Philadelphia Eagles v Kansas City Chiefs

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Laurent Duvernay-Tardif espère retrouver son poste de garde partant

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Maintenant qu’il a officiellement reçu le feu vert des Chiefs pour revenir au jeu, Laurent Duvernay-Tardif peut savourer le fruit de son dur labeur de réadaptation des derniers mois.

Un retour dans l’alignement ne garantit toutefois pas qu’il retrouvera immédiatement son poste de garde à droite partant, un rôle qu’il souhaite se réapproprier en vue du choc de dimanche, face aux Patriots, à Kansas City.

À l’écart depuis la cinquième semaine d’activités en raison d’une fracture du péroné, Duvernay-Tardif s’est entretenu mercredi avec les médias pour la première fois depuis que sa blessure est survenue.

Après avoir assuré à l’attroupement de journalistes locaux qu’il se sentait très bien, le docteur a regagné son casier et a discuté ouvertement pendant une quinzaine de minutes avec le représentant du «Journal de Québec».

Si le sourire est facile lorsqu’il parle du plaisir de renouer avec l’action, le ton plus sérieux reprend le dessus en évoquant son rôle face aux Patriots, pour le duel de finale de la conférence américaine.

Pas assuré d’être partant

C’est qu’en son absence, le garde de deuxième année Andrew Wylie a bien fait, au point d’être nommé meilleur joueur de première année par ses coéquipiers. Duvernay-Tardif regagne donc l’alignement régulier, mais pas forcément comme garde partant.

«J’essaie de ne pas trop m’en faire et j’approche ce match comme si j’allais être partant. Les entraîneurs n’ont pas l’habitude de nous dire d’avance ce qu’il en est. Il faut juste aller sur le terrain, faire de mon mieux et me battre pour le poste. Les cinq meilleurs joueurs sur la ligne offensive en ce moment seront sur le terrain dimanche», a confié Duvernay-Tardif.

L’entraîneur-chef Andy Reid n’a rien fait pour éclaircir le suspense en mentionnant simplement que Laurent Duvernay-Tardif sera évalué au quotidien et qu’il prendra part à des rotations avec les partants à l’entraînement. Les médias n’ont accès qu’à une minime portion, au tout début des entraînements.

Les Patriots d’abord

Pour le numéro 76, le simple fait d’être apte à revenir au jeu après une blessure qui demandait de 12 à 14 semaines de réhabilitation s’avère une victoire en soi. Il souhaite bien sûr contribuer activement aux succès des siens, mais comprend la situation délicate.

«En ce moment, tout le monde ici est concentré sur le match à gagner en fin de semaine. Si quelqu’un ici est meilleur que moi à ma position en ce moment, je vais le prendre avec humilité et essayer de faire en sorte que cette personne-là soit la meilleure possible sur le terrain.»

«Je sais le niveau de jeu auquel je peux jouer et je l’ai démontré pendant quatre ans. Je pense pouvoir être le même Laurent qu’avant, mais si je ne le suis pas tout de suite, je vais l’être l’année prochaine. J’étais parmi les meilleurs gardes avant et je vais essayer de rester là», a-t-il lancé.

Une longue guérison

Pendant les longues semaines de convalescence et de réhabilitation, Duvernay-Tardif affirme qu’il a connu des hauts et des bas, mais qu’il n’a jamais réellement perdu le moral.

«C’était la première fois que je subissais une blessure qui me tenait à l’écart si longtemps. C’est sûr que ça change la game. Tu passes de joueur partant au gars qui va aux mêmes meetings, mais qui n’a peut-être pas la même attention.

«C’est difficile, mais quand tu sens que le vestiaire est derrière toi, tu ne peux pas t’apitoyer sur ton sort. Ça arrive à tout le monde dans la NFL. Il fallait juste me donner tous les moyens de revenir sur le terrain et approcher le processus avec optimisme. Ça s’est bien passé.»

À un pas d'un match ultime

Dans le monde du sport, les athlètes insistent souvent sur l’importance de ne pas regarder plus loin qu’un match à la fois. Or, puisqu’il ne reste qu’une victoire avant de pouvoir accéder au Super Bowl, il est difficile d’écarter totalement de ses pensées la possibilité de prendre part au match ultime.

