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Mike Matheson incite les joueurs à consulter un psychologue

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Détenteur d’un diplôme en psychologie de Boston College, où il a joué son hockey universitaire, le Québécois Mike Matheson croit que les joueurs de hockey gagneraient à s’occuper davantage de ce qui se passe dans leur tête plutôt que de se concentrer presque uniquement sur leur corps.

«Les joueurs de hockey, et les athlètes en général, dépensent tellement d’énergie et d’argent à prendre soin de leur corps alors que tout le monde dit "le sport est à 70 % mental et 30 % physique"», a expliqué le défenseur originaire de Pointe-Claire, sur l’île de Montréal, dans un long texte lui étant consacré sur le site de la Ligue nationale de hockey (LNH).

«En tant qu’athlète professionnel, tu dois travailler comme un fou sur l’aspect physique pour être capable de compétitionner, mais j’aime penser que les sportifs bénéficieraient de s’attarder aussi à l’aspect mental. C’est toujours ce que j’ai voulu faire avec mon diplôme. Travailler sur ce 70 %.»

Matheson dispute présentement sa troisième saison complète avec les Panthers de la Floride. Âgé de seulement 24 ans, il est le troisième arrière le plus utilisé de son équipe avec une moyenne de 21 min 53 s de temps de glace par rencontre.

Avant les matchs de dimanche, il comptait 15 points, dont deux buts, à sa fiche en 2018-2019.

Apprécié

Repêché en première ronde en 2012, Matheson est apprécié par son organisation.

«Il est encore jeune et il apprend encore, mais quand il est bon, il est vraiment bon, a indiqué l’entraîneur-chef des Panthers, Bob Boughner. Il a un excellent coup de patin et un bon lancer. Il voit bien le jeu. Il y a beaucoup de choses qui font de lui en excellent joueur. Je crois qu’il peut monter son niveau de jeu encore d’un cran.»

Le directeur général Dale Tallon encense pour sa part la personnalité du Québécois. «Il a une influence sur les gars, a-t-il dit. Plus tu as de joueurs comme lui dans ton vestiaire, mieux c’est.»

Un mentor

En plus de parler de l’importance de l’aspect mental du sport, Matheson prêche par l’exemple. Il discute d’ailleurs régulièrement avec le psychologue sportif des Panthers, Derick Anderson.

«C’est bien de pouvoir parler de quelque chose qui n’est pas nécessairement relié au hockey avec quelqu’un qui n’est pas ton entraîneur, ta conjointe ou tes parents, a expliqué Matheson. Cette personne peut t’aider à remettre ton énergie et ton attention sur les choses qui vont te permettre de t’améliorer.»

Matheson essaie de jouer un rôle semblable auprès de certains joueurs des Lions du Lac St-Louis, l’équipe de la Ligue de hockey midget AAA avec laquelle il a évolué quand il était adolescent. C’est Jon Goyens, qui a dirigé Matheson avec les Lions et qui est toujours à la barre de l’équipe, qui le met en contact avec ses joueurs.

«C’est eux qui décident de l’importance de mon implication et dans quelle mesure ils veulent me parler, a dit Matheson. J’ai appris cela du Dr Anderson. Il dit que le plus dur parfois est de ne rien faire. J’essaie d’appliquer cette leçon avec les joueurs à qui j’ai parlé. Je ne veux pas qu’ils se sentent obligés. S’ils veulent me parler, tant mieux. S’ils n’en ressentent pas le besoin, c’est aussi une bonne chose. Cela veut dire qu’ils sont sûrs d’eux.»