David Perron

Photo : David Perron Crédit : AFP

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David Perron critique les jeunes des Blues

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David Perron ne s’attendait certainement pas à une pareille hécatombe lorsqu’il est revenu dans le giron des Blues pour la troisième fois de sa carrière. De finaliste de la Coupe Stanley avec les Golden Knights de Vegas le printemps dernier, il est passé à l’avant-dernier rang de l’Association de l’Ouest.

À première vue, on pourrait mettre cette difficile saison sur le dos des blessures. Après tout, les Blues ont perdu de gros morceaux en cours de route. Carl Gunnarsson (30 matchs), Robby Fabbri (22), Robert Bortuzzo (18), Jaden Schwartz (13) et Alex Pietrangelo (11) ont tous raté au moins 10 matchs.

Et voilà qu’Alex Steen, qui s’était déjà absenté pour huit rencontres depuis le début de la campagne, vient d’être placé sur la liste des blessés en raison d’une blessure à l’épaule gauche.

«Ce n’est pas une excuse! Toutes les équipes ont des blessures. Je comprends que c’est différent lorsque c’est ton gardien qui se blesse. Mais quand il s’agit d’un joueur, ça veut dire que tout le monde a plus de glace. C’est une opportunité que les jeunes devraient saisir. C’est plate à dire, mais ce n’est pas toujours ça qui est arrivé cette année», a lancé Perron, lors d’une généreuse entrevue accordée au Journal de Montréal.

Incapables d’une remontée

Au moment de s’asseoir avec l’auteur de ces lignes, Perron avait été le seul marqueur de son équipe dans un revers de 3 à 1 aux mains des Stars de Dallas. Il en avait gros sur le cœur.

«Ils [les jeunes] sont capables de le faire, c’est juste qu’ils ne le font pas. Ce soir [mardi], c’en est un bel exemple, a-t-il souligné. Ce qui me frustre, c’est qu’après deux périodes, on n’a jamais réalisé de remontée encore cette saison.»

Perron n’est pas loin de la vérité. Vingt fois depuis le début de la campagne, les Blues ont amorcé le troisième tiers en déficit. Une seule fois ils l’ont emporté (1-17-2).

«On est à plat en troisième période. Il faut trouver le moyen d’allumer une étincelle. Souvent, c’est un jeune qui va amener de l’énergie en distribuant une mise en échec. Ils doivent arrêter de jouer sur le bout de la palette. Quand tu fais des erreurs, mais que tu es intense, ça fait une grosse différence à mes yeux», a martelé l’athlète de 30 ans, évitant de nommer l’un de ses coéquipiers.

L’exemple de Robby Fabbri

Puisque les jeunes ne livrent pas la marchandise, ne revient-il pas aux vétérans, aux plus vieux, de les entraîner dans le bon sillage? Y a-t-il un problème de leadership chez les Blues, dont le noyau (Steen, Pietrangelo, Schwartz, Vladimir Tarasenko, Jay Bouwmeester, Jake Allen) est sensiblement le même depuis 2012-2013 ?

«Le leadership, c’est une affaire pour les médias. Même si tu es un jeune, tu peux être un meneur par la façon dont tu te comportes sur la patinoire. Oui, les plus vieux, on a vécu différentes situations, on a plus d’expérience, mais en fin de compte ça ne change rien», a insisté Perron.

«Je regarde un jeune comme [Robby] Fabbri. C’est un peu plus difficile pour lui en raison des blessures qu’il a subies au cours des deux dernières saisons. D’ailleurs, il revient d’une blessure à l’épaule. Cependant, il y a trois ans [lorsque les Blues ont atteint la finale de l’Association de l’Ouest], il a été le meilleur joueur des Blues en séries éliminatoires. Pourtant, c’était une recrue. C’est ce que je veux dire», a-t-il poursuivi.

Malgré cette amertume, Perron assure avoir toujours confiance de voir les Blues se qualifier pour les séries.

Toutefois, il faudra que le vent tourne rapidement. Même s’ils ont trois ou quatre matchs en main sur la plupart des équipes qui les devancent, ils accusent déjà 12 points de retard sur la troisième position dans la section Centrale.

Leur seul espoir demeure les deux rangs d’équipes repêchées. Avec sept points de retard sur le Wild, ça commence déjà à se corser.