Laurent Duvernay-Tardif et les Chiefs auront la chance de disputer une toute première finale de conférence dans l’histoire de l’équipe à l’intérieur de leur forteresse, le Arrowhead Stadium, dimanche.

Pour l’ancien des Redmen de McGill, il ne fait aucun doute que les Patriots occupent entièrement l’esprit des joueurs et des entraîneurs des Chiefs, mais pour les siens, l’objectif final a toujours été dans la mire.

«C’est le but ultime, mais pas juste pour moi. C’est pour tout le monde dans l’équipe. Depuis le 9 mai, quand je suis revenu de mon examen de médecine, il a toujours été clair ici qu’on s’entraînait pour aller gagner le Super Bowl. On est proches, mais il faut continuer de penser un adversaire à la fois parce qu’il y en a tout un qui s’en vient à Kansas City en fin de semaine!» a souligné le garde.

Du soutien à la maison

«Les Patriots savent ce qu’ils font en termes de système défensif. Ce ne sont pas nécessairement les gars les plus athlétiques qu’on a vus individuellement, mais collectivement, ils jouent très bien ensemble. Ce sera important de jouer en équipe sur le même niveau», a-t-il poursuivi.

Duvernay-Tardif estime que pendant les longues semaines loin de l’action, il n’a jamais cessé de sentir du soutien en provenance du Québec, principalement de ses proches.

«C’est incroyable quand les Chiefs envoient un message à propos de mon retour sur leurs réseaux sociaux et qu’un paquet de commentaires sont en français! J’ai senti tout au long que les gens à la maison poussaient avec moi pour que je revienne.»

«J’ai eu du support à la maison, de mes amis, ma copine et mes parents. Quand tu sais que ton but est de revenir au jeu, tu repousses la limite chaque jour en explorant tes zones d’inconfort. Je ne pouvais jamais être confortable parce que chaque journée comptait. Ça a été la différence entre revenir maintenant ou après la saison. Je veux jouer, mais déjà, le fait d’être actif, j’en suis content», a-t-il insisté.

Quand Docteur se blesse...

Laurent Duvernay-Tardif est certainement l’un des seuls athlètes au monde à pouvoir poser lui-même un diagnostic quand il se blesse. Quand il s’est fracturé le péroné face aux Jaguars, le 7 octobre, il ne connaissait pas le verdict final, mais il a vite compris que sa saison était compromise.

«Je savais que quelque chose était cassé parce que j’ai entendu un bruit. La seule façon de savoir la nature exacte de la blessure était de passer un examen. La blessure s’est révélée plus complexe que ce que l’on avait imaginé au départ, mais ce sont des choses qui arrivent», a-t-il expliqué mercredi.

Le dossier Kareem Hunt

C’est avec grand fracas que le porteur de ballon Kareem Hunt a été libéré par les Chiefs il y a près de deux mois, quand une vidéo de lui en train de s’attaquer physiquement à une femme a fait surface. Pour Duvernay-Tardif, la décision des Chiefs allait de soi.

«Kareem était un excellent joueur pour nous, mais quand c’est arrivé, tout le monde savait que ça ne passerait pas. La NFL est une business et, le lendemain, il n’était plus là et c’était au suivant. Ça a fait plus de bruit à l’extérieur du vestiaire qu’en dedans. Il y a des trucs qui ne passent pas et il fallait vite passer à autre chose», a-t-il philosophé.

Pensée pour Mathieu Betts

L’ailier défensif du Rouge et Or Mathieu Betts passe présentement par le même processus que Laurent Duvernay-Tardif en 2014. Épié par les équipes de la NFL avec plusieurs espoirs américains dans le cadre de la Classique East-West Shrine, Betts partage aussi le même agent, Sasha Ghavami.

«C’est un athlète incroyable. J’ai suivi indirectement le processus de recrutement parce que les Chiefs sont allés le voir et que Sasha est son agent. C’est le fun d’avoir le pouls de ce qui se passe, ça me rappelle des souvenirs. C’est sa tribune en ce moment.

«Il a définitivement les capacités athlétiques et la tête de football pour faire sa place dans la NFL, et ce sera intéressant de voir quel type d’équipe va lui donner une chance», a-t-il dit.