Crédit : Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Boxe

Le combat le plus important de la carrière d'Oscar Rivas

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Oscar Rivas est à la croisée des chemins. Vendredi soir au Casino Turning Stone de Verona, dans l’état de New York, il disputera un combat qui définira la suite de sa carrière.

Rivas (25-0, 17 K.-O.) affrontera l’Américain Bryant Jennings (24-2, 14 K.-O.) dans un duel où les enjeux seront très élevés. Pas moins de trois ceintures mineures (deux de l’IBF et une de la WBO) et une place avantageuse dans les classements mondiaux (#2 IBF, #2 WBO et top 5 WBC) seront remportées par le gagnant.

Le Montréalais d’origine colombienne ne se cache pas la tête dans le sable. Il sait que sa carrière se jouera pendant les 36 minutes d’action contre Jennings qui est un adversaire de très bon calibre.

«C’est un combat très important, a indiqué Oscar Rivas. En Jennings, je me bats contre un des meilleurs de ma catégorie. Je me suis entraîné en conséquence lors de mon camp en Colombie.

«C’est l’affrontement qui va déterminer plusieurs choses dans ma carrière et ma vie.»

Dans le passé, les blessures ont ralenti Rivas dans son ascension. Lorsqu’il monte dans le ring, on se demande souvent si le protégé de Marc Ramsay est à 100 % de ses capacités. Sa préparation pour l’affrontement de Jennings s’est bien déroulée.

«Je me sens très bien physiquement et j’ai été en mesure de pousser la machine pendant mon camp, a souligné Rivas. Pour ce qui est des examens médicaux, on s’est assurés que tout était en ordre avec la commission athlétique de Verona.»

Jennings: du gros calibre

Peu d’amateurs du Québec connaissent Bryant Jennings. Il est plus grand, plus gros et possède une plus grande portée que Rivas. De plus, ses habiletés font de lui un adversaire de premier niveau.

Ses deux seules défaites sont survenues de façon successive contre Wladimir Klitschko et Luis Ortiz en 2015. Depuis ces deux soirées difficiles, le protégé de John David Jackson n’a pas perdu un autre duel.

«Je suis habitué de me battre contre des adversaires plus imposants que moi, a précisé Rivas. Je sais qu’il est allé au tapis lors de son dernier combat [contre Alexander Dimitrenko], mais pas question pour moi de le sous-estimer.»

«Je vais m’arranger pour ne pas que ça m’arrive. J’ai travaillé fort, mais je sais qu’il a aussi trimé dur de son côté.»

Même position qu’Alvarez

Quand on regarde la situation de Rivas, elle a beaucoup de similitudes avec celle de son compatriote et ami, Eleider Alvarez.

Avant son combat de championnat du monde contre Sergey Kovalev, Alvarez avait le rôle de négligé et peu de gens croyaient en ses chances de détrôner le Russe. Toutefois, il a fait mentir la planète boxe en l’emportant par knock-out.

Rivas était aux premières loges lors de cette soirée mémorable. Il aimerait bien à son tour causer une surprise d’envergure.

«Eleider et moi étions ensemble à Bogota et on se poussait pendant les entraînements, a raconté Rivas. Ça n’a pas été difficile de nous motiver. Eleider est une inspiration pour moi.»

Puis, à l’instar d’Alvarez avec Kovalev, Rivas a dû accorder une clause de combat revanche dans ses négociations avec Jennings afin d’obtenir le combat.

Oscar Rivas aura besoin d’une performance presque parfaite

Marc Ramsay sait que son boxeur Oscar Rivas sera impliqué dans le combat le plus important, mais aussi le plus difficile de sa carrière vendredi soir au Casino Turning Stone de Verona.

L’entraîneur du Colombien de 31 ans a une bonne idée de l’ampleur de la tâche qui attend son protégé dans le ring.

«Après le top 5 de toutes les associations, on retrouve le nom de Bryant Jennings, a souligné Marc Ramsay lors d’une entrevue téléphonique avec le "Journal de Montréal". C’est un boxeur très complet. Il est l’un des plus rapides de la division des poids lourds.»

«Oscar n’aura pas beaucoup de marge de manœuvre dans ce combat. Il aura besoin d’une performance presque parfaite pour l’emporter. Dans ce combat, on joue le tout pour le tout et on doit tenter de brasser les cartes dans la division.»

Rivas a le potentiel pour atteindre les objectifs de son entraîneur. Au cours de sa carrière, il a réalisé quelques belles performances, mais ses nombreuses blessures ont freiné son élan à chaque fois.

«Lors de ses 25 combats, il a souvent offert des performances moyennes en raison de ses différentes blessures, a ajouté Ramsay. Il a connu un bon camp en Colombie et il s’en est sorti sans blessure.»

Maldonado: derrière lui

Le 1er décembre dernier, Rivas a offert une performance ordinaire contre Fabio Maldonado. Tous les membres de son équipe étaient en furie au terme de l’affrontement.

Durant le combat, Ramsay a même dû donner une claque au visage de son pugiliste pour lui faire réaliser qu’il ne boxait pas bien.

«C’est la première fois que ça m’arrivait, mais j’ai compris pourquoi Marc l’a fait, a souligné Rivas. Mon corps était dans le ring, mais je n’étais pas là sur le plan psychologique.»

«J’ai fait l’erreur de penser que ce serait un combat facile. Ce n’était pas mon meilleur combat, mais ça m’a motivé à apporter les bons correctifs pour mon prochain combat. J’ai mis cette soirée derrière moi.»