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L'arme secrète de Jesperi Kotkaniemi

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Lorsque Jesperi Kotkaniemi a déjoué Semyon Varlamov d’un foudroyant tir sur réception, samedi soir, tous se sont demandé pourquoi la recrue du Canadien de Montréal n’utilisait pas plus souvent cette «garnotte».

«C’est mon arme secrète. Je la garde pour les séries éliminatoires», a-t-il lancé, tout sourire, une fois de retour au vestiaire après le match contre l’Avalanche du Colorado.

En le voyant décocher ce tir, Shea Weber s’est rappelé des souvenirs de jeunesse.

«C’était une manœuvre comme celles de Brett Hull», a comparé le vétéran de 33 ans.

«Comme qui?», a réagi Kotkaniemi lorsque mis au courant des propos de son capitaine.

C’est dans des moments comme ceux-là qu’on constate le fossé qu’il peut y avoir entre deux générations...

Peut-être Weber devrait-il préparer un montage vidéo de quelques-uns des 741 buts inscrits par Hull entre 1986 et 2004? S’il y en a un qui n’hésitait pas à bombarder la cage adverse, c’est bien lui.

Depuis 1986, saison de la première campagne du fils de Bobby, seulement trois joueurs ont effectué plus de tirs que les 4876 qu’il a décochés au cours de sa carrière : Jaromir Jagr (5637), Brendan Shanahan (5086) et Alexander Ovechkin (5072).

Drouin le comprend

Cela dit, ce n’est pas la première fois qu’on lui recommande de mettre plus souvent les gardiens adverses à l’épreuve. Selon ses coéquipiers, il devrait avoir beaucoup plus que les 84 tirs qu’il affiche au compteur.

«On le lui dit de temps en temps. Mais je ne suis pas le bon gars pour lui parler de ça. Moi-même, je ne le fais pas tout le temps», a indiqué Jonathan Drouin, auteur de la superbe passe qui a mené au cinquième but de la saison du Finlandais.

«C’est normal qu’à 18 ans, il ne comprenne pas ça. J’en ai 23 et j’ai de la misère à le comprendre aussi, a ajouté Drouin. Le jeu parfait n’est pas nécessaire tout le temps. Parfois, c’est plus sûr de prendre le lancer et envoyer la rondelle au filet.»

Drouin avait 19 ans, soit un an de plus que Kotkaniemi, lorsqu’il a amorcé sa carrière avec le Lightning de Tampa Bay. Par conséquent, il sait exactement comment le jeune homme peut se sentir lorsqu’il s’empare du disque.

Intimidée par la présence de vétérans, une recrue est souvent tentée de faire la passer de trop.

«Tu veux alimenter tout le monde. Tu ne veux pas être le méchant qui ne fait pas de passe, a raconté le Québécois. La façon dont il joue, c’est correct, c’est très bien. Il devrait lancer plus. Il possède un bon lancer et dégaine rapidement.»

Dérangé et frustré

D’ailleurs, sur trois des cinq buts que Kotkaniemi a inscrits cette saison (tous à domicile), le gardien a à peine eu le temps de réagir. Ce fut également le cas sur plusieurs des poteaux qu’il a frappés lors des matchs du temps des Fêtes.

Avec un peu de chance, le choix de premier tour du Tricolore n’aurait pas eu à patienter près d’un mois (13 matchs) pour récolter son cinquième but de la campagne.

«Il y a eu trop de matchs entre le dernier but et celui-ci. Oui, ça me dérangeait», a-t-il soutenu.

«Je n’étais pas nerveux, mais frustré. Mon travail, c’est d’amener des résultats. C’est ce que je dois faire», a-t-il poursuivi.

Reste à voir si la présence de Tomas Tatar et de Paul Byron à ses côtés aura l’effet d’un électrochoc sur sa production, au niveau des buts, du moins. Car en termes de points, il occupe le quatrième rang chez les recrues de la Ligue nationale. Au sein du top 10, il n’y a qu’Andreas Johnsson qui, en moyenne, est moins utilisé que lui.