus vieux semble avoir le même âge que mon fils, environ 2 ans et demi ou 3 ans. Je les observe toucher à tout, se chamailler, crier, grimper sur les bancs et sur la valise du monsieur d’à côté, toucher à la caméra de mon caméraman. «No! Do not touch!» Deux petits monstres!!! Je les regarde... d’un regard attendri, un regard de mère! Mais soudain, je les reconnais! Je les ai souvent vus au Complexe sportif Bell de Brossard et au Centre Bell! Ce sont les p’tits Petry! On ne peut pas les manquer... ils en déplacent de l’air!!

(Crédit: compte Twitter de Tricolore Sports)

Maman Julie n’est pas loin. Elle a de la broue dans le toupet. «Boyd ne fait pas ça, Barrett revient ici. Non! On ne frappe pas son frère dans le visage»....eh misère!

Nos regards se croisent. On se comprend. Comme deux mères, tsé! J’ai pris l’avion une seule fois avec mon garçon, mais il ne marchait pas encore. Thank God!

Je la regarde et je suis découragée pour elle. Heureusement, sa mère l’accompagne pour ce voyage Dallas-Montréal en classe régulière avec ces deux petits vites qui veulent tout faire sauf s’asseoir sagement pendant des heures. Et tout ça pendant que papa est sûrement en train de déguster un savoureux petit déjeuner dans son avion nolisé avec l’équipe!

Lorsque j’ai raconté cette anecdote à Jeff Petry cette semaine après une séance d’entraînement, il riait! Il sait à quel point c’est de la job de s’occuper et de voyager avec ses deux petites boules d’énergie! Mais dans son sourire, ses yeux brillaient. Lorsque Jeff parle de sa femme, il est plein d’admiration.

Julie Petry est loin de ces fameux stéréotypes de femme de joueur de hockey. Vous savez exactement ce que je veux dire. Du premier coup d’œil, on comprend que Julie n’est pas différente des autres femmes. Elle s’occupe de sa progéniture comme n’importe quel autre parent.

Oui je le sais! Je vous entends déjà dire: peut-être, mais avec un mari qui écoule un contrat de 33 millions pour 6 ans, elle n’est pas à plaindre! Elle peut s’acheter n’importe quoi. Vrai.

Mais il y a des choses qui ne s’achètent pas. La patience, la force mentale. Deux éléments durement mis à l’épreuve avec des enfants! Jeff sourit lorsqu’il me dit que sa femme a certainement en elle une réserve sans fond de patience et de gestion de crise, elle qui se tape le gros de la logistique à la maison!

Prenons le mois de décembre en exemple. Le CH a disputé six matchs à la maison. Donc six soirs sans papa. Et neuf matchs sur la route, donc 18 jours de voyagement pour papa. Ça ne laisse pas beaucoup de temps en famille. Mais ces moments en famille, le numéro 26 fait tout pour les maximiser. C’est sa priorité. Pas surprenant que la famille ait élu domicile à Brossard tout près du Centre d’entraînement. Entre les entraînements et les matchs, papa Jeff est à la maison. Ses deux garçons fréquentent une garderie du coin et il est très fier de dire qu’ils y apprennent le français. (J’ai bien hâte de voir comment va réagir le plus jeune lorsqu’il va apprendre ce que son prénom, Barrett, veut dire quelque chose en français!! Haha!!)

Dans la vie, ce n’est pas la quantité, mais la qualité du temps passé ensemble. J’adhère à cette philosophie tout comme Jeff. Il a d’ailleurs tout prévu pour ce long congé de neuf jours sans hockey! Pour une rare fois, il va ouvrir sa maison d’été en plein hiver! Une maison sur le bord d’un lac au Michigan. Il ne se souvient plus la dernière fois qu’il y est allé en hiver! Au programme : patinage, glissade et farniente, en famille!