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Oscar Rivas: survivre grâce à son gérant

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Quand un boxeur étranger ne dispute pas de combats avec des bourses intéressantes, il doit être bien appuyé par une personne solide sur le plan financier. Pour Oscar Rivas, ce fut son gérant Stéphane Lépine.

Lépine a permis au boxeur de garder la tête à l’extérieur de l’eau à plusieurs occasions depuis son arrivée à Montréal en 2009.

«C’est moi qui ai assumé toutes les dépenses d’Oscar, a confirmé Stéphane Lépine au "Journal de Montréal". Il ne pouvait pas travailler dans un autre domaine, car son permis est seulement valide pour la boxe.»

«Je payais son loyer et ses comptes. Je dois reconnaître que ce ne fut pas toujours facile, et à certains moments, on a dû gérer de façon très serrée. Tout le monde de l’équipe a pris les bouchées doubles.»

Depuis l’arrivée de Rivas et d’Eleider Alvarez en sol québécois, il estime avoir investi plus de 400 000 $ dans cette aventure. Le lucratif contrat d’Alvarez avec le réseau ESPN lui permettra de couvrir une bonne partie de cette somme.

«Pour moi, ce n’est pas une "business", mais bien un passe-temps, a mentionné le Québécois. Au cours des deux dernières années, mes profits réalisés avec Eleider m’ont permis de financer la carrière d’Oscar.»

«À la fin, si cette opération est payante, je serai content. Par contre, je ne le fais pas avec cet objectif en tête.»

Vendredi, au cours de son duel contre Bryant Jennings, il sait que Rivas jouera gros à tous les niveaux.

«Ça passe ou ça casse, a indiqué Lépine. J’ai bon espoir qu’Oscar livrera une excellente performance et qu’il causera une commotion dans le monde de la boxe.»

Grandir dans la pauvreté

Avant de s’amener au Québec, Rivas n’avait pas eu la vie facile en Colombie.

L’athlète a grandi à Buenaventura, une ville de 300 000 habitants où est situé le plus important port maritime de son pays. Par contre, c’est un endroit où les taux de criminalité et de pauvreté sont très élevés.

Comme la plupart des enfants de son âge, Oscar traînait dans les rues. Il le faisait avec son cousin Edinson.

«J’étais toujours avec lui et, un jour, il m’a conseillé d’aller dans un gymnase de boxe, a indiqué Rivas. J’ai fait un round de "sparring" et je me suis retrouvé avec un œil au beurre noir.

«Malgré cette blessure, j’ai eu la piqûre et j’y suis retourné.»

Afin de poursuivre son développement comme boxeur, il a quitté son patelin pour aller à Cali à l’âge de 13 ans.

«Je travaillais dans la construction pour pouvoir payer mes bandages et mes autres accessoires d’entraînement. J’ai aussi eu un boulot dans un garage où je donnais un coup de main à un mécanicien. C’était dur, mais j’ai réussi à avancer dans la vie.»