Ski et planche

Maxence Parrot frappé par le cancer

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MONTRÉAL – Réel pionnier dans le monde du snowboard, capable de pirouettes les plus audacieuses sur les pistes enneigées, le Québécois Maxence Parrot aura un nouveau défi à relever: il devra lutter contre le cancer.

L’athlète de 24 ans originaire de Bromont a lui-même annoncé qu’on lui a diagnostiqué un lymphome de Hodgkin de stade IIA lors d’un point de presse jeudi à Montréal. Le même cancer qui a frappé Mario Lemieux.

Voyez le reportage de Nicolas A Martineau dans la vidéo ci-dessus.

Entouré de son psychologue sportif Jean François Ménard et de sa copine Alysson Gendron-Gallant, il a indiqué qu'il devait mettre fin à sa saison.

«J’ai malheureusement reçu un diagnostic de cancer quelques jours avant Noël, le 21 décembre. Ça n’a pas été une nouvelle facile à digérer, autant pour moi que pour ma famille, a dit Parrot, qui doit subir une douzaine de traitements de chimiothérapie d’ici le mois de juin. Ça me fait peur, c’est un nouveau "challenge" pour moi. Mais heureusement, je suis bien entouré.»

Remonter sur sa planche

Téméraire de nature, le médaillé d’argent aux Jeux olympiques de Pyeongchang en 2018 semble prêt à tout pour remporter ce nouveau combat et retourner rapidement dans les remonte-pentes. Dès qu’il a su qu’il devait subir des traitements, il a d’ailleurs demandé à ce qu’ils soient repoussés à la fin de la présente saison hivernale. Une demande qu’il a vite retirée après une bonne discussion avec le médecin.

«Quand on m’a annoncé que j’avais le cancer, ma première réaction, ç’a été de dire: "Est-ce qu’on peut pousser les traitements au moins jusqu’après les X Games?"»

«J’aurais été capable de compétitionner, mais j’étais un peu innocent face à ce qu’est le cancer. Après plusieurs explications, j’ai compris qu’un cancer, si on ne le traite pas, on finit par en mourir. J’ai pris cela beaucoup plus au sérieux par la suite.»

Rester actif

C’est au mois de novembre que Parrot a su que quelque chose clochait, lorsqu’il a senti une bosse dans son cou. Accompagnée de quelques symptômes, dont des démangeaisons, cette anomalie l’a poussé à consulter son médecin de famille. Cette dernière lui a rapidement demandé de subir une biopsie.

Lors de cette biopsie, il avait d’ailleurs publié une photo sur son compte Instagram, sans révéler de détails, pour expliquer son absence au Dew Tour.

Parrot prévoit maintenant poursuivre les traitements qu’il a déjà commencé à suivre. Heureusement pour lui, il peut continuer à bouger au cours des prochains mois, qui seront décisifs pour son avenir.

«La bonne nouvelle, c’est que je dois rester actif le plus possible, a-t-il expliqué. Je ne suis pas une personne qui aime rester au lit longtemps! Au moins, je vais pouvoir sortir dehors et faire des sports. Peut-être pas des triple cork, mais je vais quand même faire du snowboard. C’est une bonne chose, parce que plus je serai actif, plus que le retour sera facile.»

«Je vais essayer de rester le plus positif possible. Ce sera un long processus, mais j’ai une bonne équipe autour de moi, et je suis très motivé et déterminé. Ça sera ma compétition cette année», a mis en perspective Parrot, qui compte bien participer aux Jeux olympiques de Pékin, en 2022.

En bref

Médaille d’argent aux JO de Pyeongchang en 2018

Quatre médailles d’or en Big Air aux X Games (2014, 2016, 2017 et 2018)

Une médaille d’or en Slopestyle aux X Games (2014)

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Un ami pour l’appuyer

MONTRÉAL – Maxence Parrot ne s’est pas lancé dans l’inconnu lorsqu’il a entamé ses traitements contre le cancer, le 10 janvier. Il a pu se fier à l’expérience de son meilleur ami Jean-David Lessard, qui est en rémission de la même maladie.

À son retour de la Corée du Sud, où il avait remporté une médaille d’argent en Big Air aux Jeux olympiques en février dernier, Parrot avait raconté en exclusivité au «Journal de Montréal» l’histoire de Lessard, qui a lui aussi souffert du lymphome de Hodgkin il y a quelques années.

Les deux hommes s’étaient lancé un défi avant que Parrot ne s’envole pour l’Asie: lui devait remporter une médaille olympique tandis que Lessard devait vaincre son cancer. Ils ont tous les deux triomphé.

«Il va très bien maintenant», a rapidement lancé Parrot, jeudi, lors d’une conférence de presse pour annoncer sa maladie.

«C'est drôle que mon meilleur ami ait subi le même cancer que moi, il y a juste deux ou trois ans. Maintenant, c’est à mon tour de combattre ça. J’ai la chance de voir le parcours qu’il a suivi et il me soutient là-dedans chaque jour.

«Probablement toutes les chirurgies que j’ai subies, il les a vécues avant moi. Donc avant [ces opérations], il me dit: "Inquiète-toi pas, ils vont faire ceci et cela..." Donc il est capable de me rassurer. Je suis content qu’il soit là pour moi tous les jours. Il est capable de me mettre sur le bon chemin, alors je suis entre de bonnes mains avec lui.»

Les deux amis se connaissent depuis très longtemps. Une situation qui amène Parrot à s’interroger, puisque seulement 900 Canadiens par année reçoivent un diagnostic de ce cancer.

«[Les scientifiques] n’ont aucune idée encore pourquoi [ce cancer] survient. Il touche beaucoup les jeunes de moins de 30 ans. Je ne sais pas ce que mon ami et moi on a pu faire quand on était jeunes, mais on en a souffert les deux», a lancé Parrot, non sans une pointe d’humour.

Une preuve que l’athlète conserve un bon moral, malgré l’épreuve qu’il doit traverser.

«Le moral va bien. J’y vais au jour le jour. Je crois que je suis un bon combattant de base. C’est comme faire une compétition de snowboard, mais là, c’est un combat contre mon propre corps.»