Laurent Duvernay-Tardif

Photo : Laurent Duvernay-Tardif Crédit : AFP

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«Ça fait très mal» - Duvernay-Tardif

Publié | Mis à jour

Contraint d’observer la défaite crève-cœur des Chiefs sur la touche, Laurent Duvernay-Tardif rêvait de retrouver sa place et d'affronter les Rams au Super Bowl 53, le 3 février. Les Patriots de la Nouvelle-Angleterre en ont décidé autrement.

«Ça fait très mal... Dans ma tête, je m’enlignais aujourd’hui (lundi) pour aller m’entraîner à nos installations. Je m’étais dit que je ferais pas mal de cardio pour me préparer au fait que c’est un peu plus chaud à Atlanta. Je me voyais aller faire mes traitements et commencer à analyser les Rams. J’étais convaincu que j’allais pouvoir jouer dans deux semaines, c’est ce que je m’étais fait dire (par l’équipe).»

«Pour moi, ça aurait été un peu comme un conte de fées de pouvoir revenir pour le match ultime alors que j’ai été blessé au début de la saison. Je pensais déjà à comment j’allais optimiser mes deux semaines pour ensuite contribuer le mieux possible», a-t-il confié lundi, toujours incrédule de la défaite par 37-31 des Chiefs, en prolongation.

Duvernay-Tardif a subi une fracture du péroné de la jambe gauche, le 7 octobre, face aux Jaguars de Jacksonville. Avant la finale de la conférence américaine face aux Patriots, après 13 semaines hors de combat, les Chiefs ont annoncé qu’il revenait sur l’alignement régulier.

Mais à chaque match, sept réguliers ne sont pas en uniforme et le garde québécois a fait partie du groupe de joueurs inactifs.

«Je pense à tous les efforts que j’ai fait à chaque jour pour essayer de repousser mes limites et me sortir de ma zone de confort. Je n’ai pas pris une journée off. J’ai tout fait ce qui était en mon pouvoir pour revenir au jeu et je n’aurai pas eu la chance de le faire. C’est ça aussi qui est décevant», a-t-il réfléchi.

Plus tôt durant la semaine, il s’est bien gardé de révéler la stratégie des Chiefs, mais il a su dès mercredi que son tour ne viendrait pas dimanche. Andrew Wylie, qui a pris la place de Duvernay-Tardif, a conservé son rôle sur la formation partante.

«Retrouver ta force, ta confiance en ta jambe et le même ancrage, ce n’est pas évident. En comparaison des autres semaines, ça allait, mais il y a aussi une question de vitesse de réaction au niveau des blitz et des différentes pressions. Les entraîneurs ont opté pour la solution qui fonctionnait dans les dernières semaines», a expliqué Duvernay-Tardif.

Une décision respectée

Après coup, certains diront que le «Docteur» aurait pu aider la cause des siens. La ligne offensive des Chiefs a connu des ratés en concédant quatre sacs du quart. Le jeu au sol n’a généré que 41 verges, pour une faible moyenne de 3,4 verges par portée.

«Je respecte le choix des entraîneurs et je le comprends. Après la partie, c’est facile d’argumenter là-dessus parce qu’on n’a pas le choix de dire que la ligne offensive aurait pu mieux jouer, mais il reste que c’est une décision qui est très compréhensible», a commenté Duvernay-Tardif.

Prêt à attaquer la prochaine saison

Malgré l’amertume de la défaite et la douleur autant mentale que physique associée à sa blessure, Laurent Duvernay-Tardif ne remet clairement pas en question son avenir sur le terrain.

Même s’il ne cache pas que les derniers mois ont été pénibles, le numéro 76 des Chiefs piaffe déjà d’impatience à l’idée d’attaquer sa première saison morte sans médecine et entièrement consacrée au football.

«Personnellement, cette première vraie grosse blessure dans ma carrière m’a rentré dedans un peu. Je n’ai pas joué depuis plusieurs semaines et je veux recommencer à m’entraîner tout de suite. J’ai une rage en-dedans de moi de me préparer au meilleur de mes habiletés.»

«J’ai toujours été sérieux, mais cette fois-ci, je n’aurai pas à m’entraîner après une nuit de 10 heures à l’hôpital. Le point central sera le football. Autant je digère mal la défaite, autant je me prépare déjà mentalement à devenir le joueur que je peux être la saison prochaine. Ça allume en moi une flamme, une volonté de me pousser encore plus», a-t-il tranché, en assurant que le retour au contact ne l’angoisse pas.

«Je connais les pronostics à long terme de ma blessure et c’est très positif. Mon dernier jeu au football n’était pas contre Jacksonville, disons-le comme ça!»

Quel avenir pour les Chiefs?

Quant aux Chiefs, la tenue du jeune quart-arrière Patrick Mahomes inspire confiance. Duvernay-Tardif voit donc l’avenir d’un bon œil, mais demeure réaliste.

«On va s’en rappeler de cette défaite et on va être prêt la saison prochaine. C’est très positif. En même temps, c’est utopique de penser que c’est assuré qu’au football tu vas avoir la même équipe avec la masse salariale, les contrats, les blessures... Chaque saison est différente et c’est pour ça que ça fait mal de ne pas s’être rendu jusqu’au bout avec l’équipe qu’on avait cette année», a-t-il conclu.

Les joueurs des Chiefs qui deviendront agents libres en mars sont nombreux, dont les partants Dee Ford (secondeur), Allen Bailey (ailier défensif), Steven Nelson (demi de coin), Mitch Morse (centre) et Anthony Sherman (centre-arrière). L’organisation dispose d’environ 36 millions sous le cap salarial.