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Un manque de désir des Canadiens

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Le joueur du Canadien Phillip Danault a une grande qualité, celle de toujours exprimer avec justesse ce qu’il ressent après un match. Il se tient loin des clichés et des réponses robotiques. Il a frappé sur le clou pour expliquer ce revers de 4 à 1 contre les Predators de Nashville, samedi, au Centre Bell.

«L’équipe qui gagne restera toujours celle qui veut le plus gagner, a dit Danault. Nous avons perdu trop de batailles, nous n’étions pas assez physiques et impliqués dans le jeu. Ils ont joué un bon match sur la route, ils ont bien exécuté la trappe. Ils ont saisi leurs chances, mais nous n’étions pas assez bons.»

Claude Julien a corroboré les dires de son joueur centre après la rencontre.

«L’équipe de l’autre côté a joué un très bon match, a mentionné l’entraîneur-chef. De notre côté, on n’a pas été là du début à la fin. On était deuxièmes sur la rondelle. Ils ont joué un bon match, des bons bâtons, les jeux de passes. Ils étaient plus affamés que nous.»

«On l’apprend chaque fois qu’on n’est pas prêts à jouer, a-t-il poursuivi. [...] Ils ont eu une défaite difficile hier (vendredi), il y avait de la hargne dans leur jeu, mais ils étaient précis et bons. On n’avait aucune réponse. Nous étions mous. On perdait nos batailles. Je ne vois aucun moment, sauf pour notre but, où nous avons eu un peu de vie. Et ils ont marqué tout de suite après.»

Pas de rivalité

En théorie, la simple visite de P.K. Subban à Montréal aurait pu susciter un brin d’émotion. Mais ce n’était pas le cas. Le CH était amorphe, du début jusqu’à la fin pour reprendre les mots de Julien.

Historiquement, il y a toujours eu du chamaillage entre Brendan Gallagher et Subban, deux anciens coéquipiers qui n’étaient visiblement pas les meilleurs amis au monde.

À l’inverse des trois rencontres précédentes, il n’y a pas eu de rififi entre Gallagher et Subban. C’était le calme plat. Oui, Gallagher a eu quelques altercations devant le filet de Juuse Saros, mais il n’a pas eu à se frotter le nez contre le numéro 76. Quand même un joueur comme Gallagher tombe au neutre, c’est le signe d’une soirée tranquille.

«Je m’attends à ce qu’il joue avec cœur, il le fait toujours, avait prédit Subban avant la rencontre. Il se donne toujours à 100 %. Ça devrait être la même chose ce soir [samedi].»

Non, ce n’était finalement pas le cas.

Si Gallagher est resté assez silencieux, Subban a contribué à la victoire des Predators avec deux passes. Il a agi comme acteur principal sur le premier but du match en décochant un bon tir de la pointe que Craig Smith a récupéré pour ouvrir la marque. Mattias Ekholm, un partenaire assez régulier de Subban à la ligne bleue, a également joué un fort match avec un but et une aide.

Pas aussi spécial

Dans le camp du Tricolore, Shea Weber n’a pas à rougir de sa prestation contre son ancienne équipe. Il a été l’unique marqueur des siens en déjouant Saros à mi-chemin en deuxième période. Après son but, le capitaine du CH a exprimé sa joie comme il le fait rarement. Il a toutefois refusé de dire que cette rencontre avait une symbolique spéciale pour lui.

«Pas autant qu’avant, a-t-il dit. J’imagine que ça restera toujours étrange un peu pour le reste de ma carrière, mais ce ne le sera jamais comme à la première saison de l’échange.»

Les Predators ont tué dans l’œuf une possible remontée des favoris locaux. Seulement 18 secondes après le but de Weber, Smith a marqué son deuxième de la soirée.

Sur ce jeu, Smith a bousculé un peu Price, le déportant loin de son poteau. Il a eu le temps de contourner le filet pour y glisser la rondelle avant que Price ne retrouve sa position. Julien a contesté ce but sans toutefois obtenir gain de cause.

- Le CH (22-15-5) renouera avec l’action dès lundi avec la visite du Wild du Minnesota au Centre Bell.