Islanders vs Canadiens

Crédit : Martin Chevalier / JdeM

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«À Montréal ou ailleurs, Hudon aura sa chance» - Éric Veilleux

Publié | Mis à jour

La situation actuelle de Charles Hudon est loin d’être rose.

L’attaquant québécois n’a disputé que 24 des 44 matchs des Canadiens de Montréal jusqu’ici, étant plus souvent qu’à son tour laissé de côté par l’entraîneur Claude Julien.

Après avoir récolté 30 points en 70 matchs lors de la saison 2017-2018, le numéro 54 se fait beaucoup plus discret sur le plan offensif cette saison. Sa maigre fiche de trois buts et une aide en témoigne assez bien.

Mais pourquoi une dégringolade aussi soudaine? Comment expliquer qu’en quelques mois seulement, l’habile attaquant ait autant régressé dans la hiérarchie du Tricolore?

La majorité des Québécois peuvent spéculer sur le cas Charles Hudon.

Mais seule une minorité peut vraiment savoir comment se sent le jeune homme de 24 ans dans cette situation et s’il a les ressources pour rebondir et se sortir d’affaire.

L’entraîneur Éric Veilleux fait partie de cette minorité.

L’actuel entraîneur-chef des Mooseheads de Halifax, dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), a entraîné Charles Hudon chez le Drakkar de Baie-Comeau lors de la dernière saison de ce dernier dans le circuit Courteau.

Éric Veilleux n’est pas un voyant. Mais il est convaincu d’une chose : même si s’établir dans la Ligue nationale de hockey est loin d’être évident, Charles Hudon a le potentiel pour y arriver. À Montréal, ou ailleurs...

«Un joueur très offensif»

Faisons d’abord un bref retour dans le temps. Lors de la saison 2013-2014, Hudon, défendant alors les couleurs des Saguenéens de Chicoutimi, est échangé au Drakkar de Baie-Comeau qui, cette année-là, aspire aux grands honneurs.

Dès son arrivée sur la Côte-Nord, Hudon, mentionne Éric Veilleux, a un impact immédiat sur l’effectif du Drakkar.

Crédit photo : SIMON CLARK / JOURNAL DE QUEBEC

«Il jouait à la pointe sur notre première unité d’avantage numérique. C’est un gars excessivement habile avec la rondelle qui lit aussi très bien le jeu. Un joueur très offensif. Il était prêt à tout pour aider l’équipe. J’ai adoré ''coacher '' Charles.»

Cette saison-là, Baie-Comeau s’était finalement incliné en grande finale de la Coupe du Président contre les Foreurs de Val-d’Or qui comptaient, eux, sur un certain Anthony Mantha...

Faire sa place dans la LNH, pas une chose facile

Devenir un élément régulier au sein d’une équipe de la LNH n’est pas une mince affaire.

Ceux qui réussissent à faire leur place sur l’un des deux premiers trios d’une formation sont rares.

Ces joueurs sont dotés d’un talent qui les distingue des autres.

Parfois, toutefois, le talent ne suffit pas.

«L’an dernier, quand j’étais entraîneur du Rampage de San Antonio, je dirigeais Samuel Blais. Je vais vous dire une chose : c’est tout un joueur de hockey. Il pourrait, selon moi, jouer facilement sur un deuxième trio dans la LNH. Et il est encore dans la Ligue américaine aujourd’hui. Ce n’est pas facile de graduer.»

Plusieurs facteurs peuvent donc expliquer la situation actuelle de Charles Hudon.

«Chaque entraîneur fait à sa manière. Claude Julien semble aimer avoir un 4ème trio qui bouscule un peu l’adversaire. Charles n’est pas le joueur le plus physique. Si Claude juge qu’il ne peut percer l’un des trois premiers trios, il se pourrait alors qu’il soit laissé de côté.»

Montreal Canadiens v Vegas Golden Knights
Crédit photo : AFP

«En même temps, lorsque tu joues sur l’un des deux trios principaux, tu es confronté aux meilleurs éléments adverses. Il faut aussi être capable de défendre adéquatement. Mais pour regarder quelques matchs lorsque le temps me le permet, je ne vois pas de lacunes de ce côté-là chez Hudon [...] Ce n’est toutefois pas à moi de décider de ces choses-là.»

Quel avenir pour Hudon?

Une chose est cependant certaine pour Éric Veilleux: Charles Hudon a le potentiel pour réussir.

«Je pense sincèrement qu’il aura sa chance. À Montréal ou ailleurs. Chaque entraîneur dirige pour gagner. Si un pilote croit qu’un joueur va le faire gagner, il va le faire jouer. S’il pense autrement, il a sûrement des raisons qui lui sont propres. Mais se pourrait-il qu’un autre entraîneur ne pense pas de la même manière? Oui!»

«Charles n’est pas un joueur qui se traîne les pieds. Je l’écoute parfois à la télévision et je trouve aussi qu’il a une bonne attitude envers sa situation. Il a le caractère pour rebondir. Il doit simplement rester patient.»

Maintenant, la question qu’on doit se poser est la suivante. Est-ce que cette patience paiera à Montréal, ou ailleurs